L’AFP rectifie l’image

Par R. Mahmoudi – Quelques jours seulement après le coup de téléphone de Valls à Sellal où il lui présentait ses excuses au sujet de la diffusion de la fameuse photo de Bouteflika sur son compte Twitter, au lendemain de sa visite en Algérie, l’AFP prend le relais. L’agence de presse officielle française chante les louanges du chef de l’Etat algérien et tente de vendre une image positive d’un pays dont on aurait tort de sous-estimer les potentialités et les engagements à plus d’un titre. Dans un reportage publié ce vendredi, l’AFP, qui reflète généralement l’opinion dominante au sien de l’Exécutif français, admet que la Grande Mosquée d’Alger a été conçue pour servir de «rempart contre l'extrémisme», tout en essayant de saupoudrer l’article d’une analyse «critique» pour ne pas paraître comme faisant un virage à 180 degrés. L’agence reprend, par exemple, quelques arguments brandis par les détracteurs du projet, notamment son coût exorbitant, les difficultés techniques, les craintes d’une infiltration islamiste, etc. L’agence tend le micro à un conseiller de Tebboune pour assurer que les autorités sont «conscientes de tous les enjeux» et affirmer que cette mosquée constitue un «lieu emblématique de l'islam modéré» en Algérie et «va prémunir contre toutes les formes d'extrémisme». Pour ce haut fonctionnaire, «l'idée de construire une mosquée emblématique de la culture algérienne et de la période d'après-indépendance trotte dans la tête des dirigeants algériens depuis 1962». Mais, selon lui, «le rêve a commencé à se transformer en réalité» après l'arrivée à la tête de l'Etat d'Abdelaziz Bouteflika, que l’agence française présente comme étant «connu comme un homme pieux, captivé par le soufisme et l'art et la civilisation musulmane». Par ailleurs, le conseiller du ministre de l’Habitat évacue d’un revers de la main, à travers ce média français, toutes les critiques sur ce projet pharaonique, y compris celles inhérentes aux risques liés à d'éventuels tremblements de terre dans une zone fortement exposée. La mosquée, rapporte l’AFP de façon à ne pas se contredire et contredire ses relais en Algérie, «a été construite selon un système antisismique en mesure d'absorber de fortes secousses telluriques». Le séisme a bien eu lieu, mais il a surtout secoué les relations entre Alger et Paris. Pendant ce temps, les Chinois poursuivent leur travail de fourmi pour tenter de finir ce projet budgétivore dans les délais impartis et n’ont cure des chamailleries du couple algéro-français.
R. M.

Comment (26)

    Anonyme
    7 mai 2016 - 22 h 19 min

    Pour :
     » Par anonyme (non

    Pour :

     » Par anonyme (non vérifié) | 7. mai 2016 – 19:13

    Par Anonyme (non vérifié) | 7. mai 2016 – 14:53

    Pour:

     » Par selecto (non vérifié) | 7. mai 2016 – 13:59

    L’Université Houari Boumedienne était à l’origine destinée à être une Mosquée et un centre islamique offerte et financée par l’Arabie Saoudite avec l’accord de Boumedienne, un fois construite Boumedienne décide la transformé en une Université, merci aux Saoudiens pour le cadeau!

    Quant à cet article de l’AFP il ressemble fort à un article de propagande déguisé à la gloire de Bouteflika payé du trésor public, j’espère que je me trompes. »

    L’Université de Bab Ezzouar ainsi que celle de Constantine ont eu pour architecte , le bresilien Oscar Niemeyer; Il a aussi conçu la nouvelle capitale bresilienne Brasilia. Documentez vous avant de dire des sottises.

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