Italie : dissensions au sein du gouvernement au sujet de la Chine et du gaz

Chine Jinping
Xi Jinping reçu par le président italien, Sergio Mattarella. D. R.

De Rome, Mourad Rouighi – La visite du président chinois, Xi Jinping, en Italie a soulevé vagues et remous et révélé au grand jour le fossé séparant les deux colonnes du gouvernement de Giuseppe Conte, le Mouvement des 5 étoiles et la Ligue du Nord quant à la politique à adopter vis-à-vis d’une puissance montante comme la Chine et son projet baptisé la «Route de la soie», qui attire tant de convoitises et détermine nombre d’interrogations.

L’Italie, première étape du périple européen du n 1 chinois, n’a donc pas fait pas exception et s’est montrée divisée sur le sens à donner à cette visite d’Etat, pourtant préparée avec soin, pour convaincre le dragon chinois à investir massivement dans la péninsule.

Pour preuve, l’actuel ministre de l’Economie, Giovanni Tria, en fin sinologue, avait effectué de nombreuses missions dans la perspective de cette visite et accordait beaucoup de crédit à la volonté des tycoons chinois d’investir en Italie et l’intention de Pékin d’acquérir des bons du Trésor public italien.

Mais les mises en garde du président américain, Donald Trump, et le bémol du Vice-Premier ministre, Matteo Salvini, champion du camp occidental, ont fini par revoir à la baisse les prévisions tonitruantes des dernières semaines.

Autre chapitre des dissensions au sein du gouvernement de Giuseppe Conte est celui hautement stratégique du choix en matière de politique d’approvisionnement en gaz naturel et des orientations sectorielles à moyen et long terme.

Le Mouvement des 5 étoiles de Luigi di Maio campe sur une vision que l’on pourrait définir «fidèle» et calquée sur les choix du fondateur de l’Eni et ami de l’Algérie, Enrico Mattei, qui se traduit par une dynamique centrée depuis des décennies sur quelques partenaires stratégiques (Russie, Algérie, Iran et Libye) et ouverture sur le marché mondial.

En revanche, la Ligue du Nord, euphorique depuis ses récents succès électoraux, pousse pour un canal préférentiel avec le gazoduc en construction Eastmed (Chypre, Grèce… et Israël) fortement voulu par Donald Trump et soutenu par certains pays de l’U.E, connus pour leur tropisme antirusse.

Une position qui, selon Il Sole 24 Ore, organe officiel du patronat italien, finit par gêner l’action de l’Eni en Méditerranée, qui, forte de son alliance historique avec Sonatrach et l’opérateur libyen Noc, avait récemment marqué d’ultérieurs points en participant à la découverte du champ gazier égyptien Zhor. Ajoutez à cela que le projet Eastmed est sur plan strictement commercial très peu rentable, voire illogique et vous aurez un cadre qui, de toute évidence, dépasse toute considération d’ordre économique et technique.

Cela dit, une chose est sûre, ces divergences trop profondes sur des thèmes aussi sensibles que la relation avec la Chine et la politique gazière de l’Italie ne peuvent que constituer des écueils épineux pour Giuseppe Conte, désigné au poste de président du Conseil pour agir en tant que synthèse et compromis entre les programmes du Mouvement des 5 étoiles et de la Ligue du Nord et qui est appelé aujourd’hui à faire preuve de flexibilité pour préserver l’ossature de la coalition qui soutient son gouvernement depuis un an.

Et premier test probant, les prochaines élections européennes et le rapport de force qui en découlera entre ces deux partis qui impactera directement sur la tenue du cabinet italien.

M. R.

Comment (2)

    Elephant Man
    27 mars 2019 - 18 h 15 min

    L’extrême droite européenne est SIONISTE.
    Matteo Salvini se déclare un ami et un frère d’IsRatHell.
    La Russie la Chine l’Iran ne sont pas en odeur de sainteté en Europe.

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      Anonyme
      28 mars 2019 - 13 h 10 min

      Disons que la Chine cherche à étendre son marché à l’europe en prenant le contrôle des ports européens, je pense qu’elle réussira aussi avec l’Algérie qui voit en la Chine un libérateur, la Chine voit en l’Algérie le bazar pour exporter toutes ses m….
      C’est évidemment à sens unique, la Chine ne voudra pas des produits algériens.

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