Enfants de terroristes : l’Etat dérape

Par Houari Achouri – Dans les images diffusées par les journaux télévisés de 18 heures et 19 heures de la chaîne de télévision publique algérienne, à propos des deux familles de terroristes qui se sont rendues à l’armée dans la région de Jijel, les visages des enfants mineurs n’ont pas été floutés comme l’exige la Convention internationale sur les droits de l’enfant (texte de février 1990) ratifié par l’Algérie le 16 avril 1993. Cette Convention reprend les termes de la Déclaration des droits de l’enfant adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 20 novembre 1959, qui considère que «l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance».

La nécessité de cette protection spéciale était déjà «énoncée dans la Déclaration de Genève de 1924 sur les droits de l’enfant et reconnue dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme ainsi que dans les statuts des institutions spécialisées et des organisations internationales qui se consacrent au bien-être de l’enfance». La Déclaration du 20 novembre 1959 invite «les autorités locales et les gouvernements nationaux à reconnaître ces droits et à s’efforcer d’en assurer le respect». La même Déclaration, dans son principe 2, stipule que «l’enfant doit bénéficier d’une protection spéciale» et que «l’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération déterminante». Le principe 6 insiste sur «l’atmosphère de sécurité morale» dans lequel doit grandir l’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité. Encore, le principe 8 met en avant le droit de l’enfant à être «parmi les premiers à recevoir protection et secours (…) en toutes circonstances» et le principe 9 note que «l’enfant doit être protégé contre toute forme d’exploitation». L’article 36 de cette Convention (texte de février 1990) exige que «les Etats parties protègent l’enfant contre toutes autres formes d’exploitation préjudiciables à tout aspect de son bien-être».

L’article 6 de la loi sur la protection de l’enfant de mai 2015 stipule, par ailleurs, que «l’Etat garantit la protection de l’enfant contre toutes formes de préjudice, de négligence, de violence, de mauvais traitement, d’exploitation ou de toute atteinte physique, morale ou sexuelle. A cet effet, il prend toutes les mesures appropriées pour l’en prémunir, réunit les conditions nécessaires à son épanouissement, à sa sauvegarde, à la protection de sa vie et lui assure une éducation intègre et sûre dans un environnement sain et propre et protéger ses droits dans les situations d’urgence, de catastrophes, de guerres et de conflits armés. L’Etat veille à ce que l‘information destinée à l’enfant, par tous les moyens, ne porte pas atteinte à son équilibre physique et mental».

L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) va-t-elle sévir contre les auteurs de cette infraction aux lois internationales ou a-t-elle été créée uniquement pour harceler des chaînes privées et (bientôt) des sites électroniques ? Il est significatif, à ce propos, que les comptes rendus faits sur le cahier des charges des télévisions privées qui vient d’être adopté par l’Arav ne laissent rien paraître concernant la protection des enfants. En outre, ce n’est pas seulement l’Arav qui est interpellée dans cette situation, mais également et surtout la déléguée à la protection de l’enfance installée récemment.

H. A.

Comment (12)

    amal
    6 juillet 2016 - 7 h 59 min

    effectivement, c’est un
    effectivement, c’est un dérapage, car même si la société algérienne est miséricordieuse et ne fait pas porter les erreurs des parents par leurs enfants – certainement en réacton au code de l’ndigenat qui punissait toute la tribu d’une personne fautive – les autres pays pourraient être tenté de harceler ces enfants une fois adultes et qu’ils voudraient entreprendre quelque chose en dehors du pays.




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    ibral
    3 juillet 2016 - 8 h 37 min

    visite du chef d’état major
    ce qui est inquiétant, ce n’est pas une bavure envers ces enfants
    demain ou juste après demain plus personne ne se souviendra ni de leurs visages, ni même de leur existence

    ce qui est grave c’est de voir le chef de notre armée accepter qu’on lui déroule le tapis rouge pour effectuer son travail d’inspection(ici apparemment lors de sa descente d’avion!!)
    lors de la supervision des dernières « manœuvres à balles réelles », lui et certains autres étaient vautrés dans des fauteuils club en cuir(qu’il a donc fallu réquisitionner et trimbaler pour la circonstance jusqu’au champ des opérations, ces messieurs pensent ils qu’ils auront un tel loisir en combat réel, ou bien les manœuvres ne concernent que les troufions et officiers subalternes?)
    c’est une honte pour tout ceux qui détiennent une parcelle d’autorité : état, pouvoir, armée etc..
    il n’y a que dans notre pays que cette propension à la « fakhfakha » est possible

    les responsables (surtout de l’armée) devraient penser à donner une autre image, caractérisée par la simplicité et la modération (modestie), pour ne pas dire l’austérité que commande la nature de leur métier




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    الهوارية..في أمريكا
    3 juillet 2016 - 2 h 29 min

    Nous avons le droit de les
    Nous avons le droit de les Voir en Vrai et de savoir tout sur ces enfants qui ont été privés de leurs droits et séquestrés au fin fond des sommets des montagnes algériennes et ce durant toute leurs vies cloitrés entre les branches des arbres et les refuges temporaires, car je suis certaine qu’ils ont été trimballés pour se cacher loin de la Civilisation et la technologie numérique qui crève nos écrans plats y compris internet et ses réseaux sociaux qui sont devenus de véritables de notre vie et indispensables pour nos discussions en live avec les gens du Monde entier.
    Ces enfants m’ont vraiment ému, c’est touchant de voir des enfants algériens devenus des étrangers dans leur propre pays l’Algérie puisque leurs parents avait un État islamique Sauvage sur les sommets de nos Montagnes.
    Mais leur Calvaire a pris fin, Hamdoullah,
    Bravo l’ANP d’avoir sauvé ces enfants!!!




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    Erdt
    2 juillet 2016 - 19 h 13 min

    Tous c machins arav,justice
    Tous c machins arav,justice,apn,sénat,toutes c lois répressives ne seront actionnées que contre les non soumis! C clair et net! Toute voix opposée sera reptileé. Courage aux algériens qui tiennent encore à leur honneur.  » Ali !!!! Meurs debout!!!!! » »




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    Mohamed el maadi
    2 juillet 2016 - 16 h 10 min

    C’est malheureux car ces
    C’est malheureux car ces gamins n’y sont pour rien.




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    Smain
    2 juillet 2016 - 13 h 08 min

    l’Etat
    Les autorités compétentes doivent réagir contre ce dérapages.




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    kechroud
    2 juillet 2016 - 12 h 52 min

    protection des enfants de terroristes
    ils ne sont pour rien ces enfants ils doivent etre sous la protection de l état et suivis par des phsycologues




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    Omar
    2 juillet 2016 - 12 h 51 min

    Comme d’Habitude …
    Simple bavure technique comme il s’en produit des milliers dans les locaux techniques des chaines de TV partout dans le monde, chaque jour ….
    Le Vrai Problème, c’est que l’Auteur de la bavure :
    1 – ne sera pas sanctionné
    2 – ne présentera pas ses excuses.
    Comme d’habitude …




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    Anonymous
    2 juillet 2016 - 12 h 43 min

    nous avons une justice qui
    nous avons une justice qui fonctionne « aux normes internationales « ;
    même les enfants de terroristes subissent l’humiliation !
    on mettra ce « derapage » sur le dos du photographe




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    Rascasse
    2 juillet 2016 - 11 h 33 min

    L’enfant algérien a de tout
    L’enfant algérien a de tout temps était mis en danger mal traité par l’adulte algérien immature pervers narcissique




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    Abou Stroff
    2 juillet 2016 - 11 h 21 min

    pas de dérapage!
    « Enfants de terroristes : l’Etat dérape » titre H .A..
    primo, ce n’est pas l’Etat qui dérape car, il faut d’abord démontrer qu’il y a un Etat en Algérie. c’est donc le pouvoir en place ou si on préfère la marabunta qui nous gouverne qui a dérapé. mais depuis quand la marabunta se soucie t elle des qu’en dira t on? il suffit de se rappeler les dérapages successifs concernant la trituration de la constitution ou l’amnistie d’assassins confirmés, entre autres pour réaliser que l’étonnement de H. A. est totalement inopportun




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    Anonymous
    2 juillet 2016 - 10 h 59 min

    Les enfants ne sont pas
    Les enfants ne sont pas responsables des choix de leurs parents. Protegez leur enfance, les humilier de la sorte ne donnera rien de positif. Protegez ces enfants et surtout qu’ils ne paient jamais, mais jamais, pour leurs parents.
    Ce sont des enfants. Seulement des enfants. Ils ne sont respeonsables de rien.




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