Justice sans verdict

Les affaires de corruption et de détournement envahissent l’espace public, et les juges algériens semblent ces jours-ci débordés par les piles de dossiers qu’ils sont appelés à traiter ou à réviser, c’est selon : affaire Sonatrach 2, affaire El-Khalifa Bank, des scandales moins médiatisés, mais non moins scabreux… Mais à l’arrivée, si peu de verdicts, si peu de décisions, voire aucune, alors qu’on nous a promis que l’Etat «n’hésitera pas à demander des comptes à toute personne coupable aux yeux de la loi, tout en veillant à recouvrer les droits spoliés» (Bouteflika, discours du 24 février). On a même l’impression que les juges sont devenus encore plus frileux, voire plus indécis, car sentant sans doute plus le poids de la responsabilité dans une conjoncture marquée par l’incertitude et le manque de perspectives politiques. De report en report, un procès comme celui d’El-Khalifa Bank finit par lasser les Algériens et leur faire perdre totalement confiance dans leurs institutions. A suivre la célérité avec laquelle dans certains pays des affaires de malversation, nettement moins préjudiciables à la collectivité, sont prises en main par les juges, mais aussi par les plus hautes autorités – on pense à l’affaire Cahuzac, en France –, on sent tout le retard qui nous reste à rattraper en matière de transparence, de justice et de démocratie.
R. Mahmoudi
 

Comment (2)

    Ezzine
    5 avril 2013 - 16 h 46 min

    Ne faut-il pas seulement
    Ne faut-il pas seulement faire constater que la célérité, Les efforts et les résultats qu’obtiennent régulièrement avec les moyens de bord les services de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions peuvent devenir caducs si la Justice et ses juges ne suivent pas le rythme intense de cette activité remarquable.
    Ou encombre-t-on exprès ces juges par plusieurs affaires de justice dans le but d’en faire ravir d’autres ?
    Sans parler des délits divers, parlons-en un peu des crimes : (l’amoncellement des années durant de dossiers de corruption sur le bureau des juges chargés de les instruire, la souffrance des sentences de rapts et d’assassinats d’enfants, des crimes crapuleux et des règlements de compte en plein jour,…). S’agit-il d’incompétence, de manque de moyen, de complaisance ou d’une politique savamment organisée dans des buts occultes.
    Sinon où sont donc passés les résultats positifs des affaires conduites par les services de sécurité et qui sont présentés devant la justice. Combien faut-il de temps pour le citoyen d’obtenir le droit de savoir le sort qui a été réservé à ces assassins, et avant lui les membres de ces mêmes services de sécurité lesquels se sont donnés le meilleurs d’eux même pour les faire couronner de succès. N’aimeraient –ils pas savourer moralement l’aboutissement positif de leur labeur ?
    Certaines affaires, n’ayant rien avoir avec la raison d’Etat, ne sont-elles pas souvent aussi jetées à tort ou à raison dans les oubliettes pour les mêmes raisons ? Des affaires publiques de droit et de justice toujours en souffrance ne sont-elles pas inscrites comme telle ?
    Le moral des uns et des autres ne risque-t-il pas dans ces conditions de s’éroder au fur et à mesure par la nonchalance et/ou la souffrance de ces dossiers judicaires aussi sensibles. Ne touchent-ils pas directement l’état d’esprit des citoyens honnêtes. Le droit et le devoir dans le pays dans ces conditions, peuvent-ils encore avoir leur place pour faire régner la justice dans le pays ?




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    Ezzine
    5 avril 2013 - 15 h 14 min

    Ne faut-il pas seulement
    Ne faut-il pas seulement faire constater que la célérité, Les efforts et les résultats qu’obtiennent régulièrement avec les moyens de bord les services de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions peuvent devenir caducs si la Justice et ses juges ne suivent pas le rythme intense de cette activité remarquable.
    Ou encombre-t-on exprès ces juges par plusieurs affaires de justice dans le but d’en faire ravir d’autres ?
    Sans parler des délits divers, parlons-en un peu des crimes : (l’amoncellement des années durant de dossiers de corruption sur le bureau des juges chargés de les instruire, la souffrance des sentences de rapts et d’assassinats d’enfants, des crimes crapuleux et des règlements de compte en plein jour,…). S’agit-il d’incompétence, de manque de moyen, de complaisance ou d’une politique savamment organisée dans des buts occultes.
    Sinon où sont donc passés les résultats positifs des affaires conduites par les services de sécurité et qui sont présentés devant la justice. Combien faut-il de temps pour le citoyen d’obtenir le droit de savoir le sort qui a été réservé à ces assassins, et avant lui les membres de ces mêmes services de sécurité lesquels se sont donnés le meilleurs d’eux même pour les faire couronner de succès. N’aimeraient –ils pas savourer moralement l’aboutissement positif de leur labeur ?
    Certaines affaires, n’ayant rien avoir avec la raison d’Etat, ne sont-elles pas souvent aussi jetées à tort ou à raison dans les oubliettes pour les mêmes raisons ? Des affaires publiques de droit et de justice toujours en souffrance ne sont-elles pas inscrites comme telle ?
    Le moral des uns et des autres ne risque-t-il pas dans ces conditions de s’éroder au fur et à mesure par la nonchalance et/ou la souffrance de ces dossiers judiciaires aussi sensibles. Ne touchent-ils pas directement l’état d’esprit des citoyens honnêtes. Le droit et le devoir dans le pays dans ces conditions, peuvent-ils encore avoir leur place pour faire régner la justice dans le pays ?




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