Pari risqué

DAPS
Stand à la Foire de la production nationale. New Press

Par Sadek Sahraoui – Les autorités ont finalement décidé de changer leur stratégie destinée à protéger la production nationale, réduire les importations et éviter le siphonnage de nos réserves de change. Au lieu de continuer à imposer des licences d’importations ou d’interdire complètement l’importation de certains produits, elles viennent d’opter en effet en faveur de la mise en place d’un Dispositif additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS).

Ce «vieux-nouveau» dispositif consiste tout simplement à taxer des marchandises plus que d’autres. Il est prévu donc que les taxes additionnelles oscillent entre 30 et 200% de la valeur du produit. La taxation se fera par ailleurs proportionnellement à la capacité de la production nationale à assurer la disponibilité du produit. En fait, le gouvernement ne fait rien d’autre que de mettre en place des barrières tarifaires.

Présenté de la sorte, ce procédé à l’air séduisant. Espérons seulement qu’il donnera cette fois des résultats probants car par le passé il s’était révélé inefficace au bout de quelques mois seulement. Beaucoup de spécialistes du domaine en doutent mais gardons-nous tout de même d’émettre des jugements hâtifs. Après tout, les ministères du Commence et des Finances disposent aujourd’hui d’infiniment plus de moyens que durant les années 1990-2000 pour assurer un suivi correct de leurs politiques. Et puis il sera possible de rectifier le tir à n’importe quel moment.

En plus l’avantage avec ce DAPS c’est que le gouvernement n’aura plus à subir les pressions des institutions de Bretton Woods qui accusent régulièrement l’Algérie de faire dans le protectionnisme et de continuer à trop penser «socialiste». Il est fort possible même que la mise en place de ce dispositif a pour finalité ultime de permettre à l’Algérie de sortir des radars du FMI. En essayant de ménager le Fonds monétaire international, le pays prend quand même un risque. C’est celui de voir ses réserves de changes fondre encore plus vite puisque le DAPS n’empêchera pas les produits d’entrer en Algérie. Il se peut en effet que les importateurs continuent à abuser allègrement du système pour faire sortir de la devise.

S. S.

 

Comment (5)

    LARBI
    31 janvier 2019 - 7 h 33 min

    Comment puisse faire confiance à un pays le plus corrumpus ou monde,le plus traîtres aussi,il suffit d’enquêter sûr les produits fabriqués localement ainsi les produits agricoles, tout est dopé trafiqué, même les médicaments et pourtant ils se revendiquent croyant Musulman intègre et patriotes, mais dans la réalité ils dépassent les plus grands criminels de ce monde,la vérité elle blesse les coupables

    Yacine
    31 janvier 2019 - 7 h 14 min

    Le maillot faible de notre économie sont Le services des douanes.
    Nous avons besoin d’une douane patriote, puissant et honnête
    Commencer à former cette douane…

    Felfel Har
    30 janvier 2019 - 16 h 15 min

    Les pays qui ont réussi à faire décoller leur économie ont d’abord mobilisé leur épargne nationale en vue d’investir massivement dans les secteurs primaires (ie les activités liées à l’exploitation des ressources naturelles: agriculture, forêts, pêche et mines) et secondaies (ie les activités liées à la transformation des matières premières locales). La Chine de Mao a entamé son ascension en suivant les injonctions de son Grand Timonier « Il faut marcher sur ses deux jambes. » et en insistant (aprés les économistes Ricardo et K. Marx) sur cette réalité que c’est le travail productif qui crée la prospérité et enrichit les hommes et les nations.
    Le secteur tertiaire a nécessairement suivi en développant les activités liées aux commerce, transports, assurances et finances.
    Un gouvernement, fort de ses enseignements et soucieux de la nécessité de développer le pays, n’hésiterait pas à appliquer le B-A BA de la macro-économie au lieu de se contenter de gérer et partager la rente entre copains et privilégiés. Une des missions sacrées de tout gouvernement est d’impulser le développement socio-économique du pays en multipliant les investissements productifs, en associant tout opérateur privé, et en remettant la classe ouvrière au travail.
    C’est le moment ou jamais, nous avons déjà perdu assez de temps et commis de nombreuses erreurs.

    Nasser
    30 janvier 2019 - 14 h 23 min

    Si seulement le gouvernement algérien pouvait décider de quoique ce soit. L’économie est mondialisée, il faut se réveiller. Les espagnols ont dit Clairement aux algériens: les fours qui cuisent la faïence espagnole fonctionnement au gaz algérien. Ce qui veut dire que si vous n’achetez pas notre faïence, on n’achètera pas votre gaz. J’imagine d’avance la foire qui va se jouer aux douanes avec les différents taux. Des marchandises vont être déclarées pour bénéficier des taux réduits alors qu’elles devraient être taxées au taux supérieur etc….Au final on reviendra au point de départ. Entre-temps on aura perdu notre matelas de devises et notre temps. Au secours !!!!!

    lhadi
    30 janvier 2019 - 12 h 41 min

    Le mal est beaucoup plus profond, alors pour parer au plus pressé, l’obésité du médiocre inocule des remèdes aussi inutile qu’un pansement sur une jambe de bois.

    Le développement implique un ensemble de mutations des structures, économiques, sociales, politiques, idéologiques, etc. Ainsi, pourrait-on dire, tout est rentré dans l’ordre, avec notamment un Etat fort, une république solide, une Algérie apaisée, moderne qui permettra de jouer un rôle actif dans ce monde de globalisation politiquement et économiquement injuste.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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