Ugo Picarelli : ensemble pour préserver notre patrimoine culturel commun

archéologique
Le site archéologique de Paestum, en Italie. D. R.

Par Mourad R. – Plus que quelques jours avant l’ouverture de la XXe session de la Bourse archéologique de la Méditerranée de Paestum. Nous rencontrons à Rome Ugo Picarelli, directeur de la Bourse et à l’origine de l’initiative, collé à son portable, coordonnant avec son équipe les derniers préparatifs de l’événement et validant les moindres détails. Programmée du 26 au 29 octobre 2017, 33 pays prendront part à cette Bourse – dont l’Algérie – et un panel d’activités riche et varié est prévu.

Le moins que l’on puisse dire est que le parcours d’Ugo Picarelli est assez original. Originaire de Salerne (où se trouve le site archéologique de Paestum), il obtient une licence en tourisme archéologique et réalise, en 1997, son idée de «voir ailleurs» et de créer une Bourse archéologique de la Méditerranée réunissant les opérateurs du secteur, devenue au fil des ans un rendez-vous incontournable et qui fêtera cette année sa vingtième édition. «20 ans déjà et c’est très important. Ce sont des centaines de chercheurs et d’artistes qu’on a vu défiler tout au long de ces vingt éditions. Tous ont ramené à la Bourse un brin de beauté, une note d’humour, des moments de réflexion et, toujours, des moments intenses. Tout au long de ces vingt ans, la Bourse a connu des moments de gloire et également de tristesse ; j’ai une pensée pour mon ami et frère Khaled Al Assad, ancien directeur du site archéologique de Palmyre, décapité par l’Etat islamique. De même, les supplices subis par Palmyre, Tombouctou et le Bardo de Tunis sont autant de blessures qui nous permettent aujourd’hui d’affirmer, avec force, que la culture est notre front de résistance face à ces attaques contre l’art, le patrimoine et la vie avec un grand V. Et si je devais penser aussi aux vingt ans à venir, je vous confirme qu’à la lumière des événements qui ont émaillé la Méditerranée ces dernières années, nous ressentons encore plus la nécessité de davantage de culture dans l’avenir, comme un fondement majeur de nos sociétés et de nos identités, de notre patrimoine commun et de notre histoire partagée qui restent à mes yeux le meilleur remède contre la culture de la haine qui se propage de plus en plus et nous assène des notions aussi aberrantes que l’incompatibilité de certaines civilisations avec le sens du progrès et de la modernité», a déclaré Ugo Picarelli. Et d’ajouter : «Cela étant, cette vingtième session nous offrira également l’occasion de réfléchir, avec la délégation algérienne, à une dynamique nouvelle nous permettant d’aller plus loin dans la coopération qui existe déjà entre nos institutions, en insistant sur un renforcement du travail commun de restauration des œuvres et des sites archéologiques et sur la création d’ateliers modernes pour former de jeunes Algériens au travail de restauration du patrimoine et permettre à des jeunes italiens de mettre en pratique leurs connaissances dans le cadre de missions mixtes en Algérie et en Italie. A cet effet, l’approche de mon ami Mounir Bouchenaki (conseiller spécial du directeur général de l’Unesco et ancien directeur général de l’ICCROM) sera, à maints égards, la base de notre action future, que nous inscrirons de manière résolue dans la continuité. Dans son ouvrage Les Patrimoines mutilés, il nous offre une grille de lecture sur le rôle du patrimoine dans la création de passerelles de dialogue et de connaissance entre les peuples de la région. Mounir Bouchenaki met en garde aussi sur les risques courus par des vestiges inestimables du fait du vol, de la voracité de la contrebande internationale et des guerres, et insiste sur l’importance de généraliser la notion de ‘crime contre le patrimoine universel’. Certes et partant du fait acquis, entre nos deux pays, le volet économique reste prépondérant et le prochain forum économique italo-algérien de Pescara (le 19 octobre 2017, ndlr) en est la meilleure preuve. Mais nous travaillerons avec nos partenaires algériens afin que la culture puisse à l’avenir s’affirmer comme étant un vecteur vital dans l’échange bilatéral, de sorte à offrir aux générations futures un terrain commun de rencontres et de coopération et de connaissance mutuelle.»

A noter que la délégation algérienne sera guidée par Toufik Hamoum, directeur du Centre national de recherche en archéologie, et ce, en présence de l’ambassadeur d’Algérie en Italie, Abdelhamid Senouci Breksi. L’Algérie disposera de stands de promotion de nos principales destinations touristiques et de nos plus illustres vestiges historiques.

M. R.

Comment (4)

    Viva l'Aldjérie
    29 septembre 2017 - 21 h 43 min

    L’Algérie détient les plus importants vestiges romains après l’Italie. Si le maroc en détenait seulement la moitié, avec ça il saoulerait le monde entier. Mais l’Algérie s’en fout de son patrimoine pas assez hallal, elle ne se rend même pas compte que son patrimoine, pas perdu pour tout le monde, est allègrement pillé par nos voisins de l’Ouest et de l’Est qui s’adjugent sans vergogne nos gloires numides et berbères sous prétexte de  » berbérité » commune. Googlez n’importe quelle personnage illustre du passé algérien et même de son présent présent, placez « maroc », juste à côté, et découvrez l’ampleur du vol de notre Histoire. Et on ne parle pas du reste.




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    Bison
    29 septembre 2017 - 14 h 55 min

    Un peuple sans patrimoine, sans racine, sans ancrage est livré au gré des vents! Mais, que ce que je raconte moi!? Non, monsieur!
    Nous, nous n’avons pas de patrimoine culturel en commun!! Le seul patrimoine que nous avons et que nous voulons préserver est notre patrimoine ottoman, si vous voulez nous aider ! On a des pierres taiillees deja pretes! Celles des villes romaines a depouiller! Oui, nous voulons preserver uniquement nos souvenir ottomans, Des palais de deys, de beys, et autres bâtisses et enclos, je veux dire harems ( pour la consommation de nos hôtes) et par où transitaient les cargaisons pour alimenter les harems du sultan en chaire fraiche!
    Si vous vous voulez parler du patrimoine pré islamique, ça c’est pas halal chez nous, on a tourné la page! Sous conseille de nos oulémas conseillés par leurs chouyoukh du moyen orient! De la période préislamique nous ne retenons que les pyramides d’Égypte et Petra ! Ça c’est halal, ça leur rapporte des sous a nos frerrots de la bas Autrement, nos mausolées indigènes sont haram nous dit-on ( ils sont pas musulmans avant l’heure, donc ne nous les rappelez pas, laissez les dépérir, sinon on sera obligé de refaire nos ablutions a chaque fois qu’on en croise un du regard, avec tout le mal qu’on s’est donné pendant 60 ans pour tout faire oublier, vous allez nous remettre tout a zéro!?




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      Viva l'Aldjérie
      29 septembre 2017 - 21 h 18 min

      On en a pas des masses des souvenirs ottomans, et l’intérêt de l’État algérien pour son passé non arabe quoi que musulman est tout récent, alors ne boudons pas notre plaisir. Cet intérêt soudain n’a sûrement rien à voir avec l’admiration de nos islamistes pour le régime islamiste turc actuel, et qui ont la bonté de bien vouloir s’abstenir de pousser des cris d’orfraie quand nos gouvernants s’avisent de rafistoler quelques vieilles pierres non halal .




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    Algérie Authentique
    28 septembre 2017 - 21 h 29 min

    Notre pays doit mettre en valeur ses sites antiques numides et numido-romains , il faut les protéger , les faire connaitre et poursuivre les fouilles partout sur le territoire national car de nombreux vestiges sont encore à découvrir ! il y a un travail à faire sur le plan de l’accueil du public et de la protection des vestiges de la dégradation de certains indélicats ! nous devons faire connaitre au monde notre riche passé méditerranéen , ce sera une révolution qui bouleversera de nombreux préjugés et mensonges distillés depuis une vingtaine d’années par des faussaires qui cherchent à enterrer notre pays ! nous avons besoin de l’aide d’archéologues italiens intègres mais aussi de l’énergie de tous les algériens jaloux de leur histoire et de leur riche patrimoine.




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