Savoir communiquer

Par M. Aït Amara – Il a suffi qu’une source – malintentionnée ? – divulgue un document administratif interne et que certains confrères en fassent une interprétation erronée pour que cela soulève un tollé général. Cette tempête dans un verre d’eau a une signification, une cause et une conséquence. La réaction aussi prompte que vive de plusieurs opérateurs économiques suite à la révélation de la note adressée par le directeur général des Douanes à ses services internes dénote l’absence de confiance totale du milieu des affaires vis-à-vis du gouvernement. Dès la divulgation de cette directive, les investisseurs privés ont crié leur désarroi face à une décision «irraisonnable» et aux «effets graves» sur l’économie nationale. La cause de ce mouvement de panique est une communication défaillante de la part des décideurs, dont le discours est souvent en complet décalage avec la réalité. Le gouvernement pèche, en effet, par un manque criant de cohérence et d’assurance dans ses décisions. Une situation ambiguë qui ôte toute crédibilité à ses actions et qui creuse le fossé entre, d’un côté, un Exécutif qui tente de rattraper un immense retard en matière de développement et, de l’autre, des chefs d’entreprise qui demandent plus de liberté d’initiative et moins d’implication de l’Etat dans la sphère économique. Un discours partagé par le gouvernement actuel, mais qui peine à se concrétiser sur le terrain en raison de lenteurs bureaucratiques persistantes et d’une administration otage de mentalités sclérosées. Quant aux conséquences, elles se résument en une aggravation de la méfiance des opérateurs économiques à l’égard des décideurs politiques, en dépit d’un semblant de convergence de vues sur la nécessité de sortir le pays définitivement, et urgemment, de sa dépendance quasi totale des hydrocarbures. Ce nouvel épisode dans la relation tumultueuse entre les investisseurs et le gouvernement n’augure rien de bon dans ce contexte marqué par une grave crise économique qui pourrait déboucher, si les efforts ne sont pas conjugués pour aller vers une économie créatrice de richesses et non pas destructrice des ressources souterraines tarissables, sur une disjonction entre ces deux acteurs majeurs de la vie politique et économique nationale.
M. A.-A.

Comment (14)

    Thidhet
    25 février 2016 - 7 h 22 min

    @Par Anonyme (non vérifié) |
    @Par Anonyme (non vérifié) | 24. février 2016 – 21:29

    Un intellectuel, un vrai, n’a surtout pas besoin d’être représenté au parlement ou au gouvernement. C’est là, si tu permets, une idée d’assisté conditionné pour attendre des autres qu’ils fassent tout pour lui, y compris penser. Les intellectuels sont censés être là pour produire des idées, construire leur pays (entre autres) serait-il même réduit en cendres. Qu’auraient fait les Pères Fondateurs américains s’ils devaient attendre que l’Amérique leur offre tout pour qu’ils puissent travailler? Qu’auraient fait les jeunes de vingt ans qui s’étaient mis dans l’idée de botter les fesses de l’OTAN et de l’éjecter hors d’Algérie?




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    fatigué
    25 février 2016 - 5 h 15 min

    Par slim (non vérifié) | 24.
    Par slim (non vérifié) | 24. février 2016 – 12:16
    ceux qui mettent cette bévue sur le compte d’une mauvaise communication se trompent lourdement.
    Cette directive n’est, ni plus ni moins, qu’un coup de semonce lancée à la face de l’UE,
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    élémentaire mon cher Watson, CQFD
    un seul mot: BRAVO !




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    Anonyme
    24 février 2016 - 20 h 29 min

    Comment un intellectuel
    Comment un intellectuel algérien peut-il s’épanouir dans le pays des Haddad, Tliba, Saïdani, Ouyahia ?

    L’intellectuel ne peut pas parvenir à un épanouissement et à un développement tant qu’il est représenté au Parlement par des spécimens aussi corrompus, c’est le moins que l’on puisse dire, et qui dans un passé récent faisaient du business dans le marché noir et l’informel. Cela n’amènera rien de bon tant que ces gens représenteront le peuple. Ils sont arrivés au Parlement par la fraude, la corruption et la vente des sièges parlementaires (plus connues sous le nom de la chkara).

    Et puis, il y a ceux qui sont à l’extérieur du Parlement et qui ont exercé le pouvoir en prouvant leur échec et leur incapacité à diriger les affaires de l’État, mais l’Algérie est le seul pays au monde où on peut à chaque fois renouveler la confiance en ceux qui ont échoué, avec une permutation de poste à la clé.




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    Anonyme
    24 février 2016 - 19 h 55 min

    Beaucoup parmi vous ont
    Beaucoup parmi vous ont abandonné le combat parce que tout a été brouillé de façon criminelle…Beaucoup parmi vous ont baissé les bras parce que de pauvres parvenus ont changé les règles du militantisme…Beaucoup parmi n’arrivent plus à faire de distinction entre régime, État et Nation..C’est quoi un État et qu’est ce qui fait une Nation?
    Tout État-nation repose sur trois critères, qui doivent être réunis : 1) Un critère ethnoculturel (un peuple doté d’une langue, d’une religion et d’une histoire partagée) ;
    2) Un critère géopolitique (le territoire) ;
    3) Un critère sociopolitique (la citoyenneté) s’appliquant à un peuple. Ces trois critères sont organisés par l’État.
    L’ Algérien est loin de toutes ces considérations socio-politiques, il est dans une confusion générale que n’importe quel tourbillon pourra le déséquilibrer, le tourmenter et c’est le chaos. Cette vision est bien comprise par ce pouvoir.
    Quand le colonel Nasser avait perdu la guerre, son peuple a occupé les rues du Caire pour le dissuader de démissionner (si réellement il a eu l’intention de démissionner), Nasser a pleuré et son peuple a pleuré avec lui. Et depuis ce temps, les peuples arabes continuent de pleurer sur leur sort.




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    naal BuckJohn
    24 février 2016 - 17 h 51 min

    Par Buck John. (non vérifié)
    Par Buck John. (non vérifié) | 24. février 2016 – 17:12
    mêle toi de ton bordel à ciel ouvert le mokoko!




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    slim
    24 février 2016 - 17 h 38 min

    @Par Buck John. (non vérifié)
    @Par Buck John. (non vérifié) | 24. février 2016 – 17:12

    en théorie c’est ce qui était prévu, une franchise dans les deux sens et des échanges équilibrés dans les deux sens. Je ne connais pas la nature des produits que l’Algérie peut exporter vers l’Europe en dehors des produits dérivés du pétrole ou des quelques minerais.




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    Le Naif
    24 février 2016 - 16 h 53 min

    Mr. Ait Amara … là vous
    Mr. Ait Amara … là vous vous tremper? Alors que les Boutefrika et la mafia qui l’entoure ce sont pays le meilleur expert en communication que l’Algérie indépendante a enfanté… Vous oublier combien qu’on a payé pour que Djezzy le cède aux Boutefrika pour qu’il le nomme là ou il est… d’ailleurs le pauvre il est entrain de sillonner le pays pour expliquer l’effet de sa bonne communication dans le Bled…




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    Buck John.
    24 février 2016 - 16 h 12 min

    A Slim ;la franchise
    A Slim ;la franchise douanière existe dans les deus sens, expliquez donc pourquoi l’Algérie n’en profite pas ,cela aurait dû être une aubaine ,un marché de 500 millions de consommateurs ! Pour la Chine tous les médias s’accordent pour écrire qu’ils n’importent rien et ou voyez vous des usines chinoises avec du personnel algérien !La grande mosquée est construite par des centaines de travailleurs chinois ,ils font même venir une grande partie de leur alimentation et vivent en cercle fermé ,c’est cela le gagnant-gagnant tant vanté par le gouvernement algérien .




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    Fouedz
    24 février 2016 - 13 h 31 min

    Le point faible et meme letal
    Le point faible et meme letal de nos gouvernements successifs a toujours ete l’absence d’une reelle strategie de communication devenue, avec l’avenement de la mondialisation, un outil preponderant meme pour gagner des guerres.

    Souvenons-nous du role des media yankees (CNN notamment) dans la 1ere geurre des USA contre l’Irak de Saddam.

    A bon entendeur salut ya si Sellal.




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    slim
    24 février 2016 - 13 h 17 min

    @Par Buck John. (non vérifié)
    @Par Buck John. (non vérifié) | 24. février 2016 – 13:26
    « Pour les rapports import-export avec la Chine c’est le même ordre de grandeur mais bizarrement on n’y fait jamais allusion et on ne reclame pas l’équitabilité des echanges ;pourquoi? »
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    pour la simple raison que les produis qui arrivent de chine ne bénéficient pas de la franchise douanière accordée aux produits venant d’Europe. Tout simplement.




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    Buck John.
    24 février 2016 - 12 h 26 min

    A Slim; « cette directive pour
    A Slim; « cette directive pour signifier a l’UE de renforcer ses achats de produits algériens hors hydrocarbures  » 180 milliards de déficit ,éditez une liste équivalente de produits algériens agricoles et industriels compétitifs de qualité, aux normes de l’UE ,exportables sur le marché ? Faites le tour de tous ces produits et évaluez leur valeur marchande sans priver bien sûr le marché national ! Pour les rapports import-export avec la Chine c’est le même ordre de grandeur mais bizarrement on n’y fait jamais allusion et on ne reclame pas l’équitabilité des echanges ;pourquoi?




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    lhadi
    24 février 2016 - 11 h 57 min

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    Une société comme la notre,

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    Une société comme la notre, où une simple rumeur devient vacarme. Une société, comme la notre, soumise à la seule loi de l’argent, individualiste jusqu’à l’extrême limite de l’insalubrité sociale, sceptique jusqu’au bout des ongles, condamnée au cynisme peut-elle connaître le bonheur ?
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    Évidemment non !
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    Lorsque la raison et la conscience nous abandonnent, lorsqu‘on néglige ou qu’on sous-estime les initiatives citoyennes de participation à la vie publique, le mur qui est érigé entre le citoyen et l’Etat ne peut nourrir que des pulsions dangereuses : le désir d’appartenir au troupeau ou à la meute.
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    Ceci dit, dans ce siècle des lumières, au cours duquel on ne cesse de célébrer raison et liberté, n’est-il pas plus judicieux de mettre le schéma d’une nouvelle conception de la politique qui appelle des principes d’organisation qui peuvent être tirés, indifféremment, du répertoire idéologique de la droite que celui de la gauche.
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    Cette réflexion, assez intense, doit prendre racine pour qu’aucune contrainte n’enferme les réformateurs dans des marges de manœuvres étroites.
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    Tout porte à croire que le logiciel de la gouvernance actuelle est branché sur le passé. Par voie de conséquence, une bonne mesure d’hygiène sociale serait d’abolir le système qui cautionne des profiteurs et parasites dont on pourrait se passer sans problème. Le système le sait trop bien. C’est pourquoi, il entretient les rumeurs, les trompe-l’oeil.
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    Rien n’est plus anesthésiant que ce comportement qui, dans mon esprit, n’assume aucune responsabilité à l’égard de la société où la perte de rapport à la réalité, due par un phénomène de cour assez classique dans ce microcosme politique, est devenue une valeur.
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    Les détenteurs du pouvoir, pris dans leur pouvoir, doivent réaliser que les temps ont changé et qu’ils n’ont aucune crédibilité car le pouvoir doit désormais reposer entre les mains de ceux qui servent les véritables besoins du peuple, c’est-à-dire la société civile actrice de la démocratie participative.
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    Le pouvoir doit intégrer dans une analyse d’ensemble des forces et des faiblesses, des contraintes, des efforts et des échecs ; ce que, le plus souvent, il ne fait pas.
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    On peut obtenir des résultats remarquables quand les orientations essentielles sont définies par une stratégie : celle de la modernisation, du développement et des efforts de productivité.
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    Faute de choix, faute d’objectifs, faute de stratégie, l’économie algérienne sera toujours secouée, ballottée, ébranlée dans les remous et les tourbillons de la crise, qu’elle soit nationale ou mondiale.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])




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    Anonyme djamel
    24 février 2016 - 11 h 57 min

    Parce que le gouvernement
    Parce que le gouvernement sait communiquer, il est même champion dans la communication que la rumeur fait fureur. Les citoyens font beaucoup plus confiance a la rumeur qu’aux communiqués officiels. C’est la faute a qui?




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    slim
    24 février 2016 - 11 h 16 min

    ceux qui mettent cette bévue
    ceux qui mettent cette bévue sur le compte d’une mauvaise communication se trompent lourdement.

    Cette directive n’est, ni plus ni moins, qu’un coup de semonce lancée à la face de l’UE, pour lui faire entendre:
    – qu’elle doit arrêter de critiquer la décision des autorités algériennes concernant la réintroduction des licences d’importations ( décision fortement critiquée)
    – qu’elle doit renforcer ses achats des produits algériens, hors hydrocarbures pour compenser le déficit énorme constaté durant les 10 ans écoulés ( 195 milliards d’importation contre 12 milliards d’exportation hors hydrocarbures).




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