A la recherche du FLN qui rassure

Par Kamel Moulfi Le déplorable spectacle donné par Amar Saïdani à la tête du FLN est terminé. Sa destitution était dans l’air et pourtant l’information a paru surprendre par sa soudaineté. Il fallait être doué d’une perspicacité toute spéciale et avoir de bonnes sources pour prévoir cet événement et dans ce timing. Après coup, bien sûr, cela paraît évident : l’enjeu des prochaines élections mettant en avant un nouveau défi – garantir la stabilité du pays alors que les moyens de la paix sociale qui en est le préalable font défaut –, ce n’est pas avec Amar Saïdani, homme des intrigues et des luttes d’appareil, au discours provocateur et diviseur, que le pouvoir comptait faire face à la situation.

Par contre, l’action de Djamel Ould-Abbès, avec un FLN remobilisé, combinée à celle de Sidi-Saïd, à partir de l’UGTA, et Ouyahia, qui semble avoir bien repris en main le RND, donne de meilleures chances de réussir, selon les calculs du pouvoir. Effectivement, Saïdani destitué, l’atmosphère a changé. Ceux qui étaient opposés à l’ex-secrétaire général ont laissé entendre qu’ils pouvaient se retrouver dans un «FLN qui rassure» sachant parfaitement que le nouveau chef de leur parti est plutôt bon dans ce rôle. Il leur a déjà lancé les premières perches en évoquant «la nécessité d’aller vers l’unification des rangs» et n’a posé comme seule condition que «le soutien au président de la République et à son programme», auquel, on le sait, l’ensemble du FLN, toutes tendances confondues, adhère.

Le grand problème pour le FLN est maintenant de savoir comment désamorcer la fronde annoncée par les multiples mouvements qui agitent la population pour diverses raisons, mais sur le même fond de malaise social entraîné par la crise. Enfin, question subsidiaire : y aura-t-il du monde pour s’inquiéter du sort d’Amar Saïdani ? Sans doute moins que pour Abdelaziz Belkhadem dont la voix est de temps à autre à peine audible à partir de la traversée du désert à laquelle il a été condamné par une simple information donnée dans une dépêche de l’agence officielle.

En dépit des apparences, le sort a été plus cruel pour Amar Saïdani : il a creusé sa tombe de ses propres mains.

K. M.

Comment (9)

    Erracham
    24 octobre 2016 - 14 h 09 min

    Einstein avait raison!
    En ces moments difficiles pour les octogénaires du FLN et leurs marionnettistes, je leur rappellerai ce que Albert Einstein avait déclaré: » La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à des résultats différents. » J’ajouterai à cette liste des fous, les idiots, les manipulateurs et les spéculateurs de tous bords. On semant le désordre et l’anarchie, on ne récoltera jamais la paix sociale, la stabilité, la prospérité et la respectabilité. Si les vrais décideurs comprenaient les véritables défis auxquels le pays doit faire face, ils devraient s’employer, dès à présent, à adopter les réformes politiques et économiques qui feraient de notre pays la locomotive de l’Afrique, une puissance régionale reconnue comme telle par le reste du monde. L’Algérie reprendrait alors la place que les parrains de notre révolution lui avait prédit et que nos enfants rêvent de concrétiser pourvu qu’on leur fasse confiance. L’Algérie est un pays de jeunes, laissons-les conduire le pays sur le chemin de la gloire!




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    MELLO
    23 octobre 2016 - 15 h 04 min

    Il dérangeait, lui.
    Parti unique par excellence de 1962 à 1989, le FLN n’a pas subit sa mue comme l’avait fait l’ALN devenue par la suite l’ANP après l’indépendance. Mais en tant que parti politique , un sel secrétaire général l’avait piloté, c’était Feu
    Abdelhamid Mehri, un ancien , un vrai moudjahid qui avait écrit une lettre ouverte en Fevrier 2011 au président de la république Bouteflika dont ci-dessous des passages :
    – Je m’adresse à vous par cette lettre dans un contexte particulièrement délicat et dangereux en étant conscient que seuls les liens de fraternité et les principes qui nous ont rassemblés durant la période de la lutte pour la liberté de notre pays et son indépendance me donnent cet honneur ; c’est aussi ma conviction que ces liens demeurent le dénominateur sur lequel peuvent se rencontrer les bonnes volontés au service de notre pays et du bonheur de notre peuple. Néanmoins, vous n’êtes par le seul concerné par le contenu de la lettre, ni la seule partie appelée à traiter des questions qu’elle soulève. J’ai tenu dans cette lettre à faire preuve de la franchise qui prévalait dans les délibérations des instances dirigeantes de la Révolution algérienne et qui était, même si elle dépassait parfois les limites du raisonnable, certainement préférable au silence complice ou à l’assentiment dénué de conviction.
    Vous êtes aujourd’hui au sommet d’un régime politique dont la mise en place n’est pas de votre seule responsabilité. C’est un régime à l’édification duquel a participé quiconque a assumé une part de responsabilité publique depuis l’indépendance, que ce soit par son opinion, son travail ou son silence. Mais aujourd’hui, de part votre position, vous assumez, et avec vous tous ceux qui participent à la prise de décision, une grande responsabilité dans la prolongation de la vie de ce régime qui, depuis des années, est bien plus marqué par ses aspects négatifs que positifs.
    Le système de gouvernement installé à l’indépendance s’est fondé, à mon avis, sur une analyse erronée des exigences de la phase de la construction de l’Etat national. Certains dirigeants de la révolution avaient opté, dans le contexte de la crise que le pays a connue en 1962, pour une conception politique d’exclusion pour faire face à la phase de la construction plutôt qu’une stratégie de rassemblement énoncée par la déclaration du 1er novembre 1954.
    L’exclusion est devenue, à la suite de ce choix, le trait dominant de la gestion politique et de la manière de traiter les divergences d’opinion. Les cercles et groupes politiques qui étaient choisis au début du mois étaient susceptibles d’exclusion et de marginalisation à la fin du même mois. Ces pratiques, qui ont contaminé même certains partis d’opposition, ont eu pour effet de pousser des milliers de militants à renoncer à l’action politique, de réduire la base sociale du régime et de réduire le cercle de décision à son sommet. Outre le fait qu’il est fondé sur l’exclusion, le régime a hérité de méthodes et de pratiques secrétées par les conditions difficiles de la lutte de la libération et les a adoptées dans la conduite des affaires publiques après l’indépendance.
    Les voix qui revendiquent le changement de ce régime et qui sont soucieuses qu’il advienne dans un climat de paix et de libre débat, sont nombreuses. Les signes qui alertent sur le caractère impératif d’un tel changement sont visibles depuis des années. Ils se sont encore accumulés ces derniers mois d’une manière telle qu’il est impossible de les ignorer ou de reporter la réponse.
    Les évènements qui surviennent continuellement chez nous et qui adviennent autour de nous depuis des mois évoquent ceux que le pays a vécus en octobre 1988 et des faits graves qui en ont découlé, de crise et de drames dont le peuple continue encore à avaler certaines des plus amères potions.
    Cette marginalisation et cette exclusion nourrissent en permanence les ressentiments et la colère. Elles alimentent la conviction que tout ce qui est lié au régime ou émane de lui leur est étranger ou hostile. Quand s’ajoute à ce terreau de la colère le poids des difficultés économiques, qu’elles soient durables ou conjoncturelles, les conditions de l’explosion sont réunies. A ces facteurs communs s’ajoute le fait que la majorité des algériens considère que le régime politique chez nous n’est pas fidèle aux principes de la révolution algérienne et à ses orientations et ne répond pas à la soif d’intégrité, de liberté, de démocratie et de justice sociale pour laquelle le peuple algérien a sacrifié des centaines de milliers de ses enfants.
    Le peuple algérien qui a pris en charge, de manière consciente et loyale, la révolution quand elle a été jetée dans ses bras, et en a assumé la responsabilité avec abnégation et patience, est apte, du fait de sa profonde expérience, à prendre en charge l’exigence du changement démocratique pacifique du régime et à l’accompagner vers les rivages de la stabilité et de la sécurité.
    L’Algérie doit célébrer bientôt le cinquantième anniversaire de son indépendance. Le temps qui nous sépare de cette grandiose occasion est suffisant, selon moi, pour parvenir à un accord entre algériens pour le changement pacifique souhaité. Le meilleur des présents à faire à nos glorieux martyrs est que l’on célèbre l’anniversaire de l’indépendance avec un peuple algérien fier de son passé et rassuré sur son avenir.

    En tirant sa révérence, à l’âge de 85 ans, Abdelhamid Mehri vient de signer la fin d’un parcours exceptionnel jalonné d’engagement et de fidélité.
    C’est pour cette raison que la disparition de Mehri va incontestablement bien au-delà de l’Algérie qu’il aimait tant.
    Il dérangeait.




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      OMAR
      24 octobre 2016 - 11 h 04 min

      MERCI POUR CE TEMOIGNAGE
      MERCI POUR CE TEMOIGNAGE/EFFECTIVEMENT SI ABDELHAMID QUE J AI BIEN CONNU DURANT MON PARCOURS DE MOUHFEDH/ELU PAR LA BASE EN 1991 / ET DONT J ETAIS PROCHE COLLABORATEUR JUSQU A SON DECES

      ETAIT POUR LA RECONCILIATIION NATIONALE…..ADOPTEE PAR LA SUITE AVEC LE PRESIDENT BOUTEFLIKA MEME PAR CEUX QUI AVAIENT SIGNE POUR SA DESTITUTION EN 1996

      PARMI EUX CE SAADANI/GIROUETTE ROUILLLEE PAR LES TEMPS/ CETTE RECONCILIATION DE SI ABDELHAMID N ETAIT PAS UNE ABDICATION……

      C ETAIT POUR STOPPER LES MASSACRES ETC/ FEU SMAIN LAMARI AVAIT BIEN NEGOCIE

      AVEC L’ AIS…..

      MAIS LES PLUS GRANDES ERREURS SONT LA NON APPLICATION DE LA CONSTITUTION ET DE LA LOI SUR LES PARTIS/ACP….

      C EST L ORIGINE DES DESASTRES CHEZ NOUS….

      QUANT AU FLN/ IL FAUT LE PRESERVER DE TOUTES CES DERNIERES ATTEINTES A SES PRINCIPES

      / LE LAISSER A SON AUTHENCITE REVOLUTIONNAIRE ET HISTORIQUE ET CREER UN AUTRE PARTI…

      GO/ ex mouhafedh élu/fils de chahid




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        MELLO
        24 octobre 2016 - 14 h 36 min

        FLN, pour un guide patriotique
        Votre témoignage ne fait que renforcer cette idée d’un glissement dangereux du parti FLN avec ces charognards qui l’ont pris en otage. Quant à la non- application de la constitution et la loi sur sur les ACP (associations à caractères politiques) , celle ci fait partie d’un programme élaboré dans les laboratoires de ce pouvoir occulte afin de contre-carrer la mouvance démocratique, issue principalement du mouvement Amazigh des années 80, en créant la nébuleuse islamiste avec le parti FIS , dont les aboutissants sont connus de tous. Malheureusement, des années après, aucune leçon n’a été retenue , l’état des lieux est effrayant, la dégradation s’aggrave dans tous les domaines de la vie quotidienne des citoyennes et des citoyens. Sans qu’ aucune perspective crédible de sortie de crise ne soit proposée  » ni globalement ni dans le détail « . Le système militaro-policier qui domine la société est totalement bloqué et en plus déboussolé..Nous sommes là dans l’une des données centrales du drame de notre pays.




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    New kid
    23 octobre 2016 - 15 h 02 min

    L’obedience
    Le roi est mort, vive le faiseur de roi !!




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    Gaouar
    23 octobre 2016 - 10 h 40 min

    M. Moulfi. Saadani a le sort
    M. Moulfi. Saadani a le sort qu’il mérite. Ce n’est pas assez du reste. Il doit passer par les cases « inspections des finances » et « justice ». La tombe, ce sont aussi ses « amis » qui l’ont creusé, il ne faudrait pas que l’on remonte vers eux. Vivement le suivant. D’abord Tliba. Il doit partir lui aussi du FLN.




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    New kid
    23 octobre 2016 - 10 h 33 min

    La magouille de la 5eme
    Que les algériens le veuillent ou non la corruption reprendra le dessus, le clientélisme des deux dauphins reprendra de plus belle avec le but d’instaurer un 5eme mandat !
    La banque d’Algérie prépare sa planche a billet pour lancer en mai 2017 le nouveau billet de 5.000 dinars pour entiché les votants à élire les affiliés de la shkara.
    L’appareil étatique avec tous ses sbires se réuniront pour la stratégie du bourrage électoral. Fln, Rnd, Taj Mahal, etc. se rassembleront comme le font les vautours autour du futur cadavre que sera l’Algérie qui deviendra l’algerire !




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    slam
    23 octobre 2016 - 8 h 54 min

    système fln
    Le fln est la representation exacte du système politique algérien : on nomme et on dégomme ses responsable de manière anonyme sans se soucier de ses militants ni de leur vote. Il ya toujours des « ordres venus d’en haut » pour imposer ou demissionner. Personne ne peut dire avec exactitude qui est l’auteur de cet ordre venu d’en haut. Et c’est valable pour tout ce qui gouverne le pays. On organise des votes pour amuser la galerie mais les vainqueurs ou les vaincus sont désignés par des mains invisibles. La volonté des militants, et par extension la volonté populaire, est ainsi confisquée par des décideurs tapis dans l’ombre qui gèrent le pays comme un bien privatisé. Jusqu’à quand ?




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    ANONYME
    23 octobre 2016 - 8 h 21 min

    la situation financière inquiétante du pays!
    Que va faire le FLN pour sauver le pays de la faillite financière?




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