Nedjma accuse Djezzy de concurrence malsaine et l’ARPT d’immobilisme

«La concurrence est limitée par des problèmes structurels sérieux et l’absence de mesures réglementaires appropriées», a souligné le PDG de Nedjma dans un communiqué rendu public, aujourd’hui, en réponse aux réactions de l’ARPT et de Mobilis à une précédente déclaration. Joseph Ged a, en outre, précisé que Nedjma a saisi l’Autorité de régulation à de nombreuses reprises, et ce, depuis 2007, «pour solliciter la mise en œuvre de mesures identiques sans retour concret alors que l’ARPT avait elle-même initié une telle démarche en constatant les pratiques abusives de l’opérateur dominant (Djezzy, ndlr) et que l’arsenal juridique et réglementaire existe». «Cette intervention est indispensable pour rétablir les conditions d’une concurrence saine et loyale et protéger les consommateurs contre les effets boomerang», ajoute le communiqué de Nedjma, qui explique qu’il entendait par «rééquilibrer le marché», la mise en place d’un «environnement concurrentiel permettant à tous les opérateurs de créer de la valeur et protéger la liberté des consommateurs de choisir librement leur opérateur aujourd’hui comme demain tout en gardant le même numéro». Le communiqué fait remarquer que «l’ARPT a constaté la situation de dominance en se fondant principalement sur le critère du chiffre d’affaires dans sa décision du 7 février 2007. Cette analyse n’a jamais été remise en cause. Aujourd’hui encore, la valeur globale du marché est fortement concentrée au profit de l’opérateur dominant Orascom Telecom Algérie».
Dénonçant «l’écart substantiel entre le faible niveau des investissements et la croissance massive du nombre d'abonnés de l'opérateur dominant», Joseph Ged estime que cela «démontre que l’évolution des parts de marché n’est plus liée aux investissements réalisés, ni à la performance commerciale, mais uniquement à la capacité de l’opérateur dominant de renforcer sa puissance au travers des pratiques abusives». Il prend l’exemple du Maroc et de la Tunisie où «des mesures très contraignantes ont récemment été imposées aux opérateurs dominants pour rééquilibrer le marché». Il se réfère également à l’Europe où «de tels mécanismes existent depuis au moins 2002». «Partout où elles ont été mises en œuvre, les mesures de rééquilibrage ont fortement dynamisé la concurrence en mettant fin à des rentes réglementaires pour protéger le libre choix des consommateurs», note encore le PDG de Nedjma, qui se dit décidé à poursuivre la mise en œuvre de ces mesures «comme le prévoit la réglementation applicable en Algérie car la structure actuelle du marché ne résulte pas d’une concurrence saine».
Lina S.
 

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