Les extrémistes tunisiens se préparent à la grande offensive

Postes de police incendiés, débits d'alcool attaqués, ressortissants étrangers intimidés, militants laïcs agressés… Les salafistes tunisiens, bien que minoritaires dans ce pays en pleine transition démocratique, multiplient les coups d’éclat, défiant ainsi le gouvernement d’Ennahda, parti islamiste qui se revendique du courant modéré. Vendredi dernier, Sidi Bouzid, ville symbolique de la «révolution du Jasmin» qui a emporté le régime de Ben Ali, n’a pas été du reste. Un groupe de salafistes a mis le feu à un établissement, après s’être attaqué aux propriétaires de points de vente d'alcool. Samedi, ils s'en sont pris à des postes de police et ont attaqué des bars dans plusieurs localités de la région de Jendouba au nord-ouest du pays. Armés de bâtons et de sabres, ils ont semé la terreur au sein de la population. Pour augmenter leur capacité de nuisance, ils grossissent leurs rangs en «recrutant» des délinquants et de jeunes désœuvrés. Face à cette montée effrénée de la violence extrémiste, des représentants d’ONG de défense des droits de l’Homme alertent la communauté internationale. «Des groupes violents hors-la-loi propagent la terreur», a mis en garde le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, Abdessatar Ben Moussa, dans une déclaration à la presse locale, à l'occasion du 35e anniversaire de son organisation. Pour ce militant des droits de l’Homme, le comportement des salafistes est «inadmissible» : «Ils agressent physiquement et moralement des femmes, des intellectuels, des journalistes, des créateurs, des syndicalistes, des politiciens et des militants des droits de l'Homme.» Pour Mokhtar Trifi, un autre défenseur des libertés, ces groupuscules extrémistes «menacent les libertés en Tunisie». Il a appelé le gouvernement à appliquer «strictement» la loi contre ces salafistes dont les actes décriés «ne doivent pas rester impunis». «Le gouvernement serait-il désarmé face aux salafistes ?» s’est interrogé, de son côté, le quotidien Le Tempsdans son édition de dimanche, relevant le décalage entre les paroles et les actes. Ce journal de gauche a rappelé dans ce sens l’engagement du gouvernement à sévir contre les extrémistes. La semaine dernière, le ministre de la Justice, Nourredine Bhiri, avait déclaré que la «récréation est terminée» et que «ceux qui dépassent les lignes rouges seront punis». Depuis, pas moins de dix attaques répréhensibles ont été commises par ces groupes incontrôlables. Ce n’est qu’aujourd’hui que le gouvernement est passé à l’action, en procédant, dans la journée, à l’arrestation d’une quinzaine de fauteurs de troubles au nom de la religion. Mais est-ce suffisant pour arrêter les actions brutales commises par ces fanatiques religieux ? Difficile de parier. Une chose est sûre : ces attaques à répétition et de plus en plus spectaculaires suscitent de vives inquiétudes au sein de la société tunisienne, peu habituée à la violence.
Sonia B.

Comment (3)

    Mansour
    28 mai 2012 - 7 h 44 min

    Décidément ces fous de Dieu
    Décidément ces fous de Dieu pour la façade mais en réalité fous du pouvoir et de la puissance qu’il procure ne s’arrêteront pas en si bon chemin.Après avoir mis à feu et à sang l’Algérie les voilà qu’ils s’apprêtent à récidiver avec la Tunisie où leur acolytes « modérés » sont déjà au pouvoir et qui se servent de ces zombies pour détruire ce qui reste de l’héritage moderniste de ce géant qu’était Habib Bourguiba.Ils sont déjà au pouvoir au Maroc,en Lybie et en Egypte et ne désespèrent pas de faire la même chose en Algérie avec leur joker Belkhadem.Cette peste ne lâche jamais prise et travaille nuit et jour pour ses objectifs qui sont la mise au pas et l’asservissement de la société.




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    Annonymous
    27 mai 2012 - 19 h 31 min

    Et moi qui prévoyait de
    Et moi qui prévoyait de passer les vacances en Tunisie, c’est raté. Au moins les prix vont baissé pour les gens qui vont s’aventurer.




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    said hadj ahmed
    27 mai 2012 - 19 h 16 min

    les tunisiens doivent se
    les tunisiens doivent se mobiliser et se battre pour endiguer cette menace salafiste, s’ils ne veulent pas vivre la violence islamiste qu’on a vécu en algérie. Les islamistes une fois au pouvoir ne lâcheront plus




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