La Banque mondiale prévoit un «choc» financier en Algérie

Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale. D. R.

Dans un document transmis à notre site, l’économiste Abderrahmane Mebtoul estime que les réserves de change pourraient chuter à 60 milliards de dollars dans deux ans. Se référant au dernier rapport de la Banque mondiale sur l’économie algérienne, celui-ci relève que le déficit budgétaire s’est creusé de 1,4% du PIB en 2013 à 15,7% du PIB en 2016 et que l’Algérie est «massivement dépendante des hydrocarbures pour ses exportations et ses recettes publiques, à hauteur de 95% et de 75% respectivement».

Ainsi, selon les prévisions de la Banque mondiale, l’Algérie sera appelée à vivre «le vrai choc financier et économique» en 2018, avec des réserves de changes qui se situeront à 60 milliards de dollars. 

La période 2017-2020 n’incite guère à l’optimisme puisque, selon cette institution financière internationale, dans un deuxième rapport étendu à la grande région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord) quant au relèvement du prix du pétrole, la phase d’offre excédentaire s’achèvera et un rééquilibrage s’opérera sur le marché mondial du pétrole au début de l’année 2020 à des prix d’équilibre compris entre, environ, 53 et 60 dollars le baril. Il s’ensuit que, selon ce rapport, les subventions seront plus coûteuses et régressives pour l’Algérie (les subventions des carburants et autres représentent plus de 12% du PIB).

Pour avoir un équilibre budgétaire, l’Algérie aura besoin, en 2016, d’un prix de pétrole de 87,6 dollars/baril contre 109,8 dollars/baril en 2015. Une chose qui ne semble pas à portée de main.

Selon toujours ce rapport pessimiste, il est à signaler qu’avec la diminution des réserves de change la Banque d’Algérie sera contrainte de «continuer à dévaluer le dinar pour couvrir artificiellement le déficit budgétaire, l’emprunt obligataire concernant la sphère informelle ayant un résultat mitigé», lit-on dans le document.

Dans la nouvelle conjoncture, le dinar officiel se cotera à plus de 150/160 DA/1 dollar en 2018 et le parallèle s’orientant vers 200 DA/1dollar. Le dinar algérien était coté en 1970 à 4,94 DA/1 dollar – 1980 à 5,03 DA/1dollar – 1995 à 47,68 DA/1dollar, suite au rééchelonnement, et le 8 août 2016 à 121,67 DA/1 euro et 109,77 DA/1dollar avec un cours sur le marché parallèle qui est de 180 DA/1 euro.

En conclusion, l’expert algérien Abderrahmane Mebtoul préconise une autre gouvernance locale et centrale, «reposant sur l’économie de la connaissance, des institutions réalisant la symbiose Etat-citoyens, donc de profondes réformes structurelles, micro-économiques et institutionnelles». Des réformes qui, selon lui, sont «certes difficiles, car déplaçant d’importants segments de pouvoir assis sur la rente, devant éviter de vendre tant l’illusion monétaire que mécanique des années 1970» mais l’Algérie, qui recèle d’énormes potentialités, «peut relever les nombreux défis et éviter d’aller au FMI horizon 2019-2020, ce qui serait un drame à la fois économique et politique pour le pays. Un sursaut national s’impose», insiste l’économiste.

R. Mahmoudi

 

Comment (33)

    Anonymous
    16 septembre 2016 - 13 h 33 min

    Ainsi, selon les prévisions
    Ainsi, selon les prévisions de la Banque mondiale, l’Algérie sera appelée à vivre «le vrai choc financier et économique» en 2018, avec des réserves de changes qui se situeront à 60 milliards de dollars.

    Mais notre premier ministre Mr. Abdelmalek Sellal assure, à plusieurs reprises,
    Que les réserves de change de l’Algérie
    Ne passeront pas au dessous de 100 milliards de dollar ?!
    Il doit répondre, et bouter les arguments techniques du directeur de la Banque Mondiale,
    Et nous convaincre, et nous justifie, techniquement, avec arguments financiers solides
    Comme un grand expert économique, et financier, connaisseur, et maitre de l’économie algérienne
    Et non comme directeur de campagne d’élections présidentielles du candidat-président Mr. Abdelaziz Bouteflika

    L’Algérie, son économie, et son peuple otages
    Entre le marteau des chiffres économiques, et financiers graves, et pessimistes de la Banque Mondiale
    Et l’enclume des assurances politiques (tout va bien, tout est stable, tout est bon ?!…) de Mr. Abdelmalek Sellal

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