Le Sud peut

Par Kamel Moulfi – La patience légendaire des habitants du sud du pays a finalement une limite. Elle s’est arrêtée devant le fameux «forage pilote» de gaz de schiste, qui pourrait être qualifié de «pirate» au vu des conditions de discrétion absolue qui ont entouré cette opération comme si les autorités craignaient que la transparence et le débat démocratique entravent et empêchent ce qui aux yeux des écologistes et des populations riveraines constitue une aventure périlleuse pour leur santé et pour l’environnement, autrement dit pour l’avenir de leurs enfants. Mais ce qui compte pour les autorités, c’est «combien ça coûte» en «argent sonnant et trébuchant» pas en environnement et en santé et encore moins en avenir. Ce qui a toujours primé pour les responsables algériens, c’est ce qu’ils décident de faire, même s’il y a un torrent de contestations en face. Non seulement ils ne tiennent pas compte des avis contraires, mais ne veulent même pas les écouter et montrent un agacement menaçant si la protestation persiste. Ce n’est pas seulement dans les régions du Sud que la population et particulièrement les jeunes sont ignorés dans les prises de décisions officielles qui les concernent, c’est un peu partout dans le pays que les choses se passent comme ça. Une organisation de jeunes vient d’écrire, d’une ville du Sud, El-Oued précisément, un tas de reproches à un ministre de la Jeunesse (voir article) qui fut lui-même, en son temps, jeune, et si cela se trouve, contestataire à sa façon. On ne serait pas étonné de savoir que les lettres qu’il reçoit, et qui ne lui plaisent pas, atterrissent dans la corbeille à papiers, c’est le sort des avis des «autres» quand ils ne brossent pas dans les sens du poil, encore pire s’ils sont expédiés d’«en bas». Cette démarche autoritaire a bien fonctionné pendant longtemps bien qu’elle ait souvent abouti à des situations désavantageuses pour la population et pour le pays tout entier. La tactique a consisté à utiliser à fond le populisme et à «mobiliser» les médiocres contre les élites coupables de lancer les alertes qui dérangent le pouvoir à quelque niveau qu’il soit. L’opinion publique, étouffée jusque-là, a émergé brutalement en 2015 du sud du pays. C’est de là que vient le changement.
K. M.
 

Comment (2)

    Anonyme
    7 janvier 2015 - 19 h 38 min

    Ce gaz de chiste est une
    Ce gaz de chiste est une énième trahison de la part du clan Bouteflika le marocain, le sous sol algérien est gorgé de gaz naturelle conventionnelle, pourquoi donc ce gaz de chiste qui détruira les nappe phréatiques du Sahara une zone pourtant aride où l’eau est essentielle pour la vie humaine. Bouteflika n’a pas le mandat du peuple, il n’a pas été élu parle peuple algérien qui rejetait toute idée de 4e mandat de trop pour un grabataire sénile incapable même en santé de gouverner le plus grand pays d’Afrique lui le minus, un grabataire sénile entourée d’une mafia dont le frère Bouteflika, une vraie calamité pour le pays, qui mènent le pays vers la catastrophe, qui a permis à Bouteflika le marocain et son clan de mafieux de décider d’un tel projet suicidaire pour l’Algérie l’exploration du gaz de schiste est rejeté partout dans le monde suite à des analyses et conseils d’expert. Bouteflika et son clan n’ont pas la légitimité pour décider d’un tel carnage environnemental qui hypothèque l’avenir du pays et ses nappes phréatiques, Bouteflika répond à la France qui avait demandé en coulisse ce gaz des schiste en Algérie en échange d’un soutien de la France au 4e mandat.




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    Abou Stroff
    7 janvier 2015 - 12 h 29 min

    « L’opinion publique, étouffée
    « L’opinion publique, étouffée jusque-là, a émergé brutalement en 2015 du sud du pays. C’est de là que vient le changement. » dixit K. M.

    bi tit que les abrutis qui nous gouvernent vont réaliser que l' »histoire » du messie (kouider l’assis, en l’occurrence) qui pense pour nous, prend les décisions pour nous et se prend quasiment pour Dieu himself est terminée.
    bi tit que le vent du Sud va emporter la pègre qui nous gouverne vers l’endroit qui sied le mieux à sa nature, c’est à dire les poubelles de l’histoire.
    bi tit que nous assistons à l’émergence d’une société civile que la distribution de la rente a, jusque là, empêché de jaillir sur la scène politique.
    bi tit que je rêve mais toutes les révolutions n’ont elles pas démarré de rêves insensées? d’ailleurs, chacun sait qu’une simple étincelle peut mettre le feu à toute une plaine (Mao Zé dong), n’est ce pas?




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