Du mouvement «Jeune Algérien» à la «jeunesse Facebook»

Par Abdelkader Benbrik – Jusqu’à nos jours, la jeunesse algérienne a été toujours présente dans les événements politiques du pays. Du mouvement «Jeune Algérien» à la «jeunesse Facebook», elle a traversé des étapes dures. Les masses – notamment paysannes — ont meublé l’histoire d’un peuple qui n’a jamais renoncé à son identité et à ses valeurs. Le premier journaliste de l’Algérie combattante au sein du GPRA, le regretté Mostapha Lachraf, avait écrit «nation-Etat ou nation-communauté ou simple patrie solidairement agissante, et par cela même nationale, quelque chose existait qui a permis à l’Algérie de s’opposer, au cours de 132 années, à une grande puissance impérialiste et à la forcer, en définitive, à capituler». 

L’Algérie compte plus de 40 millions d’habitants avec un taux de croissance annuel de 1,21%. Près de la moitié des Algériens a moins de 19 ans. Le pays connaît aussi un taux important d’émigration. En 2000, l’Algérie était le 15e pays du monde ayant fourni le plus de migrants, estimés à plus de deux millions d’individus, soit une proportion de 6,8% par rapport à la population du pays. La France abrite la plus importante communauté algérienne à l’étranger, estimée à un million de personnes, dont près de 450 000 binationaux. Le premier et grand soulèvement populaire a été organisé par l’Emir Abdelkader, dès 1830, contre l’occupation française. Ralliant les paysans de l’Ouest et ceux de la province d’Oran et d’Alger, Abdelkader ne se contenta pas de les opposer à l’invasion colonialiste, mais aussi, aux féodaux et chefs religieux soumis à la conquête, devenus «familles dévouées à la cause française en Algérie».  Ceux qui avaient pris le train de la Révolution au terminus le 19 mars 1962 voulaient accaparer cette lutte pour se distinguer seuls en famille révolutionnaire. La révolution appartient au peuple, disait l’Emir Abdelkader. Cette entreprise est doublement révolutionnaire, visant simultanément à rétablir la souveraineté d’un Etat démocratique associant les plus larges couches populaires et à détruire les manifestations antisociales de la féodalité et de la bourgeoisie, alliées toujours et naturelles de la France. L’attitude des Maghrébins, et singulièrement des Algériens depuis toujours, démontre l’existence, bien avant le début du siècle dernier, d’un mouvement surtout soucieux de conquête politique qui devrait le conduire de jour en jour à la revendication suprême, celle de l’indépendance nationale. 

En tout état de cause, «Jeune Algérien» a acquis aux environs de 1910, et contre toute attente, une audience telle que les autorités coloniales, leur presse et les baltaguias manifestèrent violemment leur hostilité et cherchèrent à dresser contre lui des élus musulmans plus dociles à leurs thèses. «Jeune Algérien» comptait déjà une grande presse bilingue parmi lesquels des périodiques aussi bien faits que les «Rachidi» ou «L’islam». Devenu une force politique importante, «Jeune Algérien», mouvement intense de l’éducation et de l’éveil des élites, réduit, apparemment, ses intentions à «aider matériellement les humbles», mais surtout à leur apprendre à penser le monde moderne et à retrouver la dignité perdue. Sa presse véhicule des mots nouveaux dont quelques vocables clés d’une émancipation tels que taqaddom et houqouk (progression et droits). L’administration coloniale, de concert avec l’Eglise, tente de coller au mouvement «Jeune Algérien» l’étiquette franc-maçonne dans le dessein évident de réduire ainsi son audience. Baptisés par dérision «Ashab el-boulitique» (les amis de la politique), bien de jeunes Algériens sont candidats malheureux à toutes les élections. «Indigènes loquaces» (qualificatif  hargneux de l’administration coloniale), les jeunes Algériens (1 200 environ) représentaient principalement l’intelligentsia au sens pur du terme, c’est-à-dire les meilleurs ou les plus indépendants des anciens des écoles primaires, des collèges et des trois médersas, l’élite étant recrutée parmi les squelettiques promotions des lycées.

Plus par calcul politique que par souci d’accéder à un certain égalitarisme, le mouvement «Jeune Algérien» fait campagne pour la conscription. Mal compris des masses populaires et pris à partie par l’administration coloniale, qui entrevoyait «le péril d’Algériens militairement formés», le mouvement éprouve quelques difficultés à élargir, à la veille de la Première Guerre mondiale, son champ d’action. Cependant, on lui attribue la responsabilité des révoltes qui, de 1914 à 1917, ont éclaté chez les Béni Chougrane (monts de Mascara) qui ont pris les armes pour s’opposer à la conscription face à plusieurs milliers de soldats sous la conduite du sinistre général Labit et l’insurrection générale à travers le Sahara de la confrérie des Senoussia (Mostaganem) fortement implantée dans le Sud algérien avec des ramifications en Tunisie et en Libye. Les détachements armés des Touareg (sous la conduite des chefs Khaousen et l’Amenokal Boubakeur hadj Allegoui) ont pratiquement interdit la sédentarisation des troupes colonialistes entre Tamanrasset et Ouargla.

Comme il est habitué de le constater dans le monde arabe, les mouvements révolutionnaires sont infiltrés et cassés en deux (diviser pour régner). Après la Première Guerre mondiale, le mouvement «Jeune Algérien» se scinda en deux. Une partie minoritaire d’essence bourgeoise et féodale franchement acquise à la cause colonialiste, familles devenues très dévouées à la cause française, une autre, toujours fidèle au programme initial du mouvement (injustement qualifié de traditionaliste) est prise en charge par le jeune capitaine Saint-Cyrien au nom évocateur d’Emir Khaled, petits-fils de l’Emir Abdelkader. Tout auréolé du passé glorieux de son grand-père, Khaled apporta un souffle nouveau au mouvement qu’il engagea plus résolument sur la voie de la lutte pour la liberté et la dignité. Cette jeunesse a toujours activé en parallèle des partis politiques tels les PPA, MTLD, et l’Etoile nord-africaine, jusqu’au FLN en novembre 1954, la première à rejoindre le maquis. Après l’indépendance, ils ont créé la jeunesse FLN qui devint plus tard l’UNJA. Mais non autonome, elle faisait partie d’une structure partisane, c’est pourquoi elle n’a pas réussi.

Aussi, la jeunesse algérienne n’a jamais été à l’écart des mouvements nationalistes, il suffit, aujourd’hui, d’évoquer ce passé glorieux, pour un peu de considération et de compréhension. Tout est merveilleux dans le passé sauf la colonisation. Hélas !, le vide, la déconsidération envers les 75% de jeunes parmi la population algérienne ont joué un vilain jeu, qui a ouvert des brèches vers l’inconnu (terrorisme, banditisme, délinquance), et on se retrouve aujourd’hui devant une jeunesse dite Facebook, très difficile à contrôler.

A. B.

 

Ndlr : Les idées et opinions exprimées dans cet espace n’engagent que leurs auteurs et n’expriment pas forcément la ligne éditoriale d’Algeriepatriotique.

Comment (8)

    ATTENTION JEUNESSE !
    7 juillet 2016 - 18 h 49 min

    Face book = Manipulation des
    Face book = Manipulation des masses du pays visé.
    Divisé pour mieu régné !




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    Algérien-Amazigh
    7 juillet 2016 - 5 h 37 min

    Dîtes à votre « Jeunesse » ce
    Dîtes à votre « Jeunesse » ce qu’elle est , et l’Algérie sera, c’est simple, .. Identifiez-la !!!




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    nation
    3 juillet 2016 - 23 h 10 min

    quand un peuple change d
    quand un peuple change d’identité , il change de héros de repérés et de chemin , il va à son extinction et à son esclavage …demandez à la jeunesse actuelle quels sont ses héros ? on a remplacé le grand intellectuel et penseur algérien nationaliste Mostefa Lachraf par le pédophile El Kardaoui et n’importe quel charlatan des bas -fonds du Caire et n’importe quel Chouyoukh saoudien ou afghan ….L’émir Abdelkader est remplacé par l’Emir Djrana de Baraki du FIS et Sayed Qotb ou le Cheikh El Arifi sont plus importants que Moufdi Zakaria ou Mouloud Mameri .. Même les Héros de la révolution ont été déclassés au profit des Tueurs de El Qaida et des Terroristes de la secte des frère musulmans égyptiens …Qui connait Ferhat Abbas , Lamine Debaghine ? L’école algérienne et les appareils idélogiques d’état depuis 40 ans ne produisent plus que des mutants et des mercenaires ….Au nom de l’idéologie impériale arabo-islamiste on a tué cette nation dans le cœur de ses enfants .. On a chassé le colonialisme français pour le remplacer par une autre encore plus terrible et plus mortel




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    Mohamed el maadi
    3 juillet 2016 - 16 h 05 min

    La jeunesse algérienne ? Elle
    La jeunesse algérienne ? Elle est comme tout tout le monde.Elle veut vivre et participer a l’épanouissement de son pays mais car il y a un mais en Algérie vous vous en méfier et préféré vendre le pays au étranger pour un règne éternelle.Cela vous retombera dessus c’est certain .




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    ATTENTION !
    3 juillet 2016 - 9 h 26 min

    Nos ennemis se servent des
    Nos ennemis se servent des reseaux sociaux pour nous manipuler en se fesant passer pour des Algériens Kabyles ou arabes ATTENTION !!
    Divisé pour mieu regner sur nos hydrocarbures, minerai, eaux etc…




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    TARZAN
    3 juillet 2016 - 8 h 24 min

    ce que les autorités
    ce que les autorités algériennes ne mesurent pas encore le danger pour notre jeunesse est la consommation de la drogue qui prend une ampleur TRES DANGEREUSE pour notre pays et son avenir. le maroc inonde l’algérie par son poison qui détruit l’algérie de l’intérieur. le makhzen avec ses alliers anti algériens ont tout essayé pour détruire l’algérie: terrorisme qu’ils ont alimenté puis tout fait pour isoler l’algérie par le « qui tue qui » relayé par la presse franco-marocaine anti algérienne, déstabilisation de nos frontières pour affaiblir notre armée et nos forces de sécurité en par la même occasion notre économie du fait des dépenses très élevés dans le sécuritaire, et maintenant la drogue qui va engendré une criminalité certaine pour pourvoir s’alimenter en drogue. le maroc est notre ennemi de toujours et ne cessera jamais ses attaques contre l’algérie tant qu’il n’y aura pas de guerre ouverte et définitive. l’algérie n’a aujourd’hui aucun choix pour sortir des manipulations vicieuses et dangereuses marocaines qui nuiront à l’algérie et aux algériens dans le futur très proche. oul’algérie saisie le conseil de sécurité de l’ONu pour condamner le maroc, premier producteur au monde du cannabis mais aussi de la cocaine qui vient de l’amérique latine en toute liberté et avec la complicité du roi du maroc (qui va croire que les autorités marocaines font tout pour interdire les millions d’hectares de plantations du cannabis visibles de tous), la drogue marocaine passe à travers les frontières ouest de l’algérie mais ausssi par le biais du MUJAO (mouvement terroristes à la solde du makhzen) qui l’achemine vers le sud est de l’algérie. ou l’algérie déclarera la guerre à ce pays paien adorateurs de rois, et je pense es la seule solution pour pour sauver l’algérie définitivement, car tant que le régiome alaouite reste au maroc, l’algérie aura tout le temps des problèmes de sécurité. je ne suis pas un va t’en guerre mais là, la guerre est nécessaire et cherchée par le maroc lui même; si les Etats unis avaient comme voisin le maroc, ils auraient depuis longtemps fait le ménage autour d’eux! car avoir un voisin ennemi qui ne cherche que la destruction de l’algérie causera à l’algérie que des dépenses inutiles, retard dans le développement économique et social, des dépenses militaires toujours en hausse pour rien, notre jeunesse sera détruites et plusieurs générations perdus, insécurité à l’intérieur de notre pays à cause de la criminalité qui s’ensuit, etc. je rappelle juste un fait, un rapport sur la jeunesse algérienne a été fait dans le début des années 80, disait que notre jeunesse était saine, mais depuis que les frontières avec ce pays maudit qui est le maroc sont ouvertes regardez où nous en sommes nous arriver!




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      anti mekhrebi à jamais!
      8 juillet 2016 - 23 h 13 min

      je suis totalement de votre
      je suis totalement de votre avis , la guerre est inéluctable! ce voisin toxique est une malédiction pour le peuple algérien! nous devons nous en débarrasser! l’état d’esprit des marochiens est vraiment spécial toute leur haine est dirigée contre nous alors que nous ne les connaissons même pas et que nous n’avons quasiment pas de rapports avec eux , je pense qu’ils sont tous drogués ! il faudra faire le ménage c’est obligé!




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    anonyme
    2 juillet 2016 - 21 h 59 min

    Bravo M. Abdelkader Benbrik,
    Bravo M. Abdelkader Benbrik, Il y a de l’espoir.
    Vive L’Algérie des patriotes.
    Vive la jeunesse Algérienne.




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