Du journalisme à l’envers

Inventé par les mastodontes de l’audiovisuel, le recours à des citoyens lambda pour la couverture d’événements dans des zones à risque est en train de tuer le métier de journaliste à petit feu. Avant, une information devait être recueillie par un professionnel qui devait se conformer à mille et une règles, au premier rang desquelles sa véracité indubitable, avant de la remettre à la hiérarchie. Celle-ci, une fois obtenue, passait par plusieurs responsables qui la vérifiaient sous toutes les coutures avant de la diffuser, après s’être bien assurés au préalable qu’elle répond aux fondamentaux du métier d’informer. Depuis les événements du monde arabe, cette rigueur et ce sérieux ont cédé la place à l’à-peu-près et à la précipitation, dans une course effrénée à la primeur. France 24, Al Jazeera, Al Arabiya, pour ne citer que ces trois chaînes à forte audience, faute d’aiguiller une opinion déboussolée, ont basculé dans la fantaisie, se perdant dans des reportages passionnés qui, s’ils ne déforment pas les faits, leur ôtent en tout cas toute crédibilité. N’importe qui peut dire n’importe quoi et aux présentateurs surmaquillés, ensuite, de farder le mensonge pour la rendre moins odieux. Un rapport interne de la chaîne britannique BBC n’a-t-il pas révélé que le devoir de l’objectivité n’avait pas été respecté lors de la couverture des soulèvements arabes ? Au lieu de faire leur autocritique, ces grandes chaînes de télévision à la réputation entamée continuent de faire passer pour vrais des images pourries et des pétards mouillés que n’importe qui peut bricoler en parfait amateur et fourguer à des rédactions… professionnelles.
M. Aït Amara
 

Commentaires

    DMX23
    29 juin 2012 - 23 h 45 min

    toute ces chaines ne sont que
    toute ces chaines ne sont que des outils de propagande ils n’ont rien a voir avec le noble metier du journalisme




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