La valse française

Par R. Mahmoudi – Les formules dithyrambiques et stéréotypées de Manuel Valls, hier à Alger, nous rappellent les chanteurs égyptiens qui distribuent des flatteries à tire-larigot du genre «je me sens dans mon second pays» ou encore «ce public est le meilleur» où qu'ils aillent. Le même automatisme dans la réflexion et le même entrain dans le discours. C’est que le Premier ministre français – comme tous les autres hôtes, au demeurant – aurait tenu, sans changer une syllabe, les mêmes propos à Tunis, à Abidjan ou à Riyad, en usant du même art de la farce qui, il y a deux siècles, provoqua le fameux coup d’éventail du régent d’Alger face au consul français qui voulait le faire chanter. Ses assurances quant à «l’indestructibilité» de l’amitié entre l’Algérie et la France ne sont, bien évidemment, que des professions de foi auxquelles les Algériens ne peuvent se fier, pour en avoir testé la sincérité et mesuré la nullité à maintes reprises. Ils en ont fait l’amère expérience avec Nicolas Sarkozy qui, en visite à Alger en 2007, chantait les louanges de notre pays, mais n’hésite pas, devant des responsables tunisiens, à vomir sa haine de la terre algérienne en des termes révoltants. C’est la même danse que joue son successeur socialiste, François Hollande, pour qui le gouvernement algérien déroula le tapis rouge, mais qui ne s’embarrassera pas de son alignement, par exemple, sur la cause des Marocains sur toutes les questions qui les opposent à leurs voisins de l’est, sans jamais tenir compte de cette «amitié» qui lierait les deux rives de la Méditerranée, ni de cette vieille promesse de bâtir un «partenariat d’exception», ni même des règles de la bienséance. Manuel Valls est – pour des raisons évidentes de tact diplomatique – de la même lignée de jongleurs. C’est pourquoi il n’y a rien d’étonnant à constater qu’au même moment, le PDG de Renault et de hauts responsables français, qui inauguraient une nouvelle usine au Maroc, gavaient cette monarchie d'éloges et passaient de la pommade à ses dirigeants.
R. M.

Comment (29)

    TheBraiN
    11 avril 2016 - 10 h 09 min

    Il a beaucoup de « seconds
    Il a beaucoup de « seconds pays » le bonhomme après son premier pays ………….. »Israël » !!

    offf
    11 avril 2016 - 4 h 47 min

    Par sam (non vérifié) | 10.
    Par sam (non vérifié) | 10. avril 2016 – 11:28

    Les français ils sont pas beaux, ils sont vilains, ils sont calculateurs, moches colonialistes et hypocrites.
    Nous on est grands on est beaux, on est humanistes, tolérants, humains, policés et philanthropes.
    Nous avons également une caractéristiques essentielle; une grande langue dont on sait parfaitement se servir, n’est ce pas Offf ?
    —————–

    Sam, la grande langue ne sert pas plus pour parler que la langue normale. Tu confonds avec un autre métier : le plus vieux du monde où elle t’y sera plus utile chez toi à l’ouest.

    Etat de Droit
    10 avril 2016 - 17 h 31 min

    Ce qu’il faut surtout retenir
    Ce qu’il faut surtout retenir de la proverbiale préférence française pour le Maroc, ce n’est pas tant le fait que la narco-monarchie voisine, en dépit de son indépendance octroyée -et non arrachée- soit toujours sous un protectorat français qui ne dit pas son nom. La raison de l’inconditionnalité du soutien français, il faut la chercher plus loin : autrement dit à l’aune de cette profondeur « virtuelle » du territoire marocain actuel vers le sud, profondeur que la France officielle, à travers son soutien éperdu de l’option autonomiste marocaine, mettrait certainement à profit au cas où le Sahara Occidental occupé serait effectivement sous autonomie marocaine. En faisant donc d’une pierre, deux coups, la France officielle serait la plus grande gagnante : en tout cas bien meilleure gagnante qu’un Maroc déjà rendu « docile » à l’envi, avec, en prime substantielle pour l’ancien colonisateur, un territoire sahraoui -dont il ne s’était pas tout à fait imaginé qu’il pourrait lui revenir un jour- un territoire sahraoui donc, qui lui reviendrait « de facto », et non « de jure » pour une mise à sac sans limite, quand bien même ce serait illégalement et ce, précisément à travers l’option de la marocanité en question. Alors, arrêtons de nous plaindre, nous autres Algériens, de ce que cette France officielle, dans quelque cas que ce soit et à travers le véto qu’elle appose chaque fois au Conseil de sécurité, penche toujours en faveur de son DOM (Département d’Outre Mer) au détriment de son ancienne colonie de peuplement (l’Algérie) devenue entretemps indépendante. Car continuer de se plaindre-dans un rapport à la France qui serait plutôt à caractère sadomasochiste- de ne pas être privilégié par son ancien colonisateur ne peut signifier qu’une chose : quand on continue de réclamer un statut de privilégié, alors qu’on est censé être indépendant, c’est qu’on est un individu, ou une entité qui n’est pas encore tout à fait décolonisé(e). Dans le même ordre d’idées, arrêtons aussi de nous plaindre de ce que personne, au-delà de nos frontières et quelque soient les artifices employés, ne nous fasse de « cadeau ». Il faut juste se rendre à cette évidence, o combien incontournable, que si nous avons par nous-mêmes arraché notre indépendance, c’est tout bonnement parce que personne -ni la France officielle, ni aucun autre pays-, ne nous en avait fait cadeau. Parce que, pour tout dire, c’est à travers nos propres sacrifices que nous avons pu rendre concrète ce qui, au départ, n’était que pure utopie : notre souveraineté recouvrée. Il faut donc, à mon humble avis, se projeter dans l’avenir avec conséquence. Et se dire que la meilleure protection des intérêts politiques et économiques de l’Algérie ne peut être assurée que par ses propres enfants. Ses authentiques enfants. Ceux de la deuxième République. Le reste, c’est-à-dire le développement tous azimuts de l’Algérie, suivra le plus naturellement du monde.J’espère que cette fois-ci Ap ne censurera pas mon post.

    mohamed El Maadi
    10 avril 2016 - 16 h 42 min

    L’Etat ou les responsables
    L’Etat ou les responsables algériens font des affaires avec la France pour sauver leur derrière .La France punit l’Algérie depuis des années car c’est elle qui tient le fouet .Les responsables algériens pensent avant tout à leur fiston ou leur gamine
    Saadani et Sellal ont tout deux des appartement parisiens que la fifille profite grandement mais la pauvre paysanne algérienne elle doit bouffer du pissenlit pour engraisser les gosses du régime qui sont violemment anti patriote et pro marocain.

    Sellal depuis qu’il a insulté les chaouies je veux le voir mordre la poussière car il nous a insulter alors que ces racines sont douteuse.

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