Une fête gâchée

Par Kamel Moulfi – La célébration de l’Aïd El-Adha est déjà gâchée, pour  tous, par les deuils qui ont touché les familles concernées par les deux crimes horribles commis dans l’est du pays, l’un à El-Khroub (Constantine), où une jeune femme de 34 ans, Amira Merabet, a été brûlée vive, et l’autre, à Aïn Fakroun (Oum El-Bouaghi), avec l’assassinat du petit Nasredine Telekhet, cinq ans. L’angoisse de ne pas trouver de pain dans la boulangerie, la longue attente à la poste pour retirer de l’argent en quantité suffisante pour faire face à la flambée des prix au marché, la file devant la pompe d’essence par crainte de la panne sèche, tous ces «petits ennuis» qui accompagnent la célébration de l’Aïd depuis quelque temps prennent une dimension dérisoire dans ce contexte morbide.

Tout un symbole : les victimes sont une femme et un enfant, que la loi algérienne est censée protéger par des dispositifs particuliers et qui ont, généralement dans notre pays, la sollicitude, sous des  formes diverses, de tous, à l’exception d’une catégorie d’individus inqualifiables, qui restent encore, heureusement, une minorité. Ces deux crimes, qui dépassent le stade de faits divers, ont été commis à la veille de l’Aïd, la fête par excellence des enfants, qui donnent aux dépenses consenties à cette occasion leurs principales motivations, et aussi la fête des femmes pleinement impliquées dans ce grand événement social.

Il n’est plus nécessaire de s’interroger sur les causes de cette tendance à la haine et sur la violence qui en est le corollaire et qui frappe au moindre prétexte, dans la rue, à l’école ou dans les stades, ni d’épiloguer sur les solutions à apporter à ce fléau pour l’empêcher de s’étendre puis l’éliminer. Tout cela a été discuté et débattu sous tous les angles et les conclusions en ont été tirées.

Sans perdre leur lucidité face à la vague envahissante de l’émotion, très forte et compréhensible dans ces circonstances, les spécialistes plaident pour des sanctions exemplaires. Les pouvoirs publics sont interpellés, une fois encore.

K. M.

Comment (8)

    NOSTALGIK
    11 septembre 2016 - 20 h 59 min

    sonnez l’hallali
    Appliquez la loi du talion et rien que ça.
    elle suffira.




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      Langar
      12 septembre 2016 - 9 h 46 min

      Cent n est pas un Probleme de
      Cent n est pas un Probleme de justice. La societe algerienne est en pleine decoposition morale, psychologisiert et emotionnelle. Les Algeriens n assimilent pas bien, ou pas du tout le le materialisme qui les a envahit et qui a pris possession de Leurs ames. Ca arrive quand on n a Pas appris a faire la part des chosesä. A l evidence, Leur religiosite ne Leur seit a rien, car elle n est que d apparence.




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        Anonymous
        15 septembre 2016 - 4 h 34 min

        Très bonne analyse et
        Très bonne analyse et pertinente.




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    issam
    11 septembre 2016 - 20 h 08 min

    Que peut faire l’état contre
    Que peut faire l’état contre le meurtre de Nasredine Telekhet commis par la femme de son oncle ?C’est un fait divers familiale.L’état n’est pas censé savoir ce qui se passe chez les gens tout de même !




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      Anonymous
      12 septembre 2016 - 4 h 52 min

      On parle d’enfants…
      Sous prétexte que ce soit dans la famille, on ne fait rien. Mais bon nombre de viols ont lieu dans la famille proche ou lointaine ! La loi du talion concernant cette femme qui a l’âme d’un monstre et qui trahit toute la famille de son mari. Ce crime vient de montrer le tabou de la violence féminine. Les enfants violés par des femmes ça existe ! Mais ça fait rire, car presque personne n’y croit. De toute façon, son mari va la jeter, quels liens de famille cette ordure a-t-elle respectée ? Famille ou pas, un pauvre enfant a été découpé en morceaux. Sait-on de quoi on parle ? Ou fait-on semblant ? Ce que devraient faire la justice au plus vite, c’est de faire l’étude comparative de la genèse de ces nouveaux phénomènes de violence en les comparant avec d’autres pays. On y trouvera sûrement, entre autres, les conséquences de la décennie noire et de la schizophrénie créée par un certain type de discours obscurantiste. Il faut en finir avec la crainte de la réalité et parler de toutes les choses avec franchise. On ne peut pas laisser des enfants se faire massacrer sans agir. Que nous arrive-t-il encore ?? Que se passe-t-il encore ?




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    anonyme
    11 septembre 2016 - 13 h 03 min

    Un discours de fermété
    Où sont les pouvoirs publics?
    Sont-ils concernés ou pas?
    Où est la société civile?
    Acceptons nous ce silence lâche?




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    W19 - TP
    11 septembre 2016 - 11 h 14 min

    Le jeu dure trop.
    Il va falloir desormais prendre le taureau par les cornes :
    1 / la drogue modifie l’etat d’esprit des gens, une guerre politique contre la narco-monarchie s’impose, il faut rendre public a l’ONU, dans la presse, en faisant des colloques avec les polices europeennes, russes et chinoises et isoler cette narco-monarchie.
    2 / La wahabisation de la societe doit faire aussi l’objet d’une lutte impitoyable, quitte a trouver des allies parmi les universitaires de qualites a l’exterieur de l’Algerie et ouvrir le proces, par voie universitaire, mediatique et politique, de la secte wahabite. Ce poison doit etre eradique. Nous ne pouvons plus laisser faire.
    3 / Le soutien a la modernisation de l’education nationale est une urgence et une necessite absolue. Notamment dans les parametres de la langue et de l’histoire nationale.
    4 / La lutte contre les criminels d’enfants (trafic d’organes, pedophilie, enlevement, sorcellerie) doit se gagner, quitte a en passer par la peine de mort pour marquer un coup d’arret definitif a la dislocation de la societe par la violence.
    Le jeu a assez dure. Un pays pris dans l’etau de la violence, de la depersonnalisation culturelle et par la modification de ses moeurs culturelles est un pays qu’il faut sauver.




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    Laetizia
    11 septembre 2016 - 10 h 27 min

    AID EL KEBIR
    bravo pour votre sens de la solidarité, que Dieu Tout Puissant accueille ces victimes dans sa miséricorde! je note que l’appellation de l’AID EL KEBIR a changé, est-ce un trait supplémentaire de la wahabisation de l’Algérie , un pays qui n’a pourtant jamais plié devant les forces impérialistes et voilà que l’ennemi saoudien s’est introduit pernicieusement dans nos vies générant la dépersonnalisation et la déshumanisation des êtres!
    AID MABROUK A TOUS ET QUE DIEU PROTÈGE L’ALGÉRIE!




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