Meynier accuse El Kabbache d’avoir voulu piéger Harbi

L’historien français de renommée internationale, Gilbert Meynier, dénonce les propos du journaliste et écrivain Jean-Pierre El Kabbache sur Mohamed Harbi et les qualifie de «faux». Dans une lettre adressée le 28 mai à El Kabbache, Meynier prend la défense de Harbi en démentant formellement les déclarations de cet animateur sulfureux selon lesquelles Mohamed Harbi lui aurait affirmé lors d’une discussion en marge de l’émission «Bibliothèque Médicis» du 19 novembre 2011, diffusée sur la chaîne Public Sénat, qu’il était partisan de la violence contre les civils français lors de la lutte armée pour la libération nationale. «J’ai le net sentiment que, lors de l’émission, vous avez peu ou prou voulu le piéger : c’est en enchaînant sur l’action FLN en France que vous lui avez demandé si sa position avait été "la lutte armée". Il vous a, de fait, résolument répondu : "Oui absolument" ; il s’agissait, de sa part, d’une reconnaissance du fait qu’il avait été, devant les blocages et l’épuisement du politique, in fine partisan de cette lutte armée dès avant 1954 ; pour lui, il s’agissait, au fond, d’une action d’ensemble, c’est ce que signifie "absolument"», écrit Meynier à El Kabbache tout en lui rappelant, non sans regrets, une première lettre envoyée le 15 mars dernier et à laquelle il n’a pas répondu. Dans cette lettre, cosignée par plusieurs historiens dont Benjamin Stora, André Nouschi, Raéphaëlle Branche, Sylvie Thénault et Madjid Bencheikh, Meynier avait qualifié d’allégation les propos d’El Kabbache selon lesquels il s’était entretenu après l’émission avec Mohamed Harbi. «Cela est faux», assène Meynier. «Je vous informe sur un point que vous semblez ignorer : Mohamed Harbi résolut de démissionner de la Fédération de France du FLN précisément parce que les actions engagées en France étaient le fait d’un cercle étroit, d’une supra-direction qui s’arrogeait seule le droit de prendre les décisions», précise-t-il, soulignant dans ce contexte que toutes les positions de l’historien algérien tout au long de son itinéraire politique «furent marquées par une priorité accordée au politique et par une hostilité constante à la violence». Selon Meynier, Harbi n’avait pas pu supporter longtemps d’être «solidaire» d’actions dont il n’était pas avisé. D’ailleurs, précise-t-il, c’est pour cette raison qu’il quitta le 25 juillet 1958 la Fédération de France. «Si Harbi fut de toute son âme opposé à des attentats terroristes risquant de toucher des civils, il n’était pas en soi hostile à des actions susceptibles d’affaiblir le potentiel énergétique et logistique de l’adversaire colonialiste contre lequel il s’était engagé», souligne-t-il. En un mot, Gilbert Meynier accuse El Kabbache de vouloir faire dire à Harbi tout le contraire de ses «convictions». Connaissant Mohamed Harbi de longue date, avec lequel il a cosigné des livres sur le FLN et la guerre d’Algérie, Meynier explique la présence de l’historien algérien sur le sol français. Une présence qu’El Kabbache trouve «étrange» pour un ancien combattant du colonialisme et la considérant comme une preuve du «charme» qu’il y a «dans l'air de liberté de la France». Pour Meynier, cette présence est due simplement «aux avanies qu’il a eu à subir du pouvoir de l’Algérie indépendante : suite à son opposition au coup d’État de Boumediene du 19 juin 1965, il fut interné au bagne de Lambèse, puis dans diverses prisons secrètes, cela trois ans durant, enfin assigné à résidence à Timimoum, avant de s’évader en avril 1973 pour gagner la Belgique, puis la France». Gilbert Meynier a affirmé dans sa lettre avoir déconseillé à Harbi de participer à l’émission d’El Kabbache. «J’ai dit en son temps, sans fard, à Harbi qu’il avait eu tort de se laisser entraîner à "Bibliothèque Médicis" pour deviser avec vous : je n’ai aucune envie d’être piégé à mon tour et j’ai d’autres chats – intellectuels et citoyens, s’entend – à fouetter.» Jean Pierre El Kabbache, né à Oran en 1937, a réitéré ses allégations à l’encontre de Harbi lors de sa tournée médiatique en Algérie la semaine dernière.
Sonia Baker

Commentaires

    Patriote
    1 juin 2012 - 20 h 18 min

    Nous étions 7 millions
    Nous étions 7 millions d’Algériens contre la présence coloniale Française en Algérie. (…)
    Nous insistons aujourd’hui à condamner le colonialisme Français qui a durée en Algérie 132 ans. Alors M. El Kabach, vous souteniez toujours le colonialisme, depuis votre fameuse déclaration en 1962, je crois le mois de novembre, vous regréiez ce retour de la souveraineté Algérienne. Et bien vous deverserez votre venin sur le patriote Harbi.




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