Elections en Catalogne : les indépendantistes plus forts qu’avant

Carles Puigdemont a salué la victoire du camp indépendantiste
Les trois formations indépendantistes disposent de la majorité absolue au Parlement régional. D. R.

Après une journée de scrutin pour les élections régionales anticipées en Catalogne et le dépouillement de la quasi-totalité des bulletins, les trois formations indépendantistes disposent de la majorité absolue au Parlement régional. Il aura fallu du temps pour dépouiller les 4,2 millions de bulletins. La participation a été record, plus de 80%, une mobilisation saluée par tous.

Avec 37 sièges, le parti Ciudadanos crée cependant la surprise, il est propulsé en tête de ces élections en nombre de votes. Le jeune parti devient la première force politique en Catalogne. 37 sièges contre 25 en 2015, c’est une vague orange qui s’avère cependant insuffisante pour arrêter le bloc indépendantiste. Ce dernier a remporté 70 sièges sur 135. La coalition menée par l’ancien président du gouvernement autonome, Carles Puidgemont, Ensemble pour la Catalogne, fait un score inattendu, avec 34 sièges. Il prend la tête du bloc, devant le parti ERC, de son ancien vice-président, Oriol Junqueras, actuellement en détention provisoire.

Le Parti populaire réalise, quant à lui, une piètre performance ainsi que la liste de Catalunya en Comu avec seulement huit sièges pour cette dernière. Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, à Madrid avait toutefois prévenu : «La suspension partielle de l’autonomie restera une réalité en Catalogne tant qu’un gouvernement n’aura pas été formé.» M. Rajoy, l’instigateur de ces élections, est obligé de constater son échec à affaiblir les indépendantistes, mais aussi à faire avancer les représentants locaux de son parti, le Parti populaire. La formation du candidat Xavier Albiol n’a obtenu que trois sièges et, pourtant, Mariano Rajoy a multiplié les voyages en Catalogne pendant la campagne pour le soutenir.

De Bruxelles, où il est en exil, le dirigeant séparatiste catalan, Carles Puigdemont, a salué la victoire du camp indépendantiste, la qualifiant de «résultat que personne ne peut discuter». Devant quelques partisans et de sympathisants nationalistes flamands réunis dans une salle du centre-ville de la capitale belge, le président du gouvernement catalan destitué s’est réjoui de la «claque» infligée au chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui, selon Puigdemont, a «perdu le plébiscite qu’il cherchait».

L’Union européenne, de son côté, a prévenu : sa position sur la Catalogne «ne changera pas». «Notre position sur la question de la Catalogne est bien connue et a été réitérée régulièrement, et à tous les niveaux. Elle ne changera pas. S’agissant d’une élection régionale, nous n’avons pas de commentaire à faire», a déclaré à l’Agence France Presse un porte-parole de la Commission européenne, Alexandre Winterstein.

Les institutions européennes se maintiennent ainsi sur la ligne bien rôdée, selon laquelle cette crise et ces élections constituent une affaire rigoureusement interne à l’Espagne et que l’UE n’a ni mandat ni compétence pour intervenir, constate notre correspondant à Bruxelles, Quentin Dickinson. Cela dit, les dirigeants de l’Union européenne, Jean-Claude Juncker en tête, ne cachent pas vraiment leur réserve, voire leur franche hostilité, vis-à-vis des tentations centrifuges en Espagne et ailleurs. De ce côté donc, rien ne devrait changer.

S. S.

Commentaires

    momo
    25 décembre 2017 - 9 h 25 min

    L’autoritarisme et le mépris ont toujours renforcé les extrémismes.
    J’espère que nos gouvernants tireront profit de cette expérience Catalane.




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