Quand le Bachagha Bouâlem critique la France

Le président Nicolas Sarkozy, comme tous les Français et les Algériens le savent, a depuis son accession à la présidence de la République refusé de discuter de la repentance de la France sur l’occupation faite de feu et de sang de l’Algérie durant 132 ans. Un vrai crime de guerre et contre l’humanité perpétré au nom de la République française en Algérie. Reconnaitre ce tort et demander pardon aux Algériens auraient fait ouvrir bien des voies vers un avenir prospère entre les deux pays. Malheureusement, le premier homme de l’Elysée ne semblait pas entendre les appels. Pis encore, lors de sa campagne présidentielle, il a côtoyé les harkis et les anciens traitres algériens, non pas pour gagner leur sympathie et leurs voix, mais pour encore enfoncer davantage le clou du colonialisme d’hier à une plateforme algéro-française qui attendait à se concrétiser.
A cet effet, nous rappelons aux amnésiques l’histoire d’un Algérien tristement célèbre, issu d’une famille très dévouée à la cause française en Algérie, qui est le Bachagha Bouâlem. A l’indépendance, il quitta l’Algérie en suivant ses maîtres en croyant que les services rendus aux colonisateurs lui ouvraient toutes les voies. A son arrivée en métropole, le Bachagha n’a obtenu aucune considération, et c’est avec amertume qu’il nous livre un récit de sa collaboration avec le colonialisme français, un récit qui doit être consigné dans l’histoire de l’occupation de l’Algérie.
Le Bachagha Bouâlem est le plus célèbre des traitres algériens, et sa famille a été une des plus dévouées à la cause française en Algérie. Il était plus agressif envers les Algériens que les harkis, l’OAS et les autres vendus. Quand l’Algérie recouvrit sa souveraineté en 1962, Bouâlem et sa suite ont plié bagage pour suivre leurs maîtres et fuir l’Algérie.  Quelques mois après l’indépendance de l’Algérie, Bouâlem reçoit du tribunal un commandement lui enjoignant de régler en espèces les frais de sa demande de la nationalité française et celle de sa suite. Nous lui laissons le soin de commenter cet événement «burlesque», tout en lui rappelant qu’avant lui, à Oran, le colonel de l’armée française Bendaoud, malgré son grade, s’était tiré une balle dans la tête en pleine réunion de l’état-major, tout simplement parce qu’il n’a jamais été considéré comme un officier militaire à part entière dans l’armée d’occupation.
«Le 17 mai 1963, la justice de paix d'Arles m'adressait, par voie légale, le commandement ci-dessous : "Monsieur le Bachaga, j'ai l'avantage de vous adresser la liste des déclarations de nationalité que j'ai établie pour vous et les vôtres ainsi que vous me l'avez demandé. Vous pourrez constater qu'il a été établi 102 déclarations. En conséquence, il m'est dû, à raison de 10 F par déclaration, la somme de 1020 F.
Le greffier." Ainsi, le 25 mai 1963, j'achetais, pour mes hommes et moi-même, en acquittant la somme de 1020 francs lourds, le droit de devenir des citoyens français à part entière, nous qui pensions, par notre loyalisme et nos sacrifices, d’en avoir mérité et gagné le titre. Mon fils Ali, lui, mettait en demeure le tribunal d'instance d'Arles,
de lui reconnaître cette qualité, laquelle m'était refusée, à moi, son père. Et pourtant… Je suis français, je l'ai prouvé, je crois. Pendant vingt-et-une années, j'ai servi dans les rangs de l'armée française. Je suis capitaine de réserve. Les Algériens m'ont élu député à l'Assemblée nationale française. J'ai même été porté quatre fois à la vice-présidence de cette même Assemblée, à l'unanimité. Des Bouâlem, il en est mort aux quatre coins du monde pour y défendre la France et après cela, on ose dire que nous ne sommes pas français.
Ma famille est d'origine arabe, sans nul doute, et elle a pris naissance lors de la première invasion hilalienne, il y a neuf ou dix siècles. Ensuite, elle s'est mélangée aux Berbères de l'Algérie. Du temps des Turcs déjà, c'était une famille de «caïdat» très ancienne. J'avais des aïeux «agha» du temps des Turcs. Au moment de la conquête, mes ancêtres ont combattu la France sous les ordres de l'Emir Abdelkader. Nous l'avions d'ailleurs servi fidèlement, car la tradition veut quece soient des "Souhalias", tribu dont ma famille est originaire, surtout par l'habitat, qui aient tué l'"agha" Mustapha Ben Ismaïl.
Cet "agha" était le chef des tribus des Semlah et des Douers au service de la France. Très estimé par les Français, il avait rang de général de brigade de l'armée française. Avec l'émir Abdelkader, les Beni Boudouane ont participé à plusieurs combats contre les troupes françaises. En 1843, la médina de Beni Boudouane a été rasée après un combat qui a duré trois jours contre la colonne Changarnier. Il existe encore dans le douar la trace d'une tombe d'un capitaine de l'armée française tué à cette époque, dans la fraction de mon douar des Taguerboust, près de l'oued de Sidi Bouziane. Bons guerriers, fidèles à la parole donnée, après la reddition, les Beni Boudouane n'ont pris part à aucune sédition. Après l’arrestation de l'émir Abdelkader, mes parents ont fait leur soumission à la France à Orléansville devant le général Bugeaud. A l'époque, mon arrière-grand-père, Aïssa Bouâlem, devait avoir 7 ou 8 ans. Par la suite, il fut nommé par la France caïd, puis agha. Mon grand-père, Yahia Bouâlem, fut à son tour nommé agha au service de la France et plusieurs de mes oncles étaient caïds. Tous titulaires de la Légion d'honneur et de nombreuses décorations acquises au feu contre l'ennemi de la France.
Mon grand-père avait reçu de grands honneurs pour avoir maté en 1871 l'insurrection des Beni M'nasser. C'était l'époque où l'artillerie de marine allemande tirait sur les côtes algériennes pour susciter une rébellion. Même avant 1870, plusieurs membres de ma famille avaient déjà combattu pour la France à Solferino, Magenta… Il y a eu des Bouâlem au Mexique, au Tonkin, en Indochine, en Syrie, au Maroc et en Tunisie. Enfin, partout où la France portait ses couleurs, des Bouâlem sont morts pour elle. Notre entente ne date pas de moi, elle remonte à de longues années.
C'est le 2 octobre 1906 que j'ai vu le jour à Souk-Ahras, près de Constantine. Mon père était un engagé volontaire au 1er Régiment de tirailleurs algériens. Ensuite, il servit pendant trente-deux ans dans la gendarmerie à cheval. Après être resté treize années auprès de ma mère, j'ai été placé à l'école des enfants de troupe à Saint
Hippolyte-du-Fort et à Montreuil-sur-Mer, de 1919 à 1924. Un certificat a sanctionné la fin de mes études militaires. La même année, le 2 octobre, je m'engageais à Blida au 1er Régiment de tirailleurs algériens. Je suis resté vingt-et-un ans dans les rangs de l'armée française d'où je suis sorti avec le grade de capitaine de réserve en 1946.
Ma mère et ma famille sont originaires de Ténès. C'est dans cette région que nous possédions le plus de terres provenant d'héritages ou d'achats, dans les Souhalias, les Taouïra et les Seinflta, notamment. De mes parents, j'ai eu deux frères. L'un, Abdelkader, a fait carrière dans l'armée. Il est mort, il y a quelques années. Le second, Alexandre, dit Si Lahssen, a été assassiné par les rebelles le 21 juillet 1956 à Taouïra. Quant à ma sœur, veuve, elle vit ici avec moi au Mas-Fondu.
Le maire de Ténès m'a marié en 1927. De cette union, j'ai eu trois enfants : Ali, Mohamed et Abdelkader qui a été assassiné par les fellaghas le 28 janvier 1958. Le pauvre enfant venait d'être libéré huit jours plus tôt de son service militaire. En juillet 1951, mon épouse est décédée. De mon deuxième mariage, j'ai eu trois enfants également : un fils, Djamel, et deux filles, Anissa et Yasmina. J'ai choisi mon pays la France pour témoigner de l'Algérie et au bout de ces lignes écrites avec mon cœur, j'ai peur de n'avoir pas su trouver les mots pour convaincre mais j'espère avoir servi ma terre algérienne. Mon épreuve ne sera pas inutile si les Français se penchent sur ces feuilles dans lesquelles j'ai tant mis de ce qui fut l'Algérie française, sur ce témoignage d'un coin de terre d'Algérie qui peut inscrire sur son monument des deux guerres deux mille noms de musulmans morts pour la France.»
Le Bachaga Bouâlem est la figure emblématique des Français musulmans et des harkis fidèles à la France : officier français, combattant de 1939-45, Commandeur de la Légion d'honneur, député et vice-président de l'Assemblée nationale de 1958 à 1962, symbole de la trahison. Une famille de super traitres, qualifiées de «très dévouées à la cause française».

Abdelkader Benbrik

Comment (4)

    Carini
    13 février 2017 - 10 h 05 min

    Un beau tissu de mensonges
    Un beau tissu de mensonges par un criminel Fellaga un beau Barbare




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    LOUANCHI
    11 mars 2013 - 19 h 28 min

    HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE
    HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE :

    lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l’époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l’Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l’ isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd’hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

    Sur radio-alpes.net – Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) – Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone…émotions et voile de censure levé ! Les Accords d’Evian n’effacent pas le passé, mais l’avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

    Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net




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    DJAZAÏRI
    20 mai 2012 - 18 h 07 min

    Et combien il y a de traitres
    Et combien il y a de traitres anonymes aussi sanginaires et monstrueux qui sont dans les rouages de l’état ?
    Qui nous gouvernent depuis 1962 .
    Pourquoi les archives de la guerre d’Algerie qui relatent justement de ce sujet restent cachés quelques parts dans les sous sols du regime .
    Dieu préserve moi de mon ami , mes ennemis je m’en charge .
    Ce n’est pas le Bachagha Bouâlem qui fait peur … Y a plus dangeureux ,ce sont ceux qui ont mené l’Algerie dans des bains de sang pendant des années .




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    Anonyme
    17 mars 2012 - 18 h 12 min

    ce n’est pas le plus célèbre
    ce n’est pas le plus célèbre des traîtres ! le plus célèbre et le plus sanguinaire et le plus vil reste Bengana




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