Addi : réformateur ou islamiste ?

L. Addi
Lahouari Addi. D. R.

Par Youcef Benzatat – Lahouari Addi pense que la modernisation de la société doit passer inéluctablement par la réforme de la théologie musulmane. Il soutient que, pour ce faire, il faut ouvrir les portes du pouvoir aux islamistes qui seront contraints de se charger eux-mêmes de cette réforme, pour faire face à la dette qu’ils auraient contractée vis-à-vis de la démocratie qui les aurait portés au pouvoir et, par conséquent, cette réforme devrait déboucher inéluctablement sur la modernisation de la société. Autrement dit : aliéner l’Etat dans le religieux en espérant que la réforme de la théologie finira par le libérer de son emprise et moderniser la société à long terme. Un peu comme les militaires au tournant de l’indépendance, qui avaient promis de moderniser à leur tour la société en lui imposant de se soumettre à la dictature pendant une période de sacrifice nécessaire qu’ils avaient baptisée «redressement révolutionnaire». Aujourd’hui encore, Gaïd-Salah et l’état-major de l’armée sont toujours pendus à cette idée.

Les uns qualifiant la société d’immature et donc incapable de se moderniser par elle-même sans le concours des militaires, les autres partant du postulat que la société est musulmane, comme si l’on vivait encore dans le moyen-âge et qu’une prise du pouvoir par les islamistes était tout à fait naturelle. Balayant d’un revers de la main la possibilité aux individus qui composent la société d’être agnostiques, laïcs, athées ou tout simplement pratiquant d’autres religions.

Comme les militaires qui ont fini par faire régresser la société sordidement dans le patriarcat et ses conséquences totalitaires sur les structures mentales, les islamistes n’auront d’autres influences sur la société au bout de leur réformisme qu’une légitimation de la régression de la société dans l’imaginaire mythologique religieux.

Que le réformisme théologique soit nécessaire à l’émancipation des religieux dans la société est un fait, mais dire que cela devrait déboucher sur leur modernisation n’est rien d’autre qu’un oxymore. Car la modernité en tant que référant à la modernisation est antinomique au religieux.

Lahouari Addi se situe dans cette même logique en invoquant l’impératif réformiste musulman pour moderniser la société depuis l’Etat. Comme si la société n’était supposée être à priori en totalité autrement que religieuse.

Le réformisme auquel Lahouari Addi appelle de ses vœux n’émane pas d’une volonté de désaliéner l’Etat du religieux et de démocratiser l’usage de l’espace public en le désacralisant. Parce qu’en invoquant les versets mecquois, «universalistes», par opposition aux versets médinois, «conjoncturels et historicistes», pour assoir sa pensée réformiste, il accorde au mythe la vertu d’une stratégie discursive universaliste. Son réformisme consiste en substance à opérer uniquement une sélection dans le discours mythologique religieux, ce qui ne lui permet pas de s’émanciper de la pensée mythologique religieuse dans l’absolu. Mohamed Arkoun, plus subtil encore, avait lui aussi fondé une méthodologie réformiste basée, cette fois, sur la démythologisation de la pensée islamique, mais qui ne lui a pas pourtant permis de sortir du religieux, car il défendait en même temps l’idée d’une raison islamique par opposition à la raison universelle.

Tout compte fait, le réformisme doit rester une affaire de théologiens au profit des religieux, relevant exclusivement du domaine du privé, et la modernisation de la société doit rester une affaire politique du ressort d’un Etat souverain, désaliéné du religieux, du militaire et de toute considération d’identité ethnique.

Associer le réformisme musulman à la modernisation de la société doit tenir compte de toutes ses composantes confessionnelles et non confessionnelles pour pouvoir revêtir honnêtement un caractère démocratique. Ce qui implique le recours à toutes les connaissances de notre époque, exhaustivement et pragmatiquement et particulièrement les résultats de la recherche archéologique des religions.

Y. B.

 

Comment (27)

    Anonyme
    23 octobre 2019 - 11 h 11 min

    Oh la la ! Voilà que la théorie fumeuse de  » la régression féconde revient » frapper de nouveau à nos portes. On la croyait enterrée définitivement depuis qu’on a constaté, hélas à nos dépens, qu’elle ne menait qu’au cimetière ! L’histoire humaine a prouvé le contraire de votre théorie M. Addi, voyons !

    Tu te trompes ya kho @Zoro !
    22 octobre 2019 - 17 h 20 min

    @ZORO , dans une de tes réponse à un internaute qui a cité Bourguiba et Kemal Atatürk comme homme visionnaire, tu dis que ce ne sont pas de grands hommes car leur peuple les a réjeté. Va revoir , ya kho, tes leçons d’histoires car ce ne sont pas les peuples, mais les islamiques qui ont remis en question et détruit tous les projets de ces deux grands hommes que sont Bourguiba et Kemal Atatürk. Ils n’ont pas pu aller au bout de leur projet moderniste, car ce n’est pas leur peuple qui les ont rejeté mais les islamistes rétrogrades qui sont plus structurés et mieux organisés politique par rapport à l’autre partie du peuple démocrate moderniste ! Les islamistes, l’islam politique, les frères musulmans tirent toujours leur pays vers le bas , hélas, car ils n’ont rien compris à l’islam , ne veulent rien comprendre à l’islam sauf comme ils l’entendent eux … c’est à dire à la moyen âge radical !!

    Anonimaoui
    22 octobre 2019 - 0 h 08 min

    Avec le climat de délation et de chasse aux islamistes radicalisés que connaît la France ces derniers jours, ce Addi peut tester sur le terrain sa théorie farfelue de régression féconde. Il se verra vite chassé manu militari de l’Université qui l’embauche pour se retrouver dans un trou perdu du Yémen ou d’Arabie où la régression a élu domicile depuis la nuit des temps.

    Omar Khayyam
    21 octobre 2019 - 7 h 53 min

    Un vœu PIEUX sinon pure UTOPIE…ou GROSSIÈRE et GROTESQUE manipulation comme la mise sur pied dare-dare du PANEL , suivi de l’ANIE…de quoi pleurer toutes les larmes de son corps

    Zaatar
    20 octobre 2019 - 20 h 42 min

    Encore un Addi des ages obscures. Un Addi de la régression qui veut nous enfouir dans les grottes de l’ignorance. La religion n’a jamais été un outil de développement. Elle aura servi les desseins de certains hommes et certaines organisations mais elle n’aura jamais servi la masse, la peuplade, les citoyens en général. Il suffit de regarder les comportements des sociétés pour cela.

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    Djemel
    20 octobre 2019 - 17 h 50 min

    Le contenu de la religion musulmane que nous connaissons aujourd’hui provient de trois périodes distinctes. Il y a le contenu existant avant l’arrivée de la religion et qui a été adopté par celle-ci. Il y a le Coran et les hadiths datant de l’époque du Prophète (SAW). Enfin il y a ce qui est venu après provenant d’imams, de penseurs et probablement de dirigeants politiques. Nous observons que ce dernier est devenu plus important que les autres contenus (frères-musulmans, salafistes…). Il contient les interprétations et probablement des ajouts qui ne s’appuient pas sur les deux autres contenus. La plupart des références bibliographiques datent de la 3e période et non des deux premières. Ajouter à cela, la non-transparence quant à l’histoire réelle des écrits minent la crédibilité du discours des écoles de pensées religieuses dont les racines sont la théologie. La reforme ne peut pas se faire sur une courte période par des islamistes soumis à une croyance aveugle. Elle nécessite d’abord le nettoyage du contenu de la 3e période, le tri des références bibliographiques et l’écriture de l’histoire par des historiens (et non par des religieux). C’est un long travail de recherche. Mr. Addi ne sait pas vraiment de quoi il parle.

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      Coraniste
      20 octobre 2019 - 23 h 11 min

      @Djemel. Je suis d’accord avec vous sur la 3ème source mais le problème de ces pseudos penseurs vient des nombreux hadiths dont l’immense majorité n’est pas fiable. Je prône depuis plus de 20ans comme de nombreux coranistes, de ne plus tenir compte des hadiths y compris ceux qui sont considérés comme « authentiques » car scientifiquement parlant, des personnes comme vous et moi ne peuvent rien garantir du tout. Quand on connaît la méthode fort contestable de recueil de ces hadiths on ne peut vraiment pas s’y fier

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    Anonyme
    20 octobre 2019 - 15 h 39 min

    Autrement dit, l’Algérie doit rejoindre l’Iran et l’Arabie Saoudite dans le rang des états théocratiques.

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    Changement ou Métamorphose
    20 octobre 2019 - 15 h 16 min

    @C’est Un Professeur Qui Parle Ainsi ??? 20 octobre 2019 – 12 h 17 min. Bonjour

    Merci pour votre écrit et permettez-moi de rajouter à votre dernier chapitre évoquant la Tunisie de Bourguiba et la Turquie d’Ataturk : le Liban.

    Depuis la nuit des temps ce merveilleux pays a vécu dans la prospérité, le bonheur et la stabilité sous une laïcité spécifiée (1). Pays rayonnant appelé «Joyau du Moyen-Orient» et sa capitale Beyrouth «Petit Paris».
    Apres 1974 des «Lahouari Addi» locaux et/ou environnants sont intervenus et regardons le résultat et la situation de ce «Bijou». Cela se passe de tous commentaires.

    Enfin je termine par remercier nos frères Phéniciens pour avoir hisser le drapeau Algérien au cours des leurs dernières manifestations. Cela me va droit dans le cœur.

    (1) La laïcité est une invention Libanaise, la «Laïcité Française» n’est que plagiat et un travesti de l’Histoire. Quant à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 c’est une inspiration intégrale des principes de ce pays.

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      Anonyme
      20 octobre 2019 - 15 h 32 min

      La laïcité au Liban a été mise en place sous le mandat français, le Liban ne pouvait pas être neutre religieusement avant la France car au moment où la France est devenue laïque (1905), le Liban était une colonie ottomane (les libanais accueilleront d’ailleurs fièrement les soldats français entrants dans Beyrouth).

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        Changement Ou Métamorphose
        20 octobre 2019 - 19 h 02 min

        @Anonyme 20 octobre 2019 – 15 h 32 min. Bonjour,

        Merci pour votre contribution, mais (il y’a toujours ce « mais » qui remet tout en question).

        Bien avant les Français et les Turques … Il n’y avait aucune «Saint Barthélemy» dans ce pays. Il y avait dix-huit confessions religieuses, et autant de communautés qui vivaient en toute harmonie et intelligence depuis belle lurette avec le respect mutuel des uns envers les autres. Les Français ont juste traduit ce concept par le terme «Laïcité» et l’ont appliqué chez eux. Excellente idée je l’avoue.

        Merci de confirmer donc le plagiat et la fausse Histoire de la laïcité qu’on apprend aux gens.

        Ma seule erreur que je rectifie avec excuses est : « … droits de l’homme de 1948 c’est une inspiration EN GRANDE PARTIE des principes de ce pays » au lieu de INTÉGRALE.

        Au faite, que faisait la France au Liban ? Une mise en place de la laïcité dans un pays laïque ? Vil argument.

        Aider un peuple à sortir d’un joug est honorable « les libanais accueilleront d’ailleurs fièrement les soldats français entrants dans Beyrouth », mais les remplacer par la suite est ignominieux.

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          Anonyme
          20 octobre 2019 - 22 h 51 min

          Il n’y a jamais eu de remplacement au Liban, la Société des Nations autorisait juste l’instauration de mandats (interdiction de mettre en place des colonies ou protectorats) qui consistent à préparer l’indépendance de pays mandataires par les pays mandatés sur le modèle de ces derniers.

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      Omar Khayyam
      21 octobre 2019 - 8 h 41 min

      Lors de razouet OHOD (bataille de UHUD) entre les musulmans yathribins et la tribu mecquoise des Quraychites sur le mont Uhud près de Médine en 625 la suprématie numérique et tactique des Quraychites incita Le Prophete (QPSSL) à conclure et signer le premier acte politique d’armistice dit laïque car les Quraychites forts de leur victoire ne voulaient par signer un acte écrit avec la Fatiha en préambule chose à laquelle dû se résoudre le prophete QPSSL pour metre fin au conflit…ce fut une première action politique estampillée LAÏQUE…du MESSAGER (QPSSL)

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    Abou Stroff
    20 octobre 2019 - 14 h 45 min

    comme je n’ai ni l’habitude, ni le temps de commenter des insanités, je vais être bref sur le sujet.
    1- addi, après avoir fui (dès le début des années 90)le calvaire que commençait à réaliser la vermine islamiste et s’être bien installé en france, a produit son « concept » de « régression féconde » pour nous indiquer la voie à suivre pour sortir définitivement du « sous développement ». il suffit de voir la fécondité (en termes de droits de l’homme et de démocratie, en particulier) de la régression iranienne pour comprendre où veut nous emmener le « prof ».
    2- je pense que nous vivons une lutte à mort entre un monde ancien (le monde de la rente et de l’idéologie religieuse qui lui sert de couverture) qui ne veut pas mourir mais qui mourra certainement (l’histoire, malgré des soubresauts, ne revient jamais en arrière) et un monde nouveau (le monde qui est ou sera bâti sur le travail en tant que valeur suprême et qui libérera l’individu humain du carcan religieux).
    cette lutte est une lutte à mort qui doit se terminer par la mort de l’un des deux mondes, mort de l’un qui permettra à l’autre de prospérer. agissons pour que le monde ancien, le monde de l’obscurité soit terrassé, que le monde nouveau prenne ses racines et laissons addi croire que son onanisme est d’une richesse intellectuelle incommensurable.

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    Felfel Har
    20 octobre 2019 - 14 h 41 min

    Les propos de Mr. Addi ont de quoi choquer les démocrates que sont les Algériens dans leur immense majorité. Nous demander de laisser les islamistes prendre le pouvoir dans le but de réformer leur doctrine rétrograde, reviendrait à faire entrer le loup dans la bergerie pour lui apprendre à résister à la tentation de s’attaquer au cheptel.
    Les islamistes algériens n’ont qu’un objectif, introniser l’islam politique, appliquer l’islam le plus rigoriste, répandre le wahabisme dans sa version la plus hard et surtout de ne plus lâcher le pouvoir quitte à procéder à un nettoyage ethnique.
    Mr. Addi, avez-vous dejà vu un carnivore devenir végétarien, un loup se muer en agneau, un islamiste se convertir à la démocratie?

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    Kouidri
    20 octobre 2019 - 13 h 47 min

    Merci pour votre excellente contribution d’où je retire cette vérité qui devrait être un de nos slogans du jour  » la modernisation de la société doit rester une affaire politique du ressort d’un Etat souverain, désaliéné du religieux, du militaire et de toute considération d’identité ethnique ». Depuis plusieurs vendredi sur ma pancarte, mon slogan est  » Oui à l’égalité. Non au militaire et au religieux en politique »

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    Rosa Rosi Rosam
    20 octobre 2019 - 13 h 13 min

    Mr Lahouari Addi me rappelle exactement la fameuse promesse de Brel : « Moi, je te ramènerai des perles de pluie venus d’un pays ou il ne pleut pas ». Bon courage Mr Addi.

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    SACI TOLGA
    20 octobre 2019 - 13 h 04 min

    Le « professeur » Addi LHAOUARI n’est pas à sa première cagatte. N’est-il pas celui qui avait « osé » affirmer son principe sacro-saint de :

    LA RÉGRESSION… « féconde » (!?).

    Une inanité doublée d’une insanité toute deux PROFONDES…

    Monsieur le « professeur », voici la DÉFINITION donnée par le dictionnaire LAROUSSE de 2018. La toute DERNIÈRE version s’entend, en attendant celle à paraitre de 2019.

    RÉGRESSION – DÉFINITIONS :
    Marche en arrière, recul : Régression.
    Évolution en sens inverse d’un phénomène qui cesse de progresser ; diminution ; baisse.
    Retour à un stade antérieur du développement psychique.

    Biologie :
    Perte ou atrophie, dans une espèce vivante, d’un ou de plusieurs organes qui étaient bien développés chez ses ancêtres (pertes des yeux chez certains animaux cavernicoles, par exemple).

    Géographie :
    Recul de la mer, qui peut se produire par abaissement du niveau marin, construction et progradation littorale, mouvement tectonique local ou régional.

    Pédologie :
    Retour plus ou moins brutal d’un sol, par érosion, à un sol initial, peu évolué, ou à la roche mère nue.

    Psychanalyse :
    Processus de l’organisation libidinale du sujet qui, confronté à des frustrations intolérables, fait retour, pour s’en protéger, à des stades archaïques de sa vie libidinale et s’y fixe en vue d’y retrouver une satisfaction fantasmatique.

    Statistique :
    Détermination de la grandeur approximative d’un phénomène correspondant à la grandeur certaine d’un autre phénomène.

    RÉGRESSION : n.f.
    Marche en arrière, recul.
    Droite de régression
    Régression d’aire

     EXPRESSIONS
    En Botanique :
    Régression d’aire, diminution de l’aire géographique occupée par une espèce.

    SYNONYMES ET CONTRAIRES :
    Évolution en sens inverse d’un phénomène qui cesse de progresser…

    SYNONYMES :
    abaissement – baisse – déclin – décroissance – récession – recul

    CONTRAIRES :
    expansion – extension – marche – progrès – progression

    Voilà. C’est donc, tout à fait le contraire de ce que vous voulez nous faire croire à savoir que VOTRE régression est en soi une idée… « féconde ».

    Dès lors, comment peut-on encore, aujourd’hui, vous « croire » Monsieur le … après tous vos galimatias…?

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    DYHIA-DZ
    20 octobre 2019 - 12 h 42 min

    Dés fois, il vaut mieux se taire que de polluer l’écosystème par des bêtises et des irresponsabilités…
    L’Algérie est devenue un cobaye pour beaucoup…un laboratoire d’expérimentation.
    Il faut commencer par réformer les écoles et les mosquées en prêchant un islam modéré = le vrai islam.
    En outre, l’Algérie doit retrouver ses repères culturels et historiques …Pour qu’elle cesse d’être la proie des manipulations des sectes religieuses et culturelles.
    L’Algérie doit cesser d’avoir le moyen orient comme référence…L’Algérie doit être la seule référence de tous les Algériens…
    Non à un islam manipulé et importé d’ailleurs… La venue de Abassi Madani et ses copains a détruit la société Algérienne. On ne va pas revivre le cauchemar (??)

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    C'est un professeur qui parle ainsi ???
    20 octobre 2019 - 12 h 17 min

    Ecouter bien et ouvrez bien vos oreilles, vos yeux, tous vos sens car c’est dit par un professeur de sociologie à l’Institut d’études politiques de Lyon (université Louis Lumière-Lyon 2), chercheur au Centre d’études et de recherches de l’Institut d’études politiques) et au Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, il nous dit en synthétisant ceci:

    .. »il faut ouvrir les portes du pouvoir aux islamistes (oui il a dit ouvrir la porte du pouvoir) pour les contraindre à se réformer eux-mêmes, réforme qui devrait déboucher inéluctablement sur la modernisation de la société. D’après lui, ils se doivent de le faire car ils ont une dette envers la démocratie, ils se doivent de conduire la société vers la démocratie ». Oh mama mia !!! Ce n’est pas dit comme çà littéralement, mais c’est le fond de sa pensée.

    Je ne vais trop épiloguer sur çà avec lui, m’étendre plus, mais je veux juste rappeler à ce professeur, et il le sait très bien, que le christianisme lui-même, donc de l’intérieur, a réussi à faire ses propres « aggiornamento », c’est à dire des mises à jour de sa doctrine au cours du temps et au fur et à mesure pour s’adapter à l’évolution de la société ! C’est à partir du Vatican et l’Eglise saint Pierre de Rome que le christianisme a fait son effort d’adaptation et de modernisation et non à partir d’un pouvoir politique et des gouvernants !

    Lahouari doit se rappeler aussi que des hommes de grande culture, ouverts sur le monde, qui ont une vision prospective sur leur pays, comme par exemple des Bourguiba et des Kemal Atatürk ont tenté de moderniser leur pays et que ce sont les islamistes, les frères musulmans conservateurs qui ont tout fait pour tirer vers le bas leur pays et pour le laisser patauger dans l’obscurantisme ! Donner le pouvoir à des individus qui entrent en transe dès qu’on leur parle de « laïcité » ou « de séparation du politique et du religieux », c’est faire preuve d’une naïveté, d’une candeur, d’un angélisme, d’une ingénuité, d’une maladresse et d’une crédulité hors du commun ! Des fois, il nous sort de ces trucs Lahouari qui me font douter de sa culture professorale.

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      ZORO
      21 octobre 2019 - 7 h 52 min

      Pour qui bourguiba et attaturk ont ete des hommes de grandes cultures puisque tout ce qu ils ont entrepris en tant que dictateurs est remis actuellement en cause par leurs peuples .leurs peuple les renie ils finiront dans la poubelle de l histoire ainsi que tous les mauvais eleves.
      SigneZORO. …Z…

    Anonyme
    20 octobre 2019 - 10 h 37 min

    Pas besoin de suivre les conseils de Mr Addi jusqu au bout pour voir ce que ça donne!!!L exemple de l Iran est là !!!
    Les religieux sont au pouvoir depuis 30 ans, ont ils changé ou reformé les textes? Non…
    Au contraire,ils continuent à faire vivre leur peuple sous le joug de l islam chiite d une manière violente..
    C est devenu une dictature religieuse.
    La religion est un des alibis pour soumettre le peuple.
    Alors Mr Addi est complètement à côté.
    La foi doit rester dans le cercle privé et jamais une religion d état.

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    Anonyme
    20 octobre 2019 - 10 h 00 min

    Mamia ! j’ai été fresque quasiment d’accord avec Y.B, une fois n’est pas coutume , au point de ne pas zozer signer mon post.
    Confier la religion aux islamistes pour la réformer c’est comme envoyer son âne acheter des salades. .Quoi que l’idée n’est pas totalement dénué de sens .

    Ce ne sont pas les idéologies en soi qui posent problème , c’est leur praxis, ce qu’elles deviennent quand elles sont pratiquées.

    c’est confrontée à la réalité que la religion non pas se reformera ou pas car c »est effectivement religion et modernité c’est un oxymore, mais tant va la cruche l’eau qu’elle se casse , elle finira par perdre son influence faute de pertinence et de « rentabilité ». . Mais pour cela il faut au contraire impérativement l’exclure du champs social

    Si effectivement la religion devait être l’affaire des religieux, il faut renvoyer les religieux à leurs pénates et séparer le social et le politique du religieux. Le religieux ne doit pas interférer dans le champs social et politique et les deux derniers ne devraient pas interférer dans le religieux.

    Depuis l’avènement des religions la mythologie les a accompagnées et structurées. Dre qu’elle peuvent y renoncer c’est une lubie alors que leur essence même repose sur elle.

    Dans l’avènement de la laïcité on n’a pas dit aux religieux changez de méthode on vous laisse enseigner aux enfants. On leur a ôté les enfants pour les confier à des non-religieux.

    Que les religieux gardent leurs croyances et leurs mythologies pour eux-mêmes et qu’ils prêchent leur guise à la mosquée , ce n’est pas le problème du moment que la société soit régie par des règles de droit positif et non par les lois religieuses.

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    Aqelqul
    20 octobre 2019 - 9 h 35 min

    Encore une mascarade ! D’où donc vous nous sortez toute cette mascarade de « littérature » Monsieur ? Quel gachis! Non, non, Lhouari Addi, Monsieur, est quelqu’un qui cherche à se débarrasser du « L » préfixant son prénom pour redevenir un des siens: les Huwara. Il est par conséquent berbériste.

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    Yassine
    20 octobre 2019 - 8 h 36 min

    La societe algerienne est traversee par deux grands courants ideologiques .
    Le premier est le courant moderne qui impose la separation du religieux et de l’etat .Il est malheuresement encore minoritaire .
    Le deuxieme est le courant conservateur dans lequel le poids du discours religieux est omnipresent .
    Il ne faut pas se cacher la face . L’ecrasante majorite des algeriens est conservatrice . Si demain il y’aura des elections libres ; la tendance conservatrice-islamiste gagnera largement .
    Monsieur Addi a raison . Le grand challenge pour l’avenir est d’amener de facon
    pedagogique la societe algerienne a s’emanciper et a entrer dans la modernite .
    La regle est l’acceptation par tout le monde de la regle democratique et de l’aternance du pouvoir .

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    ZORO
    20 octobre 2019 - 7 h 30 min

    En bref tout ce que desire monsieur Benzaatat, c est un bateau charge de musulmans guide par un equipage et un commandant laic en memoire du titanic.
    SigneZORO. …Z….

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    ABOU NOUASS
    20 octobre 2019 - 7 h 27 min

    Quel guignol ce Lahouari Addi !!!

    Depuis quand ces islamistes ont – ils étudié la théologie ? Ils ne connaissent que la violence verbale, l’invective de la démocratie, et la kalachnikov.

    Il voudrait nous ramener encore dans les années 80/90 et avilir de nouveau le peuple.
    Non, non, et non ya si Lahouari on en a eu notre dose de votre idéalisme de destruction des sociétés .

    Cantonnez-vous dans votre monde des ténébres et vos habits d’un autre âge.

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