La communauté algérienne de France bénéficie de mesures concrètes tant attendues

Ces mesures vont encourager la diaspora algérienne à investir en Algérie
Ouyahia s'adressant à la communauté algérienne vivant en France. D. R.

La communauté algérienne établie en France devra désormais bénéficier d’avantages très concrets, au même titre que leurs compatriotes en Algérie, dans le domaine du logement, de l’emploi de jeunes et de l’investissement. Les membres de la communauté ont accueilli favorablement en cette fin de l’année de 2017 les mesures tant attendues depuis leur annonce faite à Paris par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, le 7 décembre dernier, devant quelques-uns de leurs représentants au siège de l’ambassade d’Algérie à Paris.

Les jeunes de la communauté algérienne en France qui souhaitent s’installer en Algérie pourront, en effet, bénéficier des dispositifs d’aide à la création de micro-entreprises. Ces dispositifs accompagnent les jeunes de 18 à 35 ans dans plusieurs activités, depuis l’agriculture ou la production de biens et de services, jusqu’à l’ouverture de cabinets de médecins ou de bureaux d’architectes.

Les Algériens de France qui souhaitent investir en Algérie pourront bénéficier de tous les régimes d’avantages ouverts aux investisseurs nationaux résidents. Une autre mesure importante, très revendiquée par cette communauté, concerne l’acquisition de logement en Algérie. Elle donnera, désormais, à ces membres la possibilité d’accéder aux différents dispositifs de promotion immobilière, y compris ceux qui relèvent des pouvoirs publics.

L’ouverture en 2018 de cinq agences en France de la Banque extérieure d’Algérie (BEA) a été aussi favorablement accueillie. Cette banque assurera ses services au profit des ressortissants algériens qui désirent en être clients et aux opérateurs économiques qui activent entre l’Algérie et la France.

Des mesures encourageant la diaspora algérienne à investir dans leur pays

Les opérateurs économiques membres de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie en France (Caci France), réunis vendredi dernier à Paris dans leur assemblée générale ordinaire (AGO), ont noté avec «satisfaction» les mesures en faveur des membres de la communauté prises par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et annoncées par le Premier ministre. Le président de la Caci, Mohamed Laïd Benamor, qui a exprimé sa satisfaction, les a qualifiées de «bénéfiques». Pour lui, elles «vont nécessairement encourager la diaspora algérienne à investir en Algérie», estimant que l’ouverture d’une banque algérienne en France sera «très utile» pour la communauté algérienne en matière de crédits et d’accompagnements.

Dans ce cadre, et à l’occasion d’une réunion qu’il a tenue à Paris avec l’ambassadeur d’Algérie en France, Abdelkader Mesdoua, et les 18 chefs de poste consulaire en France, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, avait souligné qu’il était «évident et important» que «nous soyons à l’écoute de notre communauté». Tout en considérant que ces actions en direction de la communauté «sont des mesures très concrètes», le ministre des Affaires étrangères a précisé qu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une politique menée par l’Etat afin d’être «à l’écoute de la communauté et faire en sorte de capter tout ce potentiel existant».

M. Messahel a affirmé que la nouvelle génération de la communauté algérienne en France, notamment les élites, «peuvent être très utiles au développement du pays dans le contexte actuel».

Le rapatriement de dépouilles mortelles des personnes nécessiteuses pris en charge

Par ailleurs, les membres de la communauté algérienne ont apprécié également le geste de l’Etat algérien pour le rapatriement des dépouilles mortelles des personnes nécessiteuses. Même si la mesure ne concerne que les personnes «nécessiteuses» ou qui se trouvent dans une situation de «précarité avérée», la prise en charge du rapatriement des dépouilles mortelles de leurs concitoyens est considérée par les ressortissants algériens de France comme un «premier pas très encourageant» franchi par les autorités algériennes.

Longtemps revendiquée par les membres de la communauté algérienne vivant à l’étranger, la loi de finances de 2015 (article 136) a inclus le transfert vers l’Algérie des ressortissants décédés à l’étranger dans le cadre du compte d’affectation spéciale Fonds de solidarité nationale, sans pour autant donner des précisions sur les modalités de la prise en charge ni promulguer un texte d’application.

Pour sa part, la loi de finances de 2016 a modifié l’article 136 de la LF 2015 pour spécifier que la prise en charge du rapatriement ne concerne que les personnes nécessiteuses parmi la communauté algérienne établie à l’étranger. Un compte d’affectation a été ouvert à cet effet intitulé «Fonds de solidarité pour la communauté algérienne», qui doit être alimenté, entre autres, par droit versé par tout ressortissant établi à l’étranger, de manière régulière, pour la délivrance d’une carte consulaire ou son renouvellement. Le montant de ce droit devait être déterminé par le ministère des Affaires étrangères.

Mais pour les personnes qui ne sont pas dans la catégorie des nécessiteux, elles peuvent souscrire à une assurance obsèques auprès de la Société algérienne des assurances (SAA) ou de la Société française d’assurance (SAP de Niort) pour un montant de 25 euros par an. Pour les familles nombreuses, le montant ne saurait dépasser 100 euros pour tous les membres.

R. N.

Comment (4)

    Anonyme
    27 décembre 2017 - 20 h 30 min

    Est ce que vous voulez perpétuer ce système ? la vérité n’est pas bonne a dire !

    HANNIBAL
    27 décembre 2017 - 19 h 16 min

    A commencer par retirer l’article ostentatoire le fameux article 51 faisant des citoyens de seconde zone ces dignes émigrés dont nos parents ont soutenus la révolution au prix fort de leur personnes par emprisonnement brimades et vexations que veut t’ont nous faire croire qu’on a le droit de déposer notre maigre pécule a la BEA nos économies c’est
    notre souveraineté et la caresse dans le sens du poil je viens d’en faire les frais au consulat le portier nous explique qu’il
    ya pénurie d’imprimés et qu’il faut en faire photocopie alors pour nos enfants avoir un Remake !!
    vu le prix dissuasif des billets d’air Algérie et il faut etre sportif c’est un parcours du combattant pour un jeune l’Ansej est un attrape nigaud et c’est l’hopital qui se fout de la charité il faut etre cohérent , Non merci !!
    Avoir a faire a une administration plus oisive que la notre ..!!!!!!

    MELLO
    27 décembre 2017 - 17 h 57 min

    Comme si les jeunes Algériens du pays ont eu tout ce qu’ils voulaient en matière d’aide à l’insertion. La rue reste ce véritable baromètre d’une jeunesse oisive qui ne cherche qu’à travailler. Le fils de mon voisin , ingénieur en informatique , n’arrive pas à décrocher un boulot malgré le placement d’une centaine de CV à Alger. La communauté Algérienne aura probablement , un meilleur appui de la part des pouvoirs publics, et leurs dossiers à l’ANSEJ , à la CNAC ou autre dispositif, passeront comme une lettre à la poste.
    Si ces mesures concernent la communauté Algérienne en France , pourquoi elles ne toucheraient pas tous les Algériens là où ils sont. De nombreux citoyens algériens, sont actuellement présents en Afrique du Sud, dont une partie en situation de grande précarité. Ils seraient plus de 5000 jeunes à y travailler dans des conditions plus que précaires, pour la subsistance quotidienne de leurs familles.
    Les émeutes, de la jeunesse, d’octobre 1988 ont mis à nu un système en rupture avec les aspirations de cette jeunesse. A partir de 1991, nous avons connu une crise profonde qui a culminé avec une sale guerre qui a coûté la vie à deux cent mille Algériens. La gestion brutale des manifestations , pourtant pacifiques, est venue réveiller volontairement des archaïsmes destructeurs : il s’agissait là d’une véritable entreprise de destruction politique et économique du pays. Plus de Cinquante ans après l’indépendance, le régime lance, dans un de ces bricolages fumeux dans lesquels il excelle, une démarche de réconciliation avec la France et les pieds-noirs. Pourquoi pas ? Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix. Mais le problème, c’est le tapage qui fait du retour de ces derniers non pas une démarche individuelle et naturelle mais un succès et une nouvelle « preuve d’ouverture » du régime.

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    Anonyme
    27 décembre 2017 - 16 h 23 min

    Et ceux du Canada et d’ailleurs ?? Ils ne sont pas dans le programme de Ouyahia.
    L’Euro est plus fort que le dollars canadien

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