Sans voix ni loi

Par R. Mahmoudi – Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Communication, l’ex-chargé de la propagande chez Djezzy, Hamid Grine, fait de la «professionnalisation» et de la «moralisation» de la presse écrite son cheval de bataille. C’est à croire que c’est la seule mission dont il est chargé. Pour cela, il a trouvé dans certains titres, parmi les moins professionnels et les moins respectueux de l’éthique et de la déontologie du métier, les meilleurs soutiens. On peut, à la limite, comprendre l’intérêt de ces journaux pour une reconfiguration du paysage médiatique qui leur serait favorable ou pour un nouveau partage de la rente, tel que prescrit dans la «feuille de route» que porte Grine. Mais ce qu’on ne comprend pas, c’est cette focalisation insensée, dans une République, sur un segment, un seul, au détriment de tout le reste du secteur. On a vu les journalistes de l’ENTV s’insurger, récemment, contre la gestion de leur entreprise et dénoncer un «verrouillage» incompréhensible dans un monde globalisé et numérisé, mais le ministre n’a soufflé mot. Tout le monde connaît le poids de la censure et de l’autocensure qui étouffe les Radios nationales et locales, la misère qui frappe les organismes publics qui gèrent le secteur du cinéma et de l’audiovisuel, et le grand esprit d’éthique et d’ouverture qui a prévalu à la mise en place, sous son règne, de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel. Pourquoi seule la presse écrite devrait relever son niveau de professionnalisme ? Alors qu’il est clairement plus facile, pour le ministre, de faire appliquer ses orientations aux gens de la télévision et de la radio et de leur demander d’être «plus audacieux et plus agressifs» dans le traitement de l’information, comme il ne cesse de le demander aux journalistes et éditeurs de la presse écrite. Mais il ne le fait pas. Il n’en parle d’ailleurs jamais. Est-ce parce que le système de verrouillage à l’ENTV et l’ENRS est trop complexe, ou tout simplement parce que ces deux citadelles ne sont pas inscrites sur sa tablette ? Sans doute pour les deux raisons à la fois. Alors, à quand un ministre de la Télévision et de la Radio nationales ?
R. M.
 

Comment (3)

    karimdjazair
    14 novembre 2014 - 8 h 39 min

    On a besoin d une presse
    On a besoin d une presse libre diversifiée, on a besoin de contradictions d autres sons de cloche etc. Les algériens ne sont pas si naifs que cela, et savent faire preuve de discernement.

    Pour autant dans un cas comme un autre, nous n avons ni besoin de beni oui ouisme, ni encore de redactions influencées depuis l extérieur.

    Je suis personnellement pour la liberté de la presse, et le seul juge, c est le lecteur, si une littérature ne l interesse pas, il ne l achetera pas.




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    Serment
    13 novembre 2014 - 11 h 54 min

    Le clan est dans une logique
    Le clan est dans une logique de survie. Le système dans lequel ses membres et ses affidés évoluent s’est effondré sans qu’ils ne réalisent la situation de façon effective. Le bon sens n’étant pas leur apanage, ils vivent la réalité en différée qu’en bien même la lame est sur le point de trancher leurs tètes de leurs socles. Ils pratiquent le mal à l’exagération et par jouissance ; ils le payeront au centuple même si le ciel doit s’écrouler.




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    knew kid
    13 novembre 2014 - 9 h 23 min

    Le nouveau « Moise » des
    Le nouveau « Moise » des temps moderne, avec sa tablette et lois nouvelles descendues de son maitre, Monsieur Grine ouvrira-t-il une voie de salut et sauver de la tempête imminente sa camarilla.




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