Le cercueil encerclé

Par R. Mahmoudi – Un des faits saillants qui a marqué les funérailles de Hocine Aït Ahmed, dans son village natal, ce vendredi, c’est que nul n’a, en fait, réussi à en tirer des dividendes politiques. Car c’est le propre même des politiques, pourrait-on dire, de jouer les désintéressés dans ce genre de situations. Ni le pouvoir, dont les représentants officiels ont été hués et, pour certains, empêchés d’assister à l’enterrement et dont les véhicules ont été caillassés. Ni Mouloud Hamrouche qu’on présentait comme l’éventuel «dépositaire» du legs d’Aït Ahmed et qui était, comme toutes les autres personnalités politiques, «dilué» dans la marée humaine qui a accompagné le défunt à sa dernière demeure et l’a littéralement encerclé jusqu’à sa mise en terre. Ni même les dirigeants du FFS qui n’ont pas, non plus, émergé ou réussi à organiser une oraison funèbre qui leur aurait offert cette possibilité de pavoiser devant le peuple. Ils s’y étaient, pourtant, tous préparés. Ils avaient certainement surestimé leur capacité à juguler la masse et à se faire respecter. Tous les calculs des uns et des autres ont été faussés par cette éruption populaire incompressible, dont personne n’aurait imaginé l’ampleur et la spontanéité, et qui est venue rappeler non seulement aux politiques, mais surtout au pouvoir en place, une donne essentielle qui était de tout temps exclue du débat politique et dont il faudrait tenir compte désormais : le peuple. Une notion qui peut paraître trop abstraite pour être cernée ou intégrée dans une réflexion, mais c’est une force qui existe et qui, tel un volcan, peut emporter tout sur son passage. Selon les témoignages recueillis auprès de ceux qui se sont déplacés au village Aït Ahmed, les funérailles de Da L’hocine ont failli dégénérer en émeute et on a vu ressurgir les vieux slogans hostiles au pouvoir qui ont rappelé à tout le monde les sombres printemps qui ont fait, par le passé, tant de ravages. Il aurait suffi d’un geste de provocation pour le feu reprenne.
R. M.

Comment (14)

    amal
    3 janvier 2016 - 2 h 18 min

    @DZDZ
    Il aurait été pris

    @DZDZ
    Il aurait été pris d’horreur si quelqu’un copiait les irakiens du temps de saddam. Pour lui, ce serait une preuve que le peuple n’a pas retrouvé sa foi en lui et que plus de 50ans de liberté n’arrivent pas à effacer l’esprit esclave créé par 130 année d’indigenat.
    Il aurait alors compris qu’il a échoué dans sa tâche de réveiller les esprits et de leur rappeler qui ils sont.
    Lorsque quelqu’un m’avait dit que le printemps arabe arrivera bientôt en algérie – j’étais en europe – j’ai répondu résolument que nous avions eu notre printemps en 1988. Mais quand je vois ces portaits de président aussi stupides les gens qui les y ont mis les uns que les autres, je me dis que peut-être – allah yastar – nous somme encore dans la même situation que l’irak d’avant sa ruine.
    Il faut savoir que bouteflika a accepté de construire des logements et de payer les dettes sous la pressions de gens qui lui ont ressassé jour aprés jour que l’argent à la banque ne nous attirera que des ennuis et des malfaiteurs. Ce n’étais pas son idée à lui.




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    Anonyme
    2 janvier 2016 - 22 h 12 min

    Qui parlera de l’histoire du
    Qui parlera de l’histoire du pays aux jeunes? Qui leur apprendra que l’histoire n’est pas une grande surface où on ne prend que ce qui nous intéresse, c’est de fait une vente concomitante où on revendique toute notre histoire sans en faire un fonds de commerce. Les Algériennes et les Algériens ont perdu en Ait Ahmed un de ces géants de la dernière période de l’épopée libératrice, une personnalité que l’on aurait pu écouter, nous faire revivre la révolution. Les jeunes sont étonnés de découvrir ce nom mythique d’héros de la Révolution au moment de sa mort- Ces jeunes qui ont soif de connaître l’histoire de l’Algérie, toute l’histoire, rien que l’histoire, et non pas des fragments édulcorés au goût du jour.
    Les jeunes ne doivent pas continuer à être en apesanteur identitaire en perte de repères et dont l’imaginaire est ouvert à tous les vents mauvais de l’effritement identitaire. Reposez en paix cher maitre. Vous resterez pour nous un repère dans cette nuit de l’intellect.




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    Anonyme
    2 janvier 2016 - 22 h 10 min

    Quand Ait Ahmed revient le 15
    Quand Ait Ahmed revient le 15 décembre 1989, après vingt-trois ans d’exil. Les Algériens sont venus nombreux, du fin fond de la Kabylie, sa région natale, mais aussi du reste du pays, lui souhaiter la bienvenue.: «Mon sentiment déclare-t-il est un sentiment de joie et de bonheur. J’ai quitté mon pays après m’être enfui de prison au printemps 1966. C’était un réel déchirement. Mais celui que je ressens aujourd’hui est plus grand encore parce que je me demande, à l’âge de soixante-trois ans, qu’est-ce que je peux faire?». «Essayer d’apporter une contribution de sagesse, une certaine expérience, mais d’abord, et avant tout, renforcer la paix civile en posant les problèmes d’une manière claire et nette.»

    «Je suis conclut Ait Ahmed, pour tout ce qui tend vers la démocratie, mais la démocratie, c’est votre affaire à vous!» Tous les problèmes de l’heure sont abordés. «L’islam? C’est la religion de tous les musulmans. Nous devons veiller à ce que la politique n’exploite pas la religion. Nous demandons à l’islam d’apporter un plus à la démocratie, pas un moins.» «L’école et les langues? «je refuse que la langue soit assimilée à l’obscurantisme. J’ai toujours engagé mes amis politiques à apprendre l’arabe. J’engage mes compatriotes arabophones à apprendre l’amazighe (le berbère). «Quant au français, c’est une langue que nous connaissons. C’est un acquis que nous devons défendre.». «Je prends votre accueil comme un engagement de votre part à ne pas rester les bras croisés, à vous battre et à ne plus exercer la violence les uns envers les autres», a-t-il conclu.




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    Anonyme
    2 janvier 2016 - 22 h 05 min

    Qui connaît ce
    Qui connaît ce révolutionnaire de trente ans traqué dès son jeune âge de lycéen (16 ans), vivant dans la clandestinité et qui à vingt ans s’affirmait déjà comme un chef? Les jeunes actuels – non instruits dans l’histoire de leur pays, toute l’histoire rien que l’histoire- donnent l’impression d’une fausse indifférence et ce ne sont pas des documentaires, toujours les mêmes, que la Télévision nationale réchauffe et des déclarations tardives par des personnalités politiques qui pour la plupart n’ont pas vécu la glorieuse révolution.
    L’ancien président Liamine Zeroual a raison d’écrire dans un message à la famille du défunt, mais aussi, nous le revendiquons à toutes les Algériennes et tous les Algériens: «L’ancien combattant de l’indépendance est un «symbole d’abnégation, de rigueur, de ténacité et surtout de morale». «L’Algérie vient de perdre aujourd’hui un symbole et un grand patriote. C’est l’un des derniers pères de la nation qui disparaît. Son pays présent à tous les instants dans son coeur.» On comprend de ce fait que pour Ait Ahmed, le pays n’était pas libre, il était encore à libérer et Dieu sait de combien de jougs.




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    Anonyme
    2 janvier 2016 - 21 h 22 min

    Jusqu’a son eterrement, il
    Jusqu’a son eterrement, il etait le plus haut-grade’ de ce qui reste de l’ALN,c.a.d. l’ANP. Tous les tonnaux du monde ne pourront remplir ses chaussures. Il aura survecu a ses vrais combagnons de guerre, pour nous donner le vrai sens de leur Honneur et le sens de leurs sacrifices, pour nous tous. Saurons-nous meriter un tel un tel heritage?

    Nulle voiture ne fut permise de monter jusqu’au village. Le dernier KM, il fallait le faire a pieds, a titre de personne prive’e et non en cortege officiel ou pas.

    Seul Hamrouche et quelques politiciens ont juge’ que Dda LHocine et tous les Martyrs ont fait des kms et des kms et des kms, et des kms, de jour comme de nuit, sous le soleil, la neige et le verglas du Djurdjura…

    La veuve et toute la famille ont refuse’ les voitures et cortege presidentiels. Au village, meme le FFS a ete’ a ete’ pousse’ de cote’, le village et son comite’ ELU, en assemble’e ouverte, comme c’est de tradition en Kabylie, a pris en charge l’enterrement. Cette terre et ses vrais Heros nous appartiennent.




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    Aziz MOUATS
    2 janvier 2016 - 19 h 15 min

    OUI mais c’est aussi hélas
    OUI mais c’est aussi hélas toute la Kabylie qui s’est laissée encerclée par les opportunistes de tous bords…Oui il a manqué de peu que tout s’embrase…comme le souligne le chroniqueur…mais rien n’indique que si les Patriotes Kabyles et leur relais ne se reprennent pas…il y a risque de dérapage…et puis je me pose une seule question: à qui profite ce chaos?




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    mohamed el Maadi
    2 janvier 2016 - 16 h 14 min

    les slogans hostiles au
    les slogans hostiles au officielles ne sont que l’émanation d’un ras bol populaire et citoyen.C’est la voix d’une Algérie qui ne s’est pas courber .




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    Algérienne
    2 janvier 2016 - 13 h 25 min

    Je me suis posée la question

    Je me suis posée la question suivante; Pourquoi Ait-Ahmed ( Allah Yer’hmou) a t-il demandé d’être enterré devant la tombe de sa mère.
    La réponse ne m’avait pas surprise, mon respect à ce grand patriote Algérien digne n’a fait qu’augmenter.

    LE GRAND AIT AHMED EST DE LA LIGNÉE DE LA GRANDE FATMA N’SOUMER, du côté maternel !!!!
    C’est vrai que la grandeur et la noblesse se transmettent par les gènes.
    ALLAH YER’HAM LES GRANDS DE L’ALGÉRIE ALGÉRIENNE.




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    DZDZ
    2 janvier 2016 - 12 h 24 min

    Le peuple reconnait ses vrais

    Le peuple reconnait ses vrais HÉROS PATRIOTES.
    Ait Ahmed allah yerahmou n’avait pas besoin de photos géantes ou d’un front pour lui faire une publicité.

    Hier, son parcours de révolutionnaire et d’Algérien aimant son pays a parlé pour lui.
    Ait Ahmed connaissait l’essence du peuple Algérien…Et il savait que le peuple répondra « présent ». Il a demandé un enterrement populaire et le peuple a répondu  » Oui nous avons COMPRIS »…Nous y serons




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    Buck John.
    2 janvier 2016 - 12 h 23 min

    A Anonyme 11:25 h :3
    A Anonyme 11:25 h :3 vainqueurs ?? aucun ,Aït Ahmed était bien oublié dans son exil en Suisse ;C’est une partie de culpabilité qui a poussé nombre d’algériens a lui rendre hommage ,d’autres l’ont fait par opportunisme et calculs politiciens .Ce n’est pas des obsèques dans l’émotion feinte ou réelle qui vont par enchantement faire comprendre une ‘vision’et le sens du combat de Aït Ahmed mais la culture ,l’engagement politique sur des valeurs républicaines . Evoquera -t-on sa pensée politique dans un an ? Pas du tout certain .Saïdani a déjà déclaré que le FLN mettait en place actuellement la pensée politique du défunt !!




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    BEKADDOUR Mohammed
    2 janvier 2016 - 11 h 03 min

    C’est triste, et Aît Ahmed
    C’est triste, et Aît Ahmed n’aura pas été le seul, c’est triste l’exil, et de ne revenir à son terroir que pour y être inhumé, tant d’êtres, de toutes les régions d’Algérie, n’ont pu goûter aux saveurs de leur terre natale, où ont pris leurs racines, mais il a été énoncé que « Nulle âme ne sait ce qu’elle possèdera Demain, et nulle âme ne sait en quelle terre elle mourra »… L’ombre du défunt exilé planera longtemps sur la suite de l’Algérie, rappelant constamment le lourd méfait de la France croisée et coloniale, qui a court-circuité tant de vies, et ils osent dire que c’est la pays des lumières !




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    THIDHET
    2 janvier 2016 - 10 h 44 min

    Quant au caillassage des
    Quant au caillassage des officiels, des non-officiels, des simples passants, des chèvres ou des mouton, je trouve que c’est un acte bête, moche et méchant.




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    New kid
    2 janvier 2016 - 10 h 38 min

    L’enterrement de Da l’Hocine
    L’enterrement de Da l’Hocine 01012016 :
    Le pouvoir et toutes les élites politiques ont été effacés par le peuple.
    Le peuple a démontré que la terre appartient à tous et qu’a la terre nous retourneront ! Ainsi notre créateur en a décidé et ce sans exception !
    Aucun Val de grâce ne peut altérer le cours de l’histoire humaine.
    Le vainqueur, est notre créateur tout puissant, Il peut gommer, effacer et ramener vers lui a n’importe quel moment et n’importe qui !
    Gloire à Dieu le justicier final !
    Avis au corrompu ; les devises, les shkaras ne sont pas permises au paradis. La ségrégation n’existant pas, les vierges non plus, Les vieux et vielles par milliers, ridés, ne tourneront autour d’eux que quelques enfants comme des fleurs.




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    Anonyme
    2 janvier 2016 - 10 h 25 min

    Si, il y a eu 3 Grands
    Si, il y a eu 3 Grands Vainqueurs!
    A)- Ait Ahmed dont la legende est dorenavant redigée!

    B)- L´Algerie qui a ENFIN compris la VISION et le sens du combat d´Ait Ahmed: un Maghreb et un pays modernes et universels dans le sens de l´Histoire et du Cheminement de l´Humanite en lieu du Aarch, du Douar, de la Tribu et d´une « Identite » mythique abatardie par la France, Hollywood, Internet et le DEVELOPPEMENT!

    C)- Vous le dites si bien, le PEUPLE qui n´est plus le « Ghachi » auquel El Hadj Lakhdar, Allah Yarhamou, s´adressait ni la meprisante « Rue Arabe » des media Anglo-Saxons alimentés par l´ »Expertise » Ashkenaze de Tel Aviv.

    Les temps ont bien changé et le TEMPS a encore une fois prouvé qu´il est la meillieure ecole du monde. Allah Yarhahum Da El Ho auquel, ausssi bien que ses Compagnons de El Haq et de l´Integrite, NOUS sommes tous endettés!




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