Crise d’El-Guergarat : le Maroc met de l’huile sur le feu 

El-Guergarat
L'émissaire de l'ONU, Horst Koehler, en visite au camp de réfugiés sahraouis de Tindouf, en octobre dernier. D. R.

Selon le Front Polisario, le Maroc a opposé un refus catégorique à une demande de l’ONU d’envoyer une mission technique à El-Guergarat afin d’examiner les moyens de résoudre la crise dans cette zone tampon au sud du Sahara Occidental, rapporte l’agence de presse officielle APS.

La mission onusienne est prévue par le paragraphe 3 de la résolution 2351 de 2017 du Conseil de sécurité, prorogeant le mandat de la Minurso, qui reconnaît que la crise d’El-Guergarat «soulève des questions fondamentales liées au cessez-le-feu et aux accords connexes» et demande au secrétaire général de l’ONU «d’examiner les moyens de la résoudre», a expliqué à l’APS Ahmed Boukhari, le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU. Cette disposition de la résolution 2351 est le fruit de tractations de plusieurs jours au niveau du Conseil de sécurité qui, par consensus, a décidé d’examiner les causes et les répercussions de la violation du cessez-le-feu par le Maroc.

De toutes ces discussions il s’est dégagé un constat important : la situation à El-Guergarat impose de trouver une solution qui aille au-delà d’un simple enregistrement des violations de l’accord de cessez-le-feu pour s’attaquer aux causes réelles à l’origine de la crise.

M. Boukhari a expliqué qu’un accord s’est dégagé ensuite sur l’envoi d’une mission technique sur le terrain. Et d’ajouter qu’un mois après l’adoption de la résolution, la partie sahraouie a engagé des contacts étendus avec le secrétariat général de l’ONU ainsi qu’avec le département des opérations de la paix et celui des affaires politiques pour mettre en œuvre cette disposition. Mais Rabat a opposé, en septembre dernier, un non catégorique à la demande du secrétariat général, un refus qui constitue une preuve supplémentaire de la volonté du Maroc de pousser au pourrissement de la situation.

Afin d’éviter l’escalade des tensions dans la région, le président sahraoui, Brahim Ghali, a écrit le 9 décembre dernier au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour l’informer de la situation à El-Guergarat, a enchaîné M. Boukhari. Ce samedi, le président sahraoui a reçu une lettre dans laquelle le chef de l’ONU «reconnaît l’importance de résoudre le problème d’El-Guergarat dans le cadre du paragraphe trois de la résolution du Conseil de sécurité», a-t-il ajouté.

Dans sa réponse à Brahim Ghali, M. Guterres a également souligné que la proposition d’envoyer cette mission à la zone tampon a été accueillie favorablement par la partie sahraouie qui a manifesté sa volonté de coopérer avec l’ONU pour sa mise en œuvre, une reconnaissance qui désigne implicitement le Maroc comme partie entravant le travail de l’ONU. M. Boukhari a déclaré que le Front Polisario «appréciait la lettre du secrétaire général ainsi que sa volonté d’appliquer cette disposition prévue par ladite résolution». Pour autant, il a estimé que l’ONU «devait affronter ce problème avec courage et transparence» car elle ne peut se résoudre plus longtemps à «la politique de l’autruche».

La tension est montée d’un cran ces derniers jours suite aux informations faisant état du maintien de l’étape du rallye Africa Eco Race traversant El-Guergarat. Il y a trois jours, le Front Polisario a envoyé deux voitures de police désarmées sur la zone avec instruction d’informer la Minurso de prendre les mesures nécessaires pour éviter toute escalade de tensions durant ce rallye. Le maintien de cette étape du rallye s’apparente à une provocation, d’autant que cette région est considérée comme une zone militaire où les activités civiles sont interdites. La partie sahraouie a mis en garde les organisateurs du rallye qu’elle allait bloquer le passage de leur caravane si des véhicules font de la provocation avec le drapeau marocain, a affirmé M. Boukhari.

En parallèle, le Front Polisario s’active pour trouver une solution à la crise. Une rencontre est prévue avant fin janvier entre le président Ghali et l’émissaire de l’ONU, Horst Kohler, pour discuter notamment du trafic commercial et de la lutte contre la drogue dans cette zone, devenue une voie de passage pour le cannabis marocain. La date de la rencontre – qui sera sûrement tenue dans une capitale européenne – n’a pas encore été arrêtée, a-t-il indiqué. Le diplomate sahraoui a souligné que l’application de la résolution du Conseil de sécurité «sera d’un grand apport à l’émissaire de l’ONU». Celui-ci sera appelé à surmonter deux obstacles majeurs, «l’intransigeance du Maroc et l’attitude colonialiste de la France» au Conseil de sécurité.

Samedi, le secrétaire général de l’ONU s’est dit «profondément préoccupé» par le regain des tensions dans la zone tampon, appelant le Maroc et le Front Polisario à la retenue.

R. I.

Comment (8)

    Anonyme
    8 janvier 2018 - 1 h 21 min

    @Anonyme. Je suis sur et certain que l’armée de la RASD est capable d’écraser la soldatesque du Roitelet M6 pour la simple raison que cette soldatesque à été incapable de défendre un petit Îlot (îles de Persil) comme elle n’a pas été en mesure de libérer les 12 soldats fait prisonniers par l’armée Mauritanienne à Lagouira tout en détruisant le slogan chimerique qui dit : le Maroc de Tanger à Lagouira.




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    Chaoui
    7 janvier 2018 - 20 h 52 min

    Le Polisario et avec lui le Peuple Sahraoui frère VAINCRONT ! Ce n’est qu’une histoire de…temps…




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    Anonyme
    7 janvier 2018 - 15 h 14 min

    Que le polisario prennent enfin ses responsabilités et entre dans la zone tampon avec ses véhicules blindés flambants neufs offerts par notre pays. Qu’il ose enfin défendre ses territoires contre les colonisateurs marocains au lieu de jouer sans arrêt les pleureuses et au chat et à la souris avec l’armée marocaine. Du courage monsieur M Ghali! Du courage! Libérez vos territoires…si bien sûr vous vous en sentez capable.




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    Ahmed ADDOU
    7 janvier 2018 - 14 h 37 min

    Tôt ou tard le peuple du Sahara Occidental accédera à son indépendance du moment que l’histoire nous a enseigné qu’on n’y peut rien contre la volonté des peuples.
    À ce moment le fils du Glaoui H2 ne perdra pas seulement le Sahara Occidental mais aussi le Maroc puisque le peuple marocain Amazigh frère aura découvert le subterfuge qui est à l’origine de sa misère devenue endémique.




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    Mohamedz
    7 janvier 2018 - 14 h 30 min

    Encore une fois je le dis et redis que l’indépendance du Sahara Occidental est au bout du fusil de son peuple et que tous le reste n’est que du bla bla bla et une perte de temps que le Roitelet M6 est en train de mettre à profit pour changer la démographie de la population autochtone du Sahara Occidental grâce à ses multiples opérations de transhumance de colons marocains issus des Régions pauvres du Maroc vers les principales villes du Sahara Occidental sous colonisation.




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    Felfel Har
    7 janvier 2018 - 14 h 25 min

    Le roi du Maroc ne peut pas se comparer au grand Napoléon qui a tenté d’occuper des territoires autrement plus vastes que la France avec plus ou moins de succès. Il a pourtant été contraint de battre en retraite quand il s’en est pris à la Russie où les conditions climatiques ont eu raison de ses troupes, ce qui a fait dire à Charles Maurice, prince de Talleyrand-Périgord  » Voilà le commencement de la fin. » Aura-t-il la sagesse de réaliser qu’il n’a pas les moyens de ses ambitions en Afrique, que son aventure est arrivée à son terme? Vouloir aller de l’avant signifiera sa perte. Qu’il médite ce conseil de Sacha Guitry:  » La raison et la logique ne peuvent rien contre l’entètement et la sottise. » Ce qu’il prend pour de la fermeté va le pousser à jouer à la roulette russe.




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    BabElOuedAchouhadas
    7 janvier 2018 - 13 h 43 min

    Comme je l’ai deja dit sur un autre article paru sur ce Site, le Regime du Makhnez essaye de trouver n’importe quel pretexte pour ne pas revenir a la table des negociations et sans aucune condition comme le prevoit la Resolution 2351 d’avril 2017 du Conseil de Securite de l’ONU.
    Il se trouve que la RASD a parfaitement compris ce subterfuge d’ou la derniere lettre de reclamation a l’intention de SG de l’ONU suivi du redeploiement par le Polisario de son armee sur le poste frontiere de Guerguerat..




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    HANNIBAL
    7 janvier 2018 - 13 h 38 min

    C’est les frontières hermétiques qui donne cette frénésie , le Cannabis de Shlomo VI ne passe pas et les Saharaouis
    le lui font comprendre , Guerguerat est l’épine dorsale de ce trafic , et la seule route qui reste pour l’Afrique
    Un épisode qui va se terminer pire que l’ilot du Persil si ça continu , j’en ais encore honte a leur place , ce roitelet n’est plus a une Humiliation prés , le makhnaz se tire 2 balles dans le (…) en enfreignant les résolutions de l’ONU
    ( le proverbe drabni ou r’ah chki ) ces gesticulations montre que la politique du Tagine a échoué et que Mr Guterres
    est l’ami du Droit pas de l’usurpation et de l’expansionisme au détriment du peuple du Sahara Occidental qui s’y
    oppose comme d’ailleurs tout les rapport de CJUE qui ne reconnait pas ce territoire comme faisant partit du mar’ok
    qu’il ne voit pas qu’il est arrivé au fond et continu de creuser !! vive la RASD 194 èm etat a l’ONU en 2018 !!!




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