L’émir Tamim s’inspire-t-il du Mossad pour assassiner ses opposants ?

Tamim Ben Hamad Al-Thani. D. R.

Par Sadek Sahraoui – Les experts confirment que l’assassinat par «empoisonnement» est l’une des techniques les plus utilisées par l’émir du Qatar pour se débarrasser de ses opposants politiques, expliquant que Tamim Ben Hamad Al-Thani cherche à faire assassiner cheikh Abdullah Ben Ali Al-Thani qui a souvent critiqué ouvertement le soutien apporté par Doha au terrorisme. Citant des informations provenant de l’intérieur de la famille Al-Khalifa du Qatar, le journal saoudien Riyad évoque même l’existence d’un plan pour éliminer Cheikh Abdullah Ben Ali Al-Thani par empoisonnement.

La même source rappelle que l’histoire de cette pétromonarchie est marquée par les coups d’Etat et les assassinats par empoisonnement, spécialité du Mossad. Le média saoudien évoque particulièrement les cas des cheikhs Suhaim Ben Hamad et Saoud Ben Mohammed Al-Thani qui ont été éliminés pour le simple fait d’avoir eu plus de charisme que l’émir alors en place et signale que Doha fait souvent appel à Israël pour former ses services spéciaux. C’est la raison pour laquelle, dit-on, que l’empoisonnent est devenu aussi la marque de fabrique du Qatar. Selon Al-Arabiya, Tamim Ben Hamad Al-Thani veut la tête de Cheikh Abdullah Ben Ali Al-Thani, car il le soupçonne de comploter avec Riyad dans le but de lui faire un coup d’Etat. Même le cousin de l’émir du Qatar, cheikh Fahad Ben Abdullah Al-Thani, a confirmé sur son compte Twitter l’intention de cheikh Tamim d’empoisonner son «rival».

Cheikh Abdullah Ben Ali Al-Thani n’est pas la seule haute personnalité à être dans le viseur de Tamim Ben Hamad Al-Thani. Certaines sources rapportent à ce propos que de nombreux Al-Thani étaient déjà emprisonnés avant que l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ces arrestations se sont, dit-on, multipliées depuis le 5 juin 2017. Parmi les hauts dignitaires arrêtés, il y aurait les cheikhs Talal Ben Abdulaziz Ben Al-Mad Ben Ali Al-Thani, Abdullah Ben Kalifa Ben Jassim Ben Ali Al-Thani, Ali Ben Fahad Ben Jassim Ben Ali Al-Thani et Nasser Ben Abdallah Ben Khalid Ben Ali Al-Thani.

Ces internements, qui ne frappent bizarrement que la branche Ben Ali, écartée du pouvoir depuis des décennies par le grand-père de l’actuel émir, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, sont sans doute à mettre en relation justement avec le déplacement du cheikh Abdallah Ben Ali Al-Thani en août dernier en Arabie Saoudite afin de remercier chaleureusement Riyad d’avoir permis aux Qataris d’effectuer sans entrave le pèlerinage annuel à La Mecque. Le quotidien L’Orient-Le Jour révélait alors qu’il avait été reçu avec faste par le prince héritier et par le roi Salmane, ajoutant que ce Ben Ali Al-Thani était «présenté par certains comme un potentiel rival de l’actuel émir». Pour beaucoup, c’est ce qui lui a valu autant de problèmes.

S. S.

Comment (6)

    L'inspecteur
    22 janvier 2018 - 21 h 12 min

    Il parait que le Cheikh Sultane Al Qassimi gouverneur de Sharjah qui avait déclaré que De Gaulle avait offert l’indépendance à l’Algérie pour faire plaisir à Gamal Abdennasser avait assassiné son père à Londres c’est comme ça qu’il est devenu gouverneur.

    Errai
    22 janvier 2018 - 19 h 22 min

    Quand on veut tuer son chien on l’accuse de rage. Qui est le chien? Qui est le propriétaire? A chacun son opinion.

    Anonyme
    21 janvier 2018 - 18 h 12 min

    Leur ex ministre des affaires etrangeres a dit il y a 8 ans que le Qatar a un accord strategique avec les USA.
    ce qui veut beaucoup dire…..avec ses ramifications.

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    Felfel Har
    21 janvier 2018 - 16 h 29 min

    Les Américains ont coutume de dire de leur progéniture « Monkey see, monkey do », autrement dit que leurs enfants ont tendance à singer ce que les autres font. Qu’attendre de Tamin maintenant qu’il a été formaté par le Mossad et le Sinbeth, deux fabriques de coups fourrés qui s’appuient sur la complicité des services secrets de leurs mentors occidentaux et de l’indulgence de leur chef d’État? Ce qu’il ignore, c’est qu’à ce jeu dangereux, il court le risque de passer de bourreau à victime en deux temps, trois mouvements. Gare au retour de boomerang au moment le plus inattendu!

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    Riri
    21 janvier 2018 - 12 h 32 min

    Ce qui est extraordinaire et merveilleux dans cette affaire, est que ces deux pays qui s »étaient alliés pour faire tomber nombre de républiques arabes dont l’Algérie se déchirent en s’accusant mutuellement de travailler avec Israël. Tout se paye en ce monde surtout la trahison. J’espère que là où ils sont Saddam Hussein et Kadhafi savourent le spectacle.

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      epsilone
      21 janvier 2018 - 14 h 52 min

      ma mère Allah yarhamha disait: » اللي يتلموا على الشر يتفرقوا عليه » ceux rassemblaient par le mal, finiront par se séparer pour lui.

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