«Panama Papers» ou comment les Etats-Unis profitent de l’argent détourné dans les pays du Sud

Le scandale «Panama Papers» a au moins le mérite de soulever le problème des paradis fiscaux et de révéler les véritables bénéficiaires du système financier mondial corrompu, a indiqué l'expert financier international installé en Suède, Noureddine Legheliel, à Algeriepatriotique. En effet, l’astronomique dette américaine, qui s’élève à 19 000 milliards de dollars, est aussi financée par les placements dans ces paradis fiscaux. Selon les chiffres détaillés de la Banque fédérale américaine, consultables sur le site du Trésor américain, les Iles Caraïbes, un paradis fiscal parmi d’autres, ont acheté des bons de Trésor américain pour la coquette somme de 300 milliards de dollars. C’est la FED, la Réserve fédérale des Etats-Unis, elle-même, qui le révèle. Aux bons de Trésor achetés par les exportateurs du pétrole comme l’Algérie, l’Equateur, le Venezuela, l’Indonésie, le Bahreïn, l’Iran, l’Irak, le Koweït, Oman, Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, le Gabon, la Libye et le Nigeria s’ajoute l’argent de ces paradis fiscaux et des comptes en offshore. Cela prouve que ces paradis fiscaux profitent particulièrement aux Etats-Unis d’Amérique. Et ceux qui les choisissent pour le placement de leur argent participent donc au financement de la dette américaine, de son économie et des guerres que ce pays mène dans le monde. Cette information mérite d’être méditée au moment où le monde entier est bouleversé par la masse d’informations révélées par un consortium international de journalistes d’investigation relatives aux comptes offshore ouverts au Panama par des dirigeants, de hauts fonctionnaires et des personnalités de différents pays. Des noms d’Algériens ont également été cités dans ce scandale international. Des noms comme celui de Abdeslam Bouchouareb, ministre de l’Energie. Mais la compagnie d’études et de Conseil luxembourgeoise (CEC) qui s’est chargée de l’opération a apporté des précisions, assurant que le ministre de l’Industrie a demandé à ce que la création de la société Royal Arrival Corp soit gelée tant qu’il occupera une fonction officielle. Ce mardi, c’est le ministère des Affaires étrangères qui a officiellement protesté auprès des autorités françaises sur le traitement fait des données révélées par Panama Papers. La publication de la photo du président Bouteflika à la Une du journal Le Monde à côté de chefs d’Etat impliqués dans Panama Papers a bien irrité les hauts responsables algériens. La protestation des autorités algériennes a ainsi poussé le journal Le Monde à apporter des précisions sur sa Une de lundi. «Contrairement à ce que la photo en Une du Monde du 4 avril a pu laisser croire, le nom du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, n’apparaît pas dans les Panama Papers. Ce sont des proches du chef de l’Etat qui sont soupçonnés d’avoir détourné une partie des ressources du pays, comme le relevait notre article sur l’affaire Sonatrach», a écrit le journal Le Monde qui a reçu les vives protestations de l’Algérie via le Quai d’Orsay.
Sonia Baker
Erratum :
Il fallait lire «19 000 milliards» et non «19 000 000» comme écrit par erreur. Nous nous excusons auprès de nos lecteurs qui auront rectifié d’eux-mêmes.

Voir le document de la FED

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