Le fatalisme a bon dos

Par Kamel Moulfi – La multiplication des incendies ces dernières années, signe de la vétusté des installations ou d'un laisser-aller à tous les niveaux, voire d'actes criminels, indique que c’est devenu un phénomène qui tend à se banaliser. Les médias en ont traité plusieurs fois, mais l'Etat semble se réfugier dans une espèce de fatalisme et refuse de se pencher sur ce sérieux problème des feux qui prennent dans des installations et font des ravages. Le dernier en date est l’incendie du parc communal à Sétif, hier. Cette région en a connu d’autres qui ont détruit des usines et mis fin à des activités industrielles avec les conséquences sur les riverains quand les produits brûlés dégagent des fumées toxiques, mais aussi sur le chômage, du fait des pertes d’emplois. Fort heureusement, les dimensions des sinistres ont rarement pris la forme d’une catastrophe majeure, sauf dans le cas de l’accident survenu en janvier 2004 dans le complexe GNL de Skikda, l’explosion suivie d’un incendie avait entraîné la mort de 26 personnes et des dégâts matériels importants. Ce fut l’alerte sur les risques liés aux installations pétrolières et industrielles dangereuses, et les pouvoirs publics avaient vite fait de pondre des textes censés prévenir ces situations et y faire face quand elles surviennent. Mais pour les «petits» incendies qui ne détruisent que des usines ou des installations de taille modeste, on dirait que «ça ne fait rien». En décembre 2012, la visite de François Hollande à Alger avait contribué, indirectement, à la forte médiatisation de l’incendie qui a enflammé une partie du bâtiment de la Grande-Poste, un monument historique en principe bien protégé contre ce risque. On avait entendu parler de défaillances d’agents de sécurité qui auraient abandonné leurs postes de surveillance et personne n’en a été surpris ni a cherché, à l’époque, à essayer de comprendre comment une fonction aussi rigoureuse que la sécurité d’installations pouvait être entachée par un tel laisser-aller. On a toujours pensé à une blague en écoutant les histoires de postes de gardiens de nuit dont le premier accessoire est le matelas pour dormir. C’est pourtant la triste réalité. Passons sur le manque d’inspections ou sur leur laxisme quand elles ont lieu, alors qu’il s’agit de vérifier si les conditions d’exploitation sont conformes aux normes de sécurité et si tous les équipements anti-incendie sont disponibles et en état de marche. Mais comme le fatalisme a bon dos, la négligence est tolérée.
K. M.
 

Comment (2)

    Mohamed El Maadi
    27 avril 2015 - 19 h 28 min

    C’est à l’image du pays qui
    C’est à l’image du pays qui prend feu également regardons simplement la capitale Alger un cloaque humain, un camp de rom, une fosse a purin.,une fumière. Ils ont bousillé l’Algérie, mais d’une force que seul un sauvage peut contenir en lui comme gène de destruction et de malfaisance. Rien ne sera fait dans ce pays ni aujourd’hui ni demain. L’algérien, malheureusement, n’est pas entré dans la modernité, une case (un toit quoi!), une femme, de la farine, et tant pis si le pays ressemble à une décharge et que tout s’écroule autour de lui.




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    karimdjazair
    27 avril 2015 - 11 h 30 min

    C est pas propre à l Algérie,
    C est pas propre à l Algérie, pays en voie de developpement, mais pour autant cette question sur la sécurité des batiments et des personnes forcément, et meme les incendies de forets, doit etre prise au sérieux.

    Il faut remettre au normes ces batiments, et meme d autres pas forcément vetustes mais qui ne repondent pas à celles ci. Il vaut mieux prevenir que guerir comme on dit. Et l Etat et les entreprises publiques, privées, doivent entreprendre des mesures de sécurité contre l incendie, utilisation de matériaux non inflammables, detecteurs de fumée, sécurité des installations electriques, meilleur stockage des produits dangereux etc.

    Protéger ces batiments c est aussi protéger notre économie, plutot que de la voire partir en fumée…




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