Tentations monarchiques

Par Karim B. – Le président du RCD, Mohcine Belabbas, a-t-il calculé son coup en réitérant son appel à la réouverture des frontières avec le Maroc ? C’est sa seconde sortie en moins de deux semaines sur ce sujet. Si au Maroc, où il était invité au congrès d’un parti politique local, une telle évocation peut participer d’une manière diplomatique de souhaiter un «bon» voisinage avec cette monarchie, rien ne l’obligeait à s’adonner au même exercice devant ses militants à Alger, à l’occasion de l’anniversaire de la création de son parti. Sauf si le successeur de Saïd Sadi – qui demeure en même temps son protégé – vise politiquement un objectif inavoué. Soit il cherche à concurrencer les autonomistes du MAK de Ferhat Mehenni sur ce terrain de la servitude au Makhzen, dans le but de leur ôter à l’avenir toute représentation en Kabyle, d’où ce déploiement ostensible de l'emblème jaune et bleu au meeting de la salle Atlas, soit il fait un appel du pied au patron du FLN qui avait ouvert le bal sur cette question des frontières, en vue de se rapprocher du pouvoir. Ce qui donnerait raison à Nordine Aït Hamouda qui a accusé la direction du RCD de «vouloir faire allégeance au FLN». En fait, Amar Saïdani, lui, est allé encore plus loin, en contestant la légitimité de la cause sahraouie et en menaçant même de faire sortir les Algériens dans la rue (sic). Dans les deux cas de figure, Mohcine Belabbas devait s’attendre à ce déchaînement de réactions des Algériens, outrés par sa position incongrue, comme le montrent les centaines de commentaires postés par nos lecteurs, qui sont très majoritairement hostiles à tout rapprochement, sans contrepartie et sans perspectives, avec le voisin exubérant de l’ouest. Le premier responsable du RCD doit savoir que son nom est désormais associé, dans l’imaginaire de beaucoup d’Algériens, à une impardonnable trahison.
K. B.

Comment (78)

    Ziad Alami
    16 février 2016 - 18 h 42 min

    La réouverture de la
    La réouverture de la frontière terrestre entre notre pays et son voisin de l’Ouest revient de manière cyclique. Elle demeure pendante, tant que les causes qui ont prévalu à sa fermeture demeurent, et jusqu’à présent, le Makhzen ne propose rien de concret dans ce sens. La démarche officielle est partagée par l’opposition, car elle est et demeure raisonnable, et tient d’un bon argumentaire : si nous tenons, depuis longtemps, à la construction d’un ensemble maghrébin viable et fraternel, les relations avec notre voisin ne peuvent pas obéir à des sautes d’humeur, fussent-elles celles d’un monarque. Or, avec le Maroc, c’est ce qui s’est passé au mois d’août 1994, alors que nous affrontions le terrorisme le plus barbare de la planète, le roi Hassan II, qui a voulu marchander notre position sur la question sahraouie en échange d’un terroriste qui a trouvé refuge chez lui, nous accuse, sans la moindre preuve, d’être à l’origine de l’attentat terroriste commis par des Franco-Marocains ayant ciblé un hôtel à Marrakech. Cet incident servira même de prétexte pour maltraiter et expulser touristes et résidents algériens, et instaurer unilatéralement un visa d’entrée. C’est en réaction à cette humiliation que la décision de fermer la frontière terrestre a été prise. Et tant que le Makhzen ne répare pas cette injustice envers les nombreux ressortissants algériens qui ont été spoliés de leurs biens et expropriés de leurs terres, oui, tant qu’il ne présente pas ses excuses aux Algériens touchés dans leur dignité, tant qu’il ne cesse pas sa guerre des stupéfiants, la réouverture de la frontière terrestre ne sera jamais à l’ordre du jour.
    C’est la position officielle, et c’est la position du peuple algérien. Et ce ne sont pas les rumeurs, les mensonges, les raccourcis ou les manipulations qui vont la changer, mais des engagements sérieux de régler tous les contentieux bilatéraux autour d’une table.
    Pour le bien de nos deux pays, et pour le bien de toutes les nations maghrébines. L’Algérie et ses dirigeants sont conscients du caractère stratégique de l’union de nos forces qui nous permet d’être des acteurs dans le grand jeu de la mondialisation, avec responsabilité et de solidarité, et non pas avec une visière étroite et une vision à courte vue qui conduisent forcément à des tensions et à des impasses.

    Ziad Alami
    16 février 2016 - 18 h 36 min

    Le Maroc en difficulté en
    Le Maroc en difficulté en Europe.

    Pour la deuxième coopérative de grande distribution suisse, «exploiter des ressources naturelles au mépris des intérêts de la population autochtone, les Sahraouis, est contraire au droit international».

    Malgré les moyens financiers importants dégagés pour influer sur les politiques européennes et, au besoin, acheter des complicités, le Maroc n’arrive toujours pas à faire oublier l’illégalité de sa présence au Sahara occidental. Au contraire, de plus en plus de pays et d’entreprises se conforment à la légalité internationale, comme c’est le cas en Suisse.

    C’est ainsi que dans un communiqué rendu public la semaine dernière, la deuxième coopérative de grande distribution en Suisse (Coop) informe qu’elle n’importera plus de tomates ni de melons du Sahara occidental occupé par le Maroc à partir de l’année prochaine. L’ONG Terre des hommes suisse et le Comité suisse de soutien au peuple sahraoui ont salué cette décision. «A partir de l’année prochaine, Coop n’importera plus de tomates ni de melons du Sahara occidental occupé par le Maroc.

    Anonymous
    16 février 2016 - 14 h 54 min

    Ya l’esclave Mohcine
    Ya l’esclave Mohcine Bellabbes tu dois aller dire a ton Roitelet M6 au sujet de ces maudites frontieres du Hashich que tant que le Makhnez ne répare pas cette injustice envers de nombreux ressortissants algériens, qui ont été spoliés de leurs biens et expropriés de leurs terre, tant qu’il ne présente pas ses excuses aux Algériens touchés dans leur dignité, tant qu’l ne cesse pas sa guerre de stupéfiants, la réouverture de la frontière terrestre ne sera jamais à l’ordre du jour.

Les commentaires sont fermés.