La confidence de Saïdani : «Bouteflika n’a toujours pas retiré le formulaire de candidature»

Lors de la réunion des mouhafedhs, tenue aujourd’hui dimanche au siège national du parti à Hydra, le secrétaire général du FLN, Amar Saïdani a fait cette confidence en off : «Le président n’a toujours pas retiré le formulaire de candidature.» Ce qui contredit l’information rapportée dans le site officiel même du FLN, et prouve, à l’occasion, que Saïdani commence réellement à douter. Autre signe d’incertitude dans le camp de la direction actuelle du parti, la diffusion le jour même d’une étrange directive à travers laquelle Saïdani exhorte l’ensemble des structures du parti à «clore la polémique» née de ses propres déclarations sur l’institution militaire, et évoquant une instruction du président d’honneur du parti qui n’est autre que le président de la République. Dans cette note datée du 16 février, le chef contesté du FLN rend hommage à l’ANP et loue «son rôle d’avant-garde». Revirement tactique ou suicide politique de Saïdani ? D’aucuns, au sein de l’ex-parti unique, estiment que leur chef autoproclamé cherche, pour l’instant, à échapper au «purgatoire» que lui réserve le comité central par des actions dilatoires. Ne pouvant pas réunir l’instance de souveraineté du parti, il s’en va chercher le soutien des groupes de cadres et d’élus, qu’il réunit séparément, pour les sommer de signer des déclarations de soutien à la direction actuelle, et par ricochet, à sa personne. Après une première motion signée par une quarantaine de cadres, dont des députés et de sénateurs, 54 mouhafedhs viennent de lui prêter allégeance, sur les 57 que compte le parti (en l’absence des responsables de Ghardaïa, Illizi et Adrar). Mais ses adversaires au sein du parti l’attendent de pied ferme et continuent à réclamer une session extraordinaire du comité central, seule, selon eux, à même de départager les voix et de provoquer enfin la décantation. Acculé, Amar Saïdani cumule les errements politiques qui en disent long sur la vulnérabilité de sa position et sa cécité politique, en fait. En reportant une fois de plus la conférence prévue le 22 février des jeunes cadres du parti, en attendant une hypothétique annonce de la candidature de Bouteflika à l’élection présidentielle du 17 avril, il confirme qu’il n’est pas tout à fait sûr que le chef de l’Etat va se porter candidat au scrutin.
R. Mahmoudi
 

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