La leçon des émeutes

Par Kamel Moulfi – L’Etat de droit est vidé de son sens, c’est une évidence quand on voit ce qui se passe localement un peu partout dans notre pays. Contournée ou carrément ignorée, la loi n’est pas appliquée quand les intérêts de maffias, qui ne se cachent plus, l’exigent. Le discours officiel sur la «démocratie participative» ressassé à chaque occasion n’a aucune consistance sur le terrain. Au contraire, l’arbitraire reste le mode de gestion locale qui domine et on comprend pourquoi les avis différents, s’ils sont consultés, vont contrarier les appétits des maffias dont le principal argument est «sonnant et trébuchant». Quand la goutte de plus fait déborder le vase du mécontentement, et cela arrive à chaque instant, c’est ce qui se passe à Bejaïa et à Touggourt en ce moment, c’est l’émeute, puis la répression, et le climat de tension s’installe pour longtemps. Les policiers ramenés pour rétablir l’ordre savent que les solutions sont ailleurs – dans l’écoute des citoyens et la prise en considération de leurs doléances –, ils savent aussi que les infractions à la loi ont commencé d’abord au niveau des autorités locales, mais ils ne peuvent rien à ce niveau. Ils sont appelés à intervenir «après», et les victimes, il y en a toujours inévitablement, des morts et des blessés comme à Touggourt, les arrestations, tout est mis sur le compte de la police. Parfois le remède pour calmer la colère des citoyens est vite trouvé et appliqué sur le champ : distribution de lots à bâtir disponibles ou enveloppes financières à répartir. Mais la paix sociale n’est pas toujours aussi facile à acheter : le logement, par exemple, ne peut pas surgir instantanément ni l’emploi, des besoins essentiels qui se sont accumulés du fait d’un retard diversement expliqué. Face à cette situation de pourrissement, la démocratie locale est irremplaçable. Les citoyens doivent être consultés sur les questions qui les concernent, surtout quand elles ont un impact sur la vie quotidienne, et ils doivent être associés à l’élaboration et à la mise en œuvre des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent. C’est l’intérêt du citoyen qui doit primer sur tout le reste. Sinon, ce sont les routes coupées, les pneus brûlés, les sièges des institutions locales assiégés. C’est cela la leçon des émeutes sociales.
K. M.
 

Comment (10)

    Anonyme
    2 décembre 2014 - 22 h 05 min

    LU SUR A(…)
    ___
    Décès de

    LU SUR A(…)
    ___

    Décès de l’inspecteur général des finances (IGF) à Paris
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    (…)L’inspecteur général des finances (IGF) au ministère des finances, D. R. est décédé ce mardi dans la capitale française à la suite d’une crise cardiaque. Le numéro trois du ministère des finances a été évacué il y’a quelques jours d’Alger vers Paris à bord d’un avion sanitaire après avoir été victime d’un malaise cardiaque. Il a été rapatrié ce mardi à 18 heures à Alger.

    C’est le deuxième haut fonctionnaire algérien, après le wali de Annaba Mohamed Mounib Sendid à être évacué en France en une semaine. ce dernier se trouve en soins intensifs à l’hôpital privé Montsouris dans le 14 ème arrondissement de Paris et son état semble ne plus susciter d’inquiétudes selon ses médecins.

    Ces évacuations sanitaires vers la France posent la question des hôpitaux et de la prise en charge en Algérie. Le gouvernement démontre par cette pratique qu’il existe une médecine à deux vitesses : une pour l’Algérie d’en haut, celle de tenants du pouvoir et des hauts fonctionnaires et l’autre pour l’Algérie d’en bas celle des simples citoyens qui n’arrivent même plus à se soigner convenablement et dignement dans les structures hospitalières algériennes qui sont devenues des mouroirs.

    C’est une honte sans fin pour les autorités du pays qui sont incapables d’assurer le bien être des algériens malgré les centaines de milliards de dollars qui inondent notre pays.
    (…)




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    Anonyme
    2 décembre 2014 - 15 h 40 min

    c’est le résultat de la
    c’est le résultat de la politique menée depuis 99 :
    le sultan veut exercer tous les pouvoirs à sa guise ;
    du reste il n’en a cure :c’est le problème des autres ;
    le règlement des comptes a des répercutions impossibles à prévoir ; les passe droits ,la hogra ,le non droit ,le vol ,l’injustice ,le sectarisme provoquent l’émeute dont on charge les forces de l’ordre qui ne sont pas outillées pour la négociation et les éventuelles mesures nécessaires pour « calmer » les situations ;
    le clan semble préparer des « bombes à retardement » à laisser aux successeurs lorsqu’il sera contraint de déguerpir ,sa fin étant inéluctable et proche ,in chaa allah .




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    selecto
    2 décembre 2014 - 15 h 36 min

    @ Par Mezzanine amok (non
    @ Par Mezzanine amok (non vérifié) | 2. décembre 2014 – 15:02

    Je vis en France et je confirme vos dires, nous voyons les mêmes responsables qui font le va et vient dans les institutions algériennes en France.

    Lors du dernier « remaniement » diplomatique j’ai été très surpris de voir l’ex régisseur de l’ambassade d’Algérie des années 2000 nommé consul à Saint Etienne, un autre consul qui était en Région parisienne avant d’être nommé dans une autre ville de province est nommé à Dakar au Sénégal.

    Toujours les même protégés qui se distinguent par leurs légèretés et incompétences mais brillent par leur ventrisme.

    Ils n’attendent que la fin de leurs missions pour quitter l’Algérie définitivement comme c’est le cas de l’ex directeur du centre culturel algérien et ex directeur général de l’institut du monde arabe qui vit aujourd’hui entre la France et le Maroc.

    Nous sommes tristes pour nos jeunes diplomates qui ne demandent qu’à servir la patrie mais qu’on maintiennent marginalisés et méprisés par jalousie pour leurs compétences au MAE.




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    La sentinelle est-ouest
    2 décembre 2014 - 15 h 18 min

    Le probleme de l’Algerie est
    Le probleme de l’Algerie est que le pays n’a jamais été vraiement gouverné par ses propre enfants. Le president, un etranger dans la memoire collective car c’est ça la verié malheureusement, ne represente qu’une sorte de bey comme le Bey d’Alger avant la conquete de la France. Il n’a rien d’Algerien, ni par les origines, ni par le merite(moudjahide par correspondance ou par télépathie à partir du Maroc) et aujourd’hui malade de surcroit, paralysé de partout. Le peuple voit que le bateau Algerie n’a plus de capaitaine et même pas de second. Les aparatchick du pouvoir pillent au maximum ce qui est à prendre avant la chute definitive du pétrole en dessous de 50$ et moins encore. Nous n’avons pas su, ni pu preparer en economie. Les kbs et courtisans de out bord n’ont pensé qu’à se remplir le ventre jusqu’à l’indigestion aujourd’hui mais demain, tant qu’il n’y a pas une vraie economie locale, nous ne pourrons pas se nourrir, vivre et le bateau Algerie ira vers les recif ou sombrera. Nous avons eu la faiblesse de croire en ces messies du clan d’Oujda qui n’etaient là que pour se remplir la pense et les poches.




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    Mezzanine amok
    2 décembre 2014 - 14 h 02 min

    Le virus s est propage
    Le virus s est propage partout même au ministère des affaires etrangeres ou tout est pipe les examens d entrée de grade ainsi que les promotion à l étranger qui sont réservées a des vieillards qui ne croient ni en lieu ni a l état de droit …le mépris envers les jeunes culmine …c est la maffia de l euro …
    Le salaire d un ambassadeur +-15 000 euros + avantages luxueux soit 20000 euros pour un vieillard de 72 ans qui passera plus de temps dans les hôpitaux qu au bureau …c est ça l algerie d aujourd’hui hui …pas de problème on colle tout a Bouteflika ..il a le dos ….
    Espoir …..si Dieu se rappelle de nous ….malgré notre hypocrisie etc……




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    New kid
    2 décembre 2014 - 13 h 21 min

    Si pour certains « Staline »
    Si pour certains « Staline » est leur héro, pour d’autres
    « Stallone » est leur bienfaiteur.
    La vérité ne sera révélée que lors du jugement dernier !
    Les émeutiers ont de beau jours devant eux ; jusqu’à perpète !




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    New kid
    2 décembre 2014 - 13 h 16 min

    La société algérienne a été
    La société algérienne a été ridiculisée de par le système éducatif et religieux.
    Le système politique de clanisme qui a ouvert la porte à la corruption, le clientélisme et les passe droits ont fait le reste.
    Tant que la justice et l’Egalite seront subtilisées à des fins de magouilles par nos illustres dirigeants, tant que la rente s’incrustera dans les mœurs et l’expectation du chaab, les émeutes continueront.
    L’économie de régime bananier baronniale et de l’informel, ne fera que perpétuer ces maux de société de décadence anarchique.




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    karimdjazair
    2 décembre 2014 - 11 h 28 min

    La lutte contre la corruption
    La lutte contre la corruption doit etre implacable, pour mettre fin à des pratiques qui pourrissent la vie quotidienne des citoyens, mais aussi pour l empecher de refrener voir de saboter les actions de l Etat.

    Tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs dans une république, et personne ne doit échapper à ce principe fondamental.

    Il faut faire le ménage, parmi ceux qui representent l Etat, dans les rouages de l administration, et representations locales.




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    selecto
    2 décembre 2014 - 11 h 14 min

    Les courriers des citoyens ne
    Les courriers des citoyens ne reçoivent aucune réponse ni de la mairie, ni de la wilaya ni de des ministères ni de la présidence.

    Les responsables dans ces institutions sont occupés à fructifier leurs affaires.




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    Abou Stroff
    2 décembre 2014 - 11 h 05 min

    « Face à cette situation de
    « Face à cette situation de pourrissement, la démocratie locale est irremplaçable. Les citoyens doivent être consultés sur les questions qui les concernent, surtout quand elles ont un impact sur la vie quotidienne, et ils doivent être associés à l’élaboration et à la mise en œuvre des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent. » dixit K. M.. les propositions sensées de K. M. sont exactement à l’opposé de la « culture » et des pratiques de la marabunta qui nous gouverne et dont kouider est le parrain du moment. en d’autres termes et pour faire bref, pour que les propositions de K. M. puissent être implémentées, il faut et il suffit que la marabunta qui nous gouverne soit neutralisée. le reste, tout le reste ne peut être que littérature absconse pour niais confirmés.




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