Les emprunts que le Trésor public contractera auprès de la banque centrale non encore fixés

Ouyahia
Ahmed Ouyahia. New Press

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a indiqué mercredi que le montant des emprunts que le Trésor public contractera auprès de la banque centrale dans le cadre du mécanisme de financement non conventionnel, dont la mise en œuvre est prévue après l’adoption de la loi relative au crédit et à la monnaie dans sa version modifiée, n’a pas encore été fixé et que le ministère des Finances ne dispose pas, à ce jour, d’un chiffre précis sur les besoins qui seront couverts avec les fonds empruntés.

Lors de la séance consacrée aux réponses du Premier ministre aux préoccupations des membres du Conseil de la nation, M. Ouyahia a précisé que les redevances des entreprises publiques dues à l’Etat n’ont pas encore été fixées, soulignant que le total de la valeur qui sera empruntée ne sera pas affecté au budget de fonctionnement, mais sera consacré à l’investissement et au remboursement d’une partie du déficit du budget de l’Etat et paiement des dettes des entreprises publiques, à l’instar de Sonelgaz (600 milliards DA), de Sonatrach et de la Banque nationale d’Algérie (BNA).

M. Ouyahia a indiqué qu’après l’adoption de la loi sur le crédit et la monnaie, le président de la République promulguera un décret présidentiel qui prévoit la création d’une instance qui sera indépendante du gouvernement et chargée du suivi de l’opération de financement et de la mise en place d’une feuille de route portant sur les réformes financières et structurelles à mettre œuvre. «C’est une réalité que nous devons accepter et à laquelle nous devons y faire face. De ce fait, nous optons pour la planche à billets», a-t-il ajouté.

Ce nouveau mécanisme accordera, d’après le Premier ministre, l’opportunité aux investisseurs pour relever leurs capacités à travers le Fonds national de l’investissement (FNI) qui accordera des crédits remboursables sur une échéance de 30 années, exonérés d’intérêts sur 5 ou 10 années.

Plusieurs secteurs bénéficient de nouvelles mesures au titre de la loi de finances pour 2018

Selon le Premier ministre, la loi de finances pour 2018 renfermera un nouvel impôt sur la fortune et dont le montant sera fixé par barèmes pour déterminer les concernés. Cet impôt sera introduit dans l’avant-projet de loi de finances pour 2018 «d’une manière plus directe» et «ne concernera pas 90% des Algériens», a précisé M. Ouyahia.

Concernant le secteur de l’habitat, le Premier ministre a révélé la prorogation des délais pour le dépôt des dossiers relatifs à la régularisation des constructions dans le cadre de la loi 08/15, d’une durée de 3 années supplémentaires.

Cette prorogation sera inscrite dans le cadre de l’avant-projet de loi de finances pour 2018, et de ce fait, les autorités locales auront à traiter les dossiers déposés dans les meilleurs délais, a rassuré M. Ouyahia. En outre, le Premier ministre a appelé les propriétaires de ces constructions qui n’ont pas encore déposé leurs dossiers, de le faire au plus vite. Le Premier ministre a également révélé qu’un montant de 400 milliards DA sera affecté au profit des entrepreneurs économiques algériens et étrangers, et ce, dans le cadre de la loi de finances pour 2018.

Le Premier ministre a affirmé que l’Etat prendra les mesures nécessaires pour le versement des pensions des retraités à travers des dispositions qui seront introduites dans le cadre de l’avant-projet de loi de finances pour 2018, parmi lesquelles, l’inscription de 500 milliards DA à verser à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnas) pour lui rembourser une partie des montants qu’elle a prêtés à la Caisse nationale de retraite (CNR).

L’avant-projet de loi de finances pour 2018 consolidera le développement de la commune avec un montant de 100 milliards DA au cours de la prochaine année, contre un montant de 35 milliards DA en 2017, tandis que la valeur globale qui sera allouée aux programmes de développement local sera de 400 milliards DA qui sera affectée spécialement aux régions montagneuses.

Le Fonds spécial Sud sera soutenu avec près de 60 milliards DA au moins, de même que le Fonds spécial Hauts-Plateaux avec 80 milliards DA. Pour ce qui est de l’habitat rural, le Premier ministre a indiqué que la Caisse nationale du logement (CNL) a accordé jusqu’à fin août dernier 92 000 aides financières et qui arriveront vers la fin de l’année en cours à 100 000 aides, 114 000 en 2018 et 120 000 en 2019. Concernant l’habitat rural, 100 000 logements sont livrés en 2017 dont 92 000 unités jusqu’à fin août 2017. Quant aux prochaines années, il est prévu la livraison de 114 000 logements ruraux en 2018 et de 120 000 autres en 2019.

Dans le secteur agricole, les revenus générés ont atteint, selon les données fournies par le Premier ministre, 2 000 milliards DA en 2015. Un chiffre qui est susceptible d’augmenter en 2017 pour atteindre 3 000 milliards DA, précisant que le secteur représente 12% du produit intérieur brut (PIB).

Il a appelé dans ce sens les opérateurs économiques à investir dans le domaine agricole en créant des fermes pilotes et des surfaces agricoles dans le Sud à travers l’exploitation des terrains dans le cadre du partenariat algéro-algérien ou algéro-étranger, mettant en avant la détermination du gouvernement à consolider et soutenir l’activité agricole, sans toutefois négliger les efforts tendant à organiser le marché. «Nous devons inciter les investisseurs à se lancer dans l’activité du marché et à exploiter les grandes surfaces agricoles. Nous devons convaincre les propriétaires d’exploiter leurs terres», a dit M. Ouyahia.

Le Premier ministre a expliqué que l’Algérie était dans l’obligation, durant les années précédentes, de geler des projets de l’ordre de 2 000 milliards de dinars dans tous les secteurs, y compris l’éducation, la santé et les ressources en eau.

«L’entrée en activité prochaine des projets de raffineries permettra de cesser les importations des carburants dans quelques années», révèle M. Ouyahia, qui a ajoute que 11,5 millions tonnes de carburants sont raffinés en Algérie. Mais la consommation, qui a explosé ces dernières années, a atteint 15 millions de tonnes de carburants annuellement.

«Pour combler ce déficit, l’Algérie importe actuellement un volume de 3,5 millions de tonnes de carburants/an, indique le Premier ministre, qui ajoute que cela cessera progressivement dans quelques années grâce à la raffinerie d’Alger qui sera livrée en décembre 2018, tandis que les travaux de réalisation de la raffinerie de Hassi Messaoud seront entamés en janvier 2018. En outre, l’appel d’offres pour la raffinerie de Tiaret sera lancé «très bientôt». Au vu de ces données et «une fois toutes ces réalisations finies, le pays deviendra exportateur de carburants», a soutenu le Premier ministre.

S’agissant des surfaces consacrées à la réalisation de zones industrielles (16 000 hectares) et qui ne sont pas encore exploitées, le Premier ministre a affirmé que «plusieurs de ces surfaces se trouvent sur des sites non attractifs, à l’instar de Debdeb, à Illizi». Et d’ajouter : «Nous accueillerons favorablement toute activité industrielle à Debdeb, mais nous ne savons pas qui relancera son projet.»

Renforcer la compétitivité entre les walis pour stimuler l’investissement

M. Ouyahia a imputé aux walis la responsabilité de mener à bien les activités dans les zones industrielles au niveau de leurs wilayas, précisant que «chaque wali sera responsable de la zone industrielle relevant du territoire de sa wilaya, et ce, dans le but de renforcer la compétitivité entre les walis». Quant à l’autoroute dans la partie est du pays, le Premier ministre a affirmé qu’«il a été décidé de sa relance durant les semaines à venir», indiquant à ce titre que «les travaux y dureront deux ans».

En outre, le chef du gouvernement a révélé que les réserves de l’Algérie en or ont atteint 6 milliards de dollars. Ce montant vient en plus des réserves de change qui sont de l’ordre de 102 milliards de dollars en septembre en cours. Selon M. Ouyahia, les réserves en or dont dispose le pays «sont le résultat de la sagesse» de l’ex-ministre des Finances, Kaïd Ahmed, qui, en tant que ministre des Finances (au milieu des années 1960), avait acquis ces quantités qui ont pris de la valeur avec le temps.

Le Premier ministre a démenti, par ailleurs, «l’imposition d’une taxe sur les Algériens désirant se rendre à l’étranger», ni durant cette année ni même l’an prochain, soulignant que le secteur du tourisme avait été renforcé, entre 2011 et 2017, par l’ouverture de 347 hôtels (32 000 lits) et par le lancement en chantier de 582 nouveaux hôtels avec 75 000 lits.

R. E.

Comment (2)

    anonyme
    30 septembre 2017 - 10 h 56 min

    Le peuple souhaite une austérité, et une fiscalité sévères égales, et justes, pour tous
    Et non une austérité, et une fiscalité à deux vitesses, à deux poids, et deux mesures, injustes, et révoltantes
    Réactiver, protéger et impulser la Cour des comptes et la Fiscalité laxistes(gisements dormants, laxistes, non couverts, fiscalités, créances, manques à gagner pour l’état, depuis…..1999)
    L’argent des élections, des donations nombreuses et importantes du « Zakat », des comités de soutien pendant les élections…
    Soutirer du C.N.R ?, soutirer des caisses d’assurances… où est la transparence ? Où et la justice ? (qui demande, ironiquement, des preuves, et des aveux des pauvres, et faibles citoyens algériens
    Sans défense et sans protection ?!, en faisant abstraction des riches, affairistes, corrompus, incompétents, illettrés) المال السايب يعلم السرقة لا حسيب و لا رقيب




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    MELLO
    29 septembre 2017 - 16 h 07 min

    Devant cet imbroglio du financement non- conventionnel, Ouyahia est loin de la vraie information. En effet,
    le directeur général du Trésor, Fayçal Tadinit, a indiqué jeudi à Alger que le Trésor avait besoin de près de 570 milliards DA pour couvrir son déficit jusqu’à fin 2017. Lors de la présentation de la situation financière du Trésor devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), il n’a pas manqué de mettre en avant à son tour l » »efficacité » d’un financement non conventionnel « utilisé à bon escient » pour le rétablissement des équilibres budgétaires. S’agissant des répercussions de ce mode de financement, le même responsable a précisé « si certains experts focalisent sur la mise en exergue des inconvénients de ce financement, d’autres disent que c’est un outil qui peut être efficace si on en fait bon usage. Nous nous trouvons dans une situation qui exige son utilisation, vu que l’emprunt étranger n’est pas autorisé », explique-t-il. Mais on se souvient tous de l’emprunt obligataire de l’État qui avait été lancé le 17 avril 2016, baptisé « Emprunt national pour la croissance économique » (ENCE), ce dispositif visait, selon Abderrahmane Benkhalfa, la « mobilisation des ressources disponibles et endormies dans les tiroirs » pour le financement des projets d’investissements et économiques de l’État. Qu’en est il de cette opération ????
    Que des opérations « festi ».




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