Ali Benouari : «Bouteflika a dilapidé 1 000 milliards de dollars»

Pour l’ancien candidat à la présidentielle d’avril 2014, Ali Benouari, plus d'un demi-siècle après l’indépendance du pays, «force est de reconnaître que le bilan est désastreux dans tous les domaines». Il met en cause «le modèle de gouvernance inauguré à l'indépendance qui en est largement responsable». «L’échec de ce modèle est visible à tous les niveaux, social, économique et moral, et ce, malgré les fabuleuses ressources financières dont nous avons pu disposer qui sont, non le fruit de notre travail, mais celui d’une nature généreuse qui nous a abondamment fournis en pétrole et en gaz», constate l’ancien ministre qui prédit un avenir morose pour le pays. «Notre peuple sait maintenant que le 4e mandat se terminera par un effondrement sans précédent des conditions de vie de nos concitoyens et l'enterrement, peut-être définitif, du rêve des pères fondateurs de la Révolution algérienne. Ce rêve était de construire un Etat souverain, libre et prospère», alerte Ali Benouari, dans un communiqué adressé à notre site, à l’occasion du 1er Novembre. «Un pays aussi vaste que le nôtre ne peut pas exercer sa souveraineté de la même manière qu’autrefois», estime-t-il, en soulignant que «les enjeux deviennent économiques et se mesurent en termes d'influence régionale». Pour Ali Benouari, «la position géostratégique de notre pays lui donne de nouveaux droits et lui impose de nouveaux devoirs, qu’il ne peut feindre d’ignorer ou d’oublier, vis-à-vis de sa population comme de ses voisins immédiats et de ses partenaires du nord de la Méditerranée et de la Ligue arabe, avec lesquels nous lient des accords de libre-échange contraignants». L’ancien candidat à la présidentielle affirme que le mode de gouvernance de l’Algérie et la façon de gérer ses relations régionales et internationales «conditionnent davantage sa sécurité que l’importance de ses moyens militaires». Ironisant sur la composante du pouvoir actuel, Ali Benouari note que ce dernier «maintient en place un modèle de gouvernance qui date d’avant la guerre du Vietnam et de l’époque de la guerre froide.» Il estime, en outre, que le pouvoir exerce «un véritable chantage destiné à paralyser les justes et légitimes revendications des Algériens.» «Mais, avertit-il, ce chantage se retournera contre ses auteurs, car le peuple est devenu mature et conscient de la destruction de la plus grande partie du potentiel de développement du pays, qui menace l'existence même de l'Etat algérien». Poursuivant son analyse apocalyptique, Ali Benouari indique que «1 000 milliards de dollars se seront évaporés au terme du quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika». «Une manne historique, estime-t-il, qui nous manquera cruellement au moment où nous devrons entamer le redressement du pays». Les réformes à engager ne pourront pas être financées, tant elles sont profondes et coûteuses, conclut-il, en prédisant «des sueurs et des larmes que seul un pouvoir authentiquement démocratique pourra exiger d'un peuple habitué au confort et à la facilité».
Karim B.

Commentaires

    zahir ak
    23 juin 2016 - 10 h 54 min

    Notre grand monsieur Benouri
    Notre grand monsieur Benouri




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