Selon Human Rights Watch : le FBI a poussé des Américains musulmans à commettre des attentats

L'organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) vient de lâcher une véritable bombe. Dans un rapport exhaustif publié aujourd’hui, elle révèle comment le FBI a «encouragé, poussé et parfois même payé» des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats au cours d'opérations de filatures clandestines, montées de toutes pièces après le 11-septembre. Dans de nombreuses affaires, plus de 500 selon HRW, «le ministère américain de la Justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l'appartenance religieuse et ethnique». HRW fournit plusieurs exemples qui font froid dans le dos. Cette ONG s’est penchée sur 27 affaires, de l'enquête au procès, en passant par l'inculpation et les conditions de détention. Elle dit avoir entendu 215 personnes, entre inculpés, leurs proches, avocats, juges ou procureurs. «Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi, en leur suggérant l'idée de commettre un acte terroriste», souligne-t-on dans ce rapport qui met au grand jour les méthodes peu amènes et les grosses manipulations de ses différents services de sécurité américains dans le domaine du terrorisme. La moitié des condamnations résulte de coups montés ou guet-apens. «On a dit aux Américains que leur gouvernement assurait leur sécurité en empêchant et en punissant le terrorisme à l'intérieur des Etats-Unis», a déclaré Andrea Prasow, l'un des auteurs du rapport, précisant que quand on y regarde de plus près, on réalise que nombre de ces personnes n'auraient jamais commis de crime si les forces de l'ordre ne les avaient pas encouragées, poussées et, parfois même, payées pour commettre des actes terroristes. Le rapport cite, entre autres, les quatre de Newburgh, accusés d'avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine, alors que le gouvernement avait, selon un juge, «fourni l'idée du crime, les moyens et dégagé la voie» et transformé en «terroristes» des hommes «dont la bouffonnerie était shakespearienne». Pour mieux réussir ses «coups fourrés», le FBI ciblait des personnes vulnérables, souffrant de troubles mentaux et intellectuels. Le cas le plus édifiant, c’est celui de Rezwan Ferdaus, condamné à 17 ans de prison à l'âge de 27 ans pour avoir voulu attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d'explosifs. Un agent du FBI avait dit de Ferdaus qu'il avait «de toute évidence» des problèmes mentaux, mais le plan avait été entièrement conçu avec le policier infiltré. Le FBI comme la CIA et d’autres agences de sécurité américaines sont réputés pour leur travail de conditionnement et de manipulation pour créer des crises favorables à la politique extérieure américaine. Les Américains ont déjà reconnu avoir créé la nébuleuse d’Al Qaïda, en formant et armant ses troupes. HRW jette par son rapport un autre pavé dans la mare pestilentielle de la politique sécuritaire américaine. Il est ainsi légitime de se demander si le nouvel Etat islamique créé en Irak et qui s’installe également en Syrie n’a pas été également encouragé par les services secrets américains.
Rafik Meddour
 

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