Ouyahia : «J’ai échoué»

Si le signe distinctif d’un homme d’Etat est de reconnaître ses échecs, alors Ahmed Ouyahia en est un, assurément. Selon le quotidien El Khabar, il vient de déclarer publiquement qu’il n’a pas été en mesure de faire face efficacement aux problèmes que rencontre le citoyen, alors qu’il était un des plus hauts responsables de la gestion des affaires du pays. Il a fait cet aveu, vendredi, à Adrar, très loin de la capitale où il siégeait en tant que Premier ministre, et devant une foule de gens venus écouter le secrétaire général du RND. Ahmed Ouyahia révèle également avoir pris connaissance de situations où l’Algérien a été contraint de payer 2 000 DA pour avoir un extrait de naissance. Corruption et bureaucratie, on le sait, font bon ménage et Ahmed Ouyahia, pourtant réputé pour sa sévérité et sa rigueur, n’a pu en venir à bout, c’est lui qui le confesse. Un autre signe distinctif de l’homme d’Etat est sans doute de prendre ses responsabilités, c'est-à-dire de situer les blocages à sa politique, de les dénoncer publiquement, d’agir pour les enlever ou alors démissionner. Cette culture n’existe pas chez la majorité de nos hommes politiques, or, c’est elle qui fait l’homme d’Etat. L’actualité nous a récemment donné l’occasion de le vérifier. Dans la salle de conférences du Club des Pins, pour le centre du pays, et dans d’autres salles à Constantine et Oran, membres du gouvernement et walis ont été réunis pour discuter de la relance du service public. A part, peut-être, quelques rares exceptions, tous ceux qui ont participé à ces réunions sont aux commandes des affaires du pays, à divers niveaux, de longue date. Mais leurs discours semblaient venir de personnes qui découvraient pour la première fois l’état de délabrement du service public en Algérie et la dégradation de l’environnement (saleté, nuisances et autres) partout. On n’a pas entendu une seule explication de cette situation impliquant ces responsables, ni sous forme de critique, ni, encore moins, sous forme d’autocritique. C’est toujours la faute aux autres ou à personne.
Cherif Brahmi
 

Commentaires

    Lemajd
    21 octobre 2012 - 22 h 41 min

    Nous avons tous échoué,et on
    Nous avons tous échoué,et on contunie.Une histoire : « Un renard pris au piege ,s’est débattu longtemps sans pouvoir desserer le piege,s’est finalement endormi à côté tout en pensant qu’il va se reveiller et se ne sera qu’un cauchemard » et la moral de tout ça ,à quand le reveil ?




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