Ordures et populisme

Ordures, Alger, incivisme, commune
Les villes algériennes croulent sous la saleté dans l'indifférence totale. New Press

Par Kamel Moulfi – En moins de trois petites minutes, la caméra d’AP-TV a bien résumé la situation dramatique de la capitale livrée à la saleté et à une clochardisation rampante qui a fini par s’installer partout, y compris en son centre. A juste titre, l’incivisme des citoyens est pointé du doigt pour expliquer ce tableau peu reluisant. C’est à croire que les Algériens seraient particulièrement rétifs à la propreté et à l’esthétique des paysages et qu’ils n’aimeraient pas circuler dans une ville propre.

Pourtant, tout le monde sait que, comme leurs compatriotes dans le reste du pays, ils sont d’une rigueur absolue quand il s’agit de soigner leur domicile ; ils ne lésinent ni sur l’eau ni sur un quelconque produit d’hygiène, et encore moins sur l’effort. Comment expliquer ce paradoxe ? En fait, le manque d’éducation a pris le dessus et, avec d’autres raisons qui tiennent du contexte d’ensemble, il pousse à une sorte de désobéissance civile. Le domaine des déchets ménagers n’est pas le seul à en pâtir.

Mais si les citoyens sont totalement impliqués dans cette situation déplorable à cause de leur incivisme, qu’en est-il des autorités ? Les gestionnaires locaux, entre élus et administratifs, n’ont-ils pas leur part de responsabilité ? Sont-ils indifférents, eux-aussi, au sort de leurs communes ? Sans doute pas ! Que font-ils alors pour y remédier ? La gestion d’une commune n’est pas une mince affaire. Elle exige des compétences, des qualifications et des aptitudes qui sont loin d’être partout réunies.

Quand on ajoute le constat de la marginalisation des élites locales indésirables pour des tas de raisons connues, on comprend mieux pourquoi le simple ramassage des ordures devient un problème insoluble. Et il le restera tant que les principaux concernés –citoyens et gestionnaires – persisteront à s’ignorer mutuellement et à se rejeter la balle indéfiniment.

Dans ce qui ressemble à une impasse, la loi est faite pour offrir l’issue de sortie, à condition d’admettre qu’elle est au-dessus de tous et à condition aussi qu’elle soit explicitée à tous ceux, citoyens et élus, appelés à la mettre en application. Alors, le miracle pourrait surgir faisant disparaître le populisme qui, sur fond d’ambitions politiques souvent démesurées, motive le laisser-aller en toutes choses.

K. M.

Comment (8)

    صالح/الجزائر
    2 juillet 2017 - 8 h 15 min

    En 1966 l’Algérie comptait 12 millions habitants , la France , comme exemple , comptait moins de 49 millions .
    En 2016 la population algérienne a atteint 40 millions ( augmentation de plus de 230 % en 50 ans ) , tandis que la France n’a pas dépasse , durant la meme periode de temps , le chiffre de 65 millions (augmentaion de 32 % ) .
    En 1965 le nombre de communes était de 676 .
    En 1983 le nombre a passé à 1541. Depuis cette date le nombre d’APC reste le meme .




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    zaatar
    2 juillet 2017 - 8 h 06 min

    Rien de nouveau. Le comportement incivique de l’Algérien est des plus naturels depuis près d’un demi siècle maintenant. Mais il faut dire qu’il a bien été encouragé dans ce sens. Lorsque l’on ne regarde que ses intérêts en premier, lorsque l’on sait que tout le pays depuis les dirigeants d’en haut jusqu’au citoyen lambda est basé sur le simple mot « ekhtaf » (profites de tout ce que tu peux) il est raisonnable de déduire que chaque citoyen, responsables compris, commence d’abord par sa propre personne, puis sa petite, famille…le reste viendra après tout en ayant dans son subconscient l’égoïsme nécessaire qui dictera le peaufinage de sa conduite. Ainsi, par exemple, on voit tous nos compatriotes cracher presque partout, jeter leurs mégots (pour les fumeurs) et les emballages des produits qu’ils utilisent partout, stationner partout, ériger des marchés partout, voulant passer en premier partout…bref, foutre la merde partout. Ce n’est point nouveau, c’est même la culture du pays et ce n’est pas prêt d’être fini.




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    MELLO
    2 juillet 2017 - 0 h 28 min

    Effectivement , c’est un paradoxe, autant les Algériens sont méticuleux a l’intérieur de leur domicile, autant l’environnement extérieur est exécrable . La situation peut s’expliquer des lors que l’Algérien est contre tout ce qui est Etat. Confusion entre Etat et pouvoir, pour le citoyen c’est du pareil au même, donc on salit ce que l’Etat prend en charge, pour lui exprimer notre mécontentement et notre refus de collaborer avec lui. La responsabilité n’est pas seulement du coté du citoyen , mais aussi des services communaux qui ne font pas totalement leur travail. Il est insensé d’abandonner des emplacements d’ordures parce que le le citoyen ne respecte pas l’heure de passage, les passages des services se font autant de fois que des ordures s’amoncellent. Si l’incivisme a pris de l’ampleur, c’est parce que les verbalisations n’existent pas.




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    Cheikh kebab
    1 juillet 2017 - 22 h 41 min

    Les médias par exemple ne jouent pas leur rôle: sur ennahar( que je déteste) et chourouk on montre c cité pleines d’ordures et les citoyens qui se plaignent mais l’animateur ne leur pose jamais la question : » mais qui jettent c ordures? c vous,c pas tombé du ciel! » »
    Enfin le niveau est très bas dans tous les domaines,on se demande ce que font nos universités!




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    lhadi
    1 juillet 2017 - 13 h 46 min

    La vertu et le courage sont les fondements de la prospérité sociale.

    Le moyen privilégié pour y accéder sera, là aussi, l’instruction puisque l’ignorance est à l’origine de tous les maux qui corrompent la société. Mais, l’ignorance morale est désastreuse car elle ne traduit pas un défaut de l’entendement mais du coeur.

    Entre l’instruction qui ouvre les portes des sciences et des arts et l’objectif de l’éducation qui doit être de rendre les citoyens utiles et bons, il faut qu’il y ait une forme d’instruction qui se préoccupe d’enseigner la vertu.

    L’être humain se perfectionne physiquement avec l’instruction ; l’instruction perfectionne la raison, le coeur et même la volonté qui, avec l’instruction, ne sera pas moins libre, mais plus éclairée.

    C’est dans ce « savoir faire » particulier qui tient beaucoup de l’art et qui, d’une certaine manière, appartient à l’ordre de la sagesse que situe l’espace de l’éducation.

    L’éducation est la charnière qui doit orienter l’instruction vers la vertu.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected]




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    ALG
    1 juillet 2017 - 13 h 40 min

    ils ne sont ni plus sales ni plus propres que les autres; le ramassage des ordures dans tout les pays du monde se paye (…), aucun gouvernement ne va oser appliquer ces taxes, du coup ces ramassages sont fait avec la rente des hydrocarbures qui fait face a plein de charges (hôpitaux, école, sécurité, justice…) car tout est gratuit en Algérie pour les riches comme les pauvres.
    Pour que les choses changent , il faut des médias animés par l’intérêt général soutiennent les bonnes mesures et soient des pédagogues pour les citoyens. (…)
    Même quand des candidats au bac arrive en retard , c’est au gouvernement qu on s’en prend, pas aux retardataires. Quel gouvernement peut gouverner dans ces conditions?? les algériens doivent se réveiller (…)




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    Danya Rouk
    1 juillet 2017 - 13 h 39 min

    Bjr et merci Algérie Patriotique et Kamel Moulfi pour cet article sur la propreté en Algérie, grace aux médias, nous pouvons mobiliser les citoyens a un peu de civisme. le pouvoir doit prendre ses responsabilités et pénaliser les sociétés privées de nettoyages et ramassages d’ordures qui ne font pas leur travail correctement. Il faudrait aussi verbaliser par une amende ou service civique tous les citoyens qui jettent leurs ordures n’importe ou. L’Algérie est devenue une benne a ordures a ciel ouvert, le littoral est devenu un ramassis de maladies infectieuses (…) Il faut d’urgence une police d’hygiène pour mettre des amendes et sécuriser les plages, les rues, le voisinage avant que cela ne devienne un bidonville digne de la « Somalie » . Merci a tous nos compatriotes de prendre conscience qu’il y a danger pour leur vie et celle de leurs enfants de vivre entourés d’ordures. Cordialement.




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      bird
      1 juillet 2017 - 16 h 49 min

      Les amas d’ordures ,la saleté ,les sacs platiques qui volent ,le linge aux fenêtres ,les paraboles accrochées partout ,les immeubles inachevés ,les marchandises en plein soleil ,parfois au sol ,c’est le dépaysement pour les touristes et les émigrés qui reviennent au pays ,au moins on n’est pas regardé de travers ou verbalisé si on jette ses emballages au sol ,on peut fumer partout sans craindre des amendes ,après les carcans en Europe on eprouve un véritable sentiment de liberté et c’est très bien ainsi .




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