Zones industrielles clés-en-main : le cœur de la croissance de l’Algérie

usine foncier industriel
L’Etat doit faciliter et simplifier les procédures administratives pour la promotion des investissements. D. R.

Par Mohamed Sayoud – Des milliers de projets n’ont pu être concrétisés depuis des années en Algérie faute d’une mauvaise gestion du foncier industriel. En effet, des milliers de dossiers d’investissements sont restés en suspend et sans traitement au niveau du Comité d’assistance à la localisation et à la promotion des investissements et de la régulation du foncier (Calpiref). Et le peu d’investisseurs qui ont eu la chance de décrocher un terrain n’ont généralement pas pu réaliser leurs projets à cause de divers contraintes (zones industrielles non viabilisées, pas de route ou chemin, pas d’électricité, pas d’eau, etc.).

En tant que consultant en investissement, je considère que la création d’une instance nationale chargée du foncier industriel pour traiter les dysfonctionnements est un système obsolète car il ne va pas donner de résultats rapides. Avec ce système de gestion, l’Algérie va encore perdre beaucoup de temps dans la relance de son économie. Logiquement, et vu les défis dont notre pays fait face, on n’a pas du temps à perdre encore ! Il faut inverser l’équation afin de réduire les délais et les coûts de réalisation, tout en se libérant des pratiques bureaucratiques.

De ce fait, l’intervention du gouvernement actuel étant plus qu’impérative pour débloquer cette situation. Il faut des mesures d’urgence pour la création des milliers, voire des millions d’entreprises pour permettre des relais de croissance génératrice d’emplois et de richesse. La solution pour ces divers contraintes à l’investissement serait d’opter pour un nouveau modèle, à savoir la création de zones industrielles clés en main. Un système qui a prouvé son efficacité dans plusieurs pays à travers le monde. Les pays développés et même en Ethiopie et Rwanda ont évolué grâce à la création de zones industrielles clé en main.

A cet effet, il est impératif et indispensable pour l’Algérie de créer des zones industrielles clés-en-mains avec hangars prêts pour la location à des prix abordables afin de booster l’investissement et d’aller vers la relance économique, en créant une communauté d’entreprises manufacturières avec des normes internationales.

Ainsi, grâce à ce nouveau modèle de gestion du foncier industriel, l’Etat aura plus de visibilité sur la situation du foncier industriel et facilitera la lutte contre l’économie informelle, permettant au Trésor public d’engranger de nouvelles ressources financières grâce, notamment, à la taxe qui sera imposée aux loyers.

Ce type de parcs industriels sera le résultat d’une volonté politique, répondant à un aménagement planifié du territoire. Ils sont généralement choisis de façon à offrir de larges espaces fonciers à coût attractif et d’importants moyens de transports routier, ferroviaire et maritime ou fluvial seront créés.

Généralement, ces grands parcs industriels se construisent autour d’un type d’activité principal, la sous-traitance, la production de divers produits en complémentarité, comme l’industrie mécanique, l’industrie à base de polymères pour la fabrication par injection, par extrusion ou par soufflage des produits en plastique, l’industrie agroalimentaire, l’industrie automobile ou aéronautique, à titre d’exemple, mais les avantages du site attirent aussi des industries tournées vers d’autres productions.

Quant à la réalisation de ces zones, l’Algérie pourrait faire appel, dans un premier temps, aux partenaires chinois. Ces derniers peuvent construire une zone de 100 hangars de 1 000 m2 chacun dans un délai ne dépassant pas les six mois puis les louer aux investisseurs à des prix raisonnables. Ils n’ont qu’à placer les machines ou lignes de production et commencer la production. Sachant que c’est un projet rentable au bout de 3 jusqu’à 4 ans maximum retour sur investissement. En outre, une partie de ce projet ambitieux doit être octroyée aux entreprises algériennes spécialisées dans la construction des hangars en charpente métallique.

Les communes, à leur tour, s’occuperont de la viabilisation de ces zones. On doit accorder une importance au temps time is money. C’est la solution la plus rapide pour booster l’économie et la production en Algérie et limiter l’importation.

Dans cette optique, les promoteurs immobiliers algériens et étrangers peuvent avoir accès à des terrains de l’Etat soit au dinar symbolique ou à un prix attractif afin de construire des zones industrielles/parcs industriels clés-en-mains de 30 à 100 hangars prêts pour la location, de différentes surfaces, pour la location aux investisseurs sans avoir recours à l’établissement d’un cahier de charge et en ayant recours à un financement bancaire comme tout projet d’investissement rentable.

Une alternative qui permet de raccourcir les délais, d’anticiper les procédures administratives, d’optimiser les coûts et ainsi d’offrir aux investisseurs une disponibilité immédiate pour produire.

Tous ces avantages qu’offrent ces zones industrielles permettent en conséquence de réaliser des gains de productivité. A savoir, réaliser des valeurs ajoutées permettant aux opérateurs économiques d’optimiser, de moderniser et de pérenniser leurs investissements. Cette solution permettra aux promoteurs économiques nationaux et étrangers d’avoir accès aux sites industriels aménagés et dotés de toutes les commodités répondant aux normes internationales.

En parallèle, l’ex-Calpiref peut prendre les dossiers d’investissement des investisseurs qui voudraient effectuer une extension de leur activité. La récupération et la réhabilitation des assiettes non exploitées sont une solution à établir en parallèle avec la création de nouvelles zones industrielles clés-en-main avec hangars destinées à la location.

Dans le monde entier, l’investisseur n’a pas besoin d’établir un dossier pour le présenter puis attendre des années pour pouvoir, éventuellement, avoir un terrain puis faire diverses démarches, ce qui fait perdre beaucoup de temps pour le développement économique de notre pays.

Notre pays doit être doté d’un dispositif de lois permettant l’accélération, la facilitation et la simplification des procédures administratives pour la promotion des investissements. Cela œuvrera à la création de nouveaux écosystèmes, en l’occurrence, les sites industriels clés-en-main et viabilisés. Ces sites anticipent les études aux investisseurs et les attentes interminables, leur permettant de passer à la production le plus rapidement possible.

Pour contourner d’éventuels chocs qui s’annoncent à cause de la fragilité économique, les zones industrielles clés-en-main et viabilisés seraient la meilleure solution pour faire sortir définitivement l’économie nationale de cette morosité, et la mise en place de ces nouveaux écosystèmes est susceptible de contribuer à l’essor de l’économie. C’est cette diversification qui la rendra solide en l’extirpant définitivement de sa fragilité causée par sa quasi-dépendance aux hydrocarbures.

Enfin, je salue la décision du président de la République pour la suppression de la règle 51/49, régissant l’investissement étranger dans notre pays, et de la maintenir uniquement pour les secteurs stratégiques.

Nous espérons la mise en application de cette décision dès le mois prochain afin de capter le maximum d’IDE ; d’ailleurs, beaucoup d’entreprises s’apprêtent à venir s’installer en Algérie. Ceci permettra la création de nouveaux postes d’emplois, de la richesse et de valeur ajoutée pour l’économie de notre pays.

M. S.

Consultant international en investissement industriel, fondateur du cabinet de conseils en investissement Invest Design Consulting

 

 

Comment (8)

    Anonyme
    29 mai 2020 - 20 h 09 min

    Je ne partage pas l’avis de cet « Expert » car la priorité n’est pas de faire appel aux entreprises chinoises pour construire des hangars, mais de préparer un plan d’action eu vue de faire face à la situation catastrophique dans laquelle le coronavirus laissera notre pays après son départ.

    Yassine
    24 mai 2020 - 17 h 31 min

    « Expert en investissement  » vous dites ? C’est un metier inexistant dans les pays developpes . En algerie , quand on ne sait rien faire ; on se dit  » expert  » !
    Ramener des chinois pour construire des hangars . Quelle idee lumineuse pour sortir du sous-developpement .
    Mon defunt pere ne cessait de me repeter  » El Mammou d’wah Emmou ; Wel Mal D’wah Moulah » .
    Il faut liberer l’acte de l’investissement . Chaque commune doit etre libre d’avoir sa propre zone industrielle sans rien attendre de l’etat .
    Les investisseurs ont leurs propres capitaux et la commune a interet a trouver
    des sources de revenu .
    En algerie , « l’investisseur » a pour but d’engranger un terrain pour le revendre ; et les representants des administrations sont dans la predation pour en tirer un bakchishe .
    Il faut commencer par le debut . Un pouvoir legitime ; une justice independante avec une police anti-corruption . La privatisation totale de l’economie .Degraisser la fonction publique . Ne sont fonctionnaires que les personnels en tenue ( militaire , police , gendarmerie , pompiers ).
    Tout les autres sont des employes comme les autres y compris les corps educatifs et medicaux .
    Chacun doit etre dans un etat d’esprit de survie . On ne merite un salaire qui si on fait vraiment un travail en retour .
    Ainsi , en une generation , l’algerie fera ce qu’elle n’a pu faire en 60 ans .

    djamel de lille
    20 mai 2020 - 8 h 41 min

    C’est triste de savoir qu’après 58 ans d’ indépendance on doivent faire appel aux chinois pour construire des zones industrielles: des hangars avec téléphones eau, gaz, électricité ,tout à l’égout et une route pour y accéder … à quoi servent les 1.5 millions d’étudiants , qu’apprennent ils dans les amphis, ou sont passé les entreprises algériennes ?

    Anonyme1
    18 mai 2020 - 3 h 45 min

    On a donné et créé des zones industrielles de khorti
    Ils ont été revendus en lots de terrain et bcp ont amassé des fortunes colossales
    et par dessus le marché tu veux qu’on t’accorde une usine clé en main (mdr)
    Il faut arrêter cette mascarade,, celui qui veut investir il n’a qu’à investir avec son argent et non avec l’argent de tout un peuple

    loklan
    18 mai 2020 - 0 h 00 min

    Continuez à saluer  » votre » président… pas le notre ! Ce n’ est pas parcque qu’ il chasse aujouird’ hui les instigateurs du pire du pire instauré par la crevure gaid que le pire normatif bouteflekien est effacé ! Nous étions dans le pire pendant plus de 20 ans, puis dans le pire du pire pendant plus d’ un an et nous revenons doucement vers le pire du bouteflikisme. Nous ne sommes pas dupe attention ! Cette stratégie du pire du pire pour que nous percevions le retour au pire comme un bonheur, ne marchera pas qu’ on se le dise très clairement ! La réconciliation national n’ a pas empêché encore jusqu’ aujourd’ hui la soif de justice. Nous n’ oublions pas qu’ il a été placé par gaid l’ amoral, le sous fifre des émiratis contre la volonté du peuple !! Le hirak et moi en premier se souviendra de votre nom Ya Mr Mohamed Sayoud qui avait salué votre président pas le notre !!! Ni le pire du pire ni le pire, yitnahaw ga3 !

    Au ministre de l' industrie
    17 mai 2020 - 20 h 48 min

    En terme d’ administration il faut renverser le paradigme. L’ arabisation des institutions rend illisible non seulement les documentations et la communication, mais surtout le contexte et sens des limites et du droit. L’ investissement nécessité d’ une administration au service des investissements et pas un privilège octroyé, accès à tous les secteurs doit être libre . Dans cette optique il y quelques mesures urgentes: 1- guichet unique pour faire dans un Même bureau toute la documentation. 2-une facilité de communication entre administration par les moyens télématiques. 3- L’ administration doit travailler par projets et introduire les critères de productivité. Ce modèle doit être décentralisé dans tous les départements, et seront liés par télématiques au ministère, les nouvelles technologies permettent de standardiser les procédés en les sécurisant. Les problèmes administratifs sont des choix politiques. Si l’ on veut on peut.
    Sur l’ élaboration des infrastructures il est impératif d’ avoir une idée de la logistique industrielle mais aussi pays. Si Desertec est une ressource, alors il faut une logistique qui favorise le transport collectif, vu les technologies actuellement avancées et futures, mais aussi l’ espace limité donc la voiture individuelle est un problème économique outre qu’ environnemental. Infrastructures ferroviaires à grande vitesse mais fait maison: pour ce faire demander une association d’ entreprises aux Chinois et Russes pour une coopération industrielle et technique, s’ il y a accord il faut que les locomotives et train outre la maintenance soient transférés dès le début. Lier les gares de trains aux aéroports et aux ports .
    Les ressources humaines . Les ministres de l’ industrie et des universités et formation devraient créer une structure de suivi, elle doit travailler avec les entreprises et leurs associations pour déterminer les nécessité de personnel et procéder à la prise en charge des besoins. Définir des benchmarks sectoriels et se donner un timing pour évaluer les goulots d’ étranglement bureaucratique ou notionnels pour améliorer la productivité des secteurs. Il n’ est pas possible qu’on feint que l’ université soit délabrée, dans ce sens chaque université doit offrir des master ou des mises à niveau en matières scientifiques ou de gestion pour donner la juste dignité à l’enseignement. On ne peut faire d’ industrie sans une école de qualité, plutôt que cette arabisation/ misérabilisme il faut dès le lycée enseigner en Anglais français, coopérer avec les Russes en terme de sciences et technologies.
    Pour la réalisation des fermes dans le sud le train électrique est fonctionnel sûr et rapide, dans ce sens chaque investissement agricole doit avoir un branchement de Rail.
    Ce programme URGENT nécessite de projet pays clair et décentralisé, d’ une manière scientifique et moderne. Outre et peut être avant tout de COnfiance entre administration et administrés. Je ne partage pas votre Algérie arabe islamique mais je ne peux vous laisser sombrer dans les problèmes. Du moins si le pays ne réussissait pas ( franchement j’ en doute fort tant que c’est les mosquées qui animent l’ État arabe algérien), il n’ aura pas la famine. Comme vous savez bien, le développement économique ne peut être imbibé de tabous politiques et culturels, l’ arabisation est plus la volonté de contrôle politique de la société qui à vaincu la nature de l’ algérien qui est méditerranéen francophone. Nier cette vérité c’est nier la première liberté économique, celle du contexte sociétal. Thanmirth

    Belveder
    17 mai 2020 - 20 h 10 min

    Ces Zones existent deja depuis des Décénnies soit elles sont dédiées au Commerce informél donc tout au BLACK …..soit détournées comme les terres agricoles et les zone portuaires résérvées ..

    Bir Zemzem
    17 mai 2020 - 19 h 11 min

    Tout à fait d’accord avec vos préconisations, toutefois un seul bémol, qui à mon sens et primordial !!!
    Quid de la tchipa ????

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