La France exaspérée par les atteintes aux droits de l’Homme au Qatar

Dans son entretien, dimanche 9 décembre, avec Le Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, n’a pas mis sa langue dans sa poche – selon l’expression qu’il a lui-même utilisée – pour interpeller en termes peu diplomatiques l’émir du Qatar sur la situation de Mohammed Al-Ajami, le poète qatari qui a été condamné la semaine dernière à la perpétuité parce qu'il avait fait un poème intitulé «Nous sommes tous la Tunisie, face à une élite répressive». Laurent Fabius admet que la France souhaite bénéficier d’une partie des 50 milliards de dollars de ressources que dégage le Qatar – il en parle comme s’il avait des droits sur ces ressources – et qui sont partagés entre les besoins internes en équipement de l’émirat et ses investissements à l’étranger. Oui, le Qatar investit dans les PME en France, mais, ajoute le ministre, «s'en prendre à des poètes, ce n'est pas ce que souhaite ni ce qu'admet la démocratie française». Il dit avoir fait entendre ce message à l’émir du Qatar avec qui il en a parlé. Les observateurs au fait des relations entre les deux pays voient dans les propos acerbes de Laurent Fabius à l’endroit de l’émir Hamad Bin Khalifa Al Thani le signe de l’échec de la tentative du Qatar d’acheter avec ses pétrodollars le silence des pays occidentaux sur les atteintes aux droits de l’Homme dans l’émirat. Ils sont convaincus que le Qatar ne s’aventurerait jamais à prendre des mesures de rétorsion, comme, par exemple, le retrait de ses investissements car, expliquent-ils, la France qui traverse une crise économique très sévère ne lui pardonnerait pas ce geste qui aggraverait la crise. Ce n’est pas tout, si la France se permet de mordre la main pleine de milliards de dollars que lui tend l’émir, c’est aussi, selon ces observateurs, parce que les services de renseignements français ont des dossiers solides sur l’implication de Qatar dans les troubles qui agitent les pays arabes et surtout dans la situation créée au Nord-Mali, c'est-à-dire aux frontières de l’Algérie. En juin dernier, des «fuites» ont permis à l'hebdomadaire français Le Canard enchaîné de révéler ce qui suit : «Selon les renseignements recueillis par la DRM, les insurgés touareg du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ançar Dine, Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest) ont reçu une aide en dollars du Qatar». Le Canard enchaîné a fait ressortir l'implication du Qatar dans la «capture» du Nord-Mali par plusieurs mouvements djihadistes». Ce qu’a publié Le Canard enchaîné, à propos du financement qatari des groupes terroristes qui occupent le Nord-Mali, ne serait, d’après les observateurs bien informés, qu’une partie de ce que savent les services français sur les agissements de cette monarchie du Golfe.
Kamel Moulfi
 

Comment (3)

    salim
    17 décembre 2012 - 18 h 13 min

    A ces messieurs en France,
    A ces messieurs en France, vous êtes déjà à genoux devant le Qatar.
    Quoique vous disiez, ou faites ce n’est que du vent, et brassage pour la galerie.




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    Maysar
    13 décembre 2012 - 21 h 45 min

    Il ne faut pas trop
    Il ne faut pas trop s’inquièter pour la France . Un Qatar aussi grand qu’un département Français n’a aucune chance d’imposer quoi que ce soit à la 5eme puissance mondiale !
    Ils ont juste besoin de leurs dollars que les Bédouins d’Arabie dépensent sans compter !




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    Raselkhit
    12 décembre 2012 - 11 h 24 min

    Comme à leur habitudes les
    Comme à leur habitudes les médias français ne diffusent que ce qui les interresse La collusion avec les services Qatari ne datent pas d’aujourd’hui puisque déjà les services français ont été piégés par les Qatari quand ils leur ont fait monté une opération des services spéciaux pour soi disant libérer les otages français et ce n’était que pour leur faire attaquer l’Algérie pour « une erreur de tir »




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