Ils ne lâcheront pas

La décision courageuse du Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, de former un gouvernement de technocrates exclusivement, a eu valeur de test concernant la position des islamistes d’Ennahda sur la question du pouvoir. En faisant défiler sur l'avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, ses partisans, Ennahda a confirmé ce que l’on savait déjà : Rached Ghannouchi ne lâchera pas le pouvoir. Son seul et unique objectif était d'y arriver et il fera tout pour s'y maintenir, quitte à mettre en péril la sécurité dans le pays. On s’y attendait. Mais la manifestation d’hier a fait ouvrir les yeux à ceux qui ne voulaient pas voir la réalité sur un autre fait : Ghannouchi est plus proche des salafistes – ou du moins est leur «otage» –, que des modérés d’Ennahda plus ouverts sur le monde d'aujourd'hui. Hamadi Jebali estime qu'un cabinet «apolitique» est la seule solution pour sortir la Tunisie de la crise politique, aggravée par l’assassinat du militant de la gauche tunisienne, Chokri Belaïd, le 6 février. «Ennahda ne cédera jamais le pouvoir», a répondu Ghannouchi. Il prétend «bénéficier de la confiance du peuple et de la légitimité des urnes». Mais sa démonstration de force a montré plutôt ses faiblesses. Les manifestants, ramenés par bus des quatre coins du pays, certains brandissant l’étendard de la mouvance salafiste, ont été moins nombreux que les Tunisiens qui sont sortis dans la rue en hommage à Chokri Belaïd le jour de ses obsèques. Les observateurs sont unanimes à le constater. La tactique archi-usée des islamistes consistant à rassembler le maximum de gens et les faire marcher, étendards déployés et avec force slogans, pour faire croire que le peuple les soutient, a échoué samedi à Tunis. Les démocrates et toute la Tunisie antisalafiste peuvent être confiants dans l’issue de la lutte qu’ils mènent pour les libertés et la justice.
Kamel Moulfi

Comment (2)

    Maysar
    17 février 2013 - 23 h 33 min

    C’est aussi un conflit larvé
    C’est aussi un conflit larvé entre le chef du gouvernement et le parrain d’Ennahda . Cette manoeuvre de Jebali n’est pas dénuée de toute arrière pensée . En proposant ce gouvernement  » apolitique  » qui sera bien sur sous la coupe d’Ennahda , Jebali vise deux objectifs : Sauver la coalition gouvernementale dont il est le chef , et par la même protéger Ennahda son parti , contre tout retournement de la situation par la rue . Le deuxième objectif c’est de permettre à ce chef de gouvernement de se forger une stature de leader et surclasser son chef Ghannouchi ,dans la perspective des prochaines présidentielles tunisiennes !




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    Nawfel Jrad
    17 février 2013 - 10 h 27 min

    Exactement: « SES Faiblesses »
    Exactement: « SES Faiblesses » et celle de son parti.




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