Le double jeu de Médecins sans frontières (IV)

S. Bensmail – Andrew Korybko nous rappelle :

«Il faut se souvenir que les guerres hybrides reposent sur une instigation depuis l’extérieur et la manipulation par la suite d’un conflit d’identité dans un état de transit ciblé le long de la voie d’un projet multipolaire transnational de premier plan concernant des infrastructures conjointes. Il est beaucoup plus facile de conceptualiser la fonction que les ONG liées à des forces étrangères hostiles qui ont intérêt à mettre cette séquence de ‘‘chaos contrôlé’’ en mouvement. Ces groupes sont chargés de provoquer un sentiment de séparation d’identité parmi la population, un sentiment manipulé par de l’ingénierie sociale dont les organisateurs pensent qu’il finira par transformer des citoyens patriotiques en sympathisants antigouvernementaux.»

L’urgence à démasquer les ONG comme outil de la guerre hybride

Toujours selon le chercheur russe – et nombreux sont les observateurs à le comprendre de plus en plus aisément aujourd’hui face à ce qui se passe non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans les Balkans (avec le revirement confirmé de la Moldavie par exemple) et dans tous les pays qui commencent à se détourner des USA dans une aspiration à un monde multipolaire –, il y a une véritable urgence à comprendre le rôle et le fonctionnement des ONG dans la menée de ces guerres hybrides dévastatrices, guerres appelées à se développer dans un contexte de moindre engagement humain et matériel :

«La guerre hybride est la dernière forme d’agression menée par les forces unipolaires contre l’ordre mondial multipolaire émergent, et la façon indirecte avec laquelle elle est pratiquée protège l’auteur de répercussions immédiates et augmente donc l’attrait de ce stratagème. Vu que le recours à la guerre hybride comme instrument de politique étrangère ne montre aucun signe réel d’apaisement dans un avenir prévisible en raison de sa nouveauté et de sa nature rentable dans son application, il y a une urgence pressante à comprendre toutes ses facettes pour mieux la combattre, et donc la pertinence d’exposer le rôle central que jouent les ONG dans ce processus.»[1]

A la lumière de leur grande implication dans la déstabilisation et la destruction des Etats-nations rétifs à la domination sans équivoque de l’Empire[2], il est impératif, pour tout Etat veillant à sa souveraineté et à sa cohésion nationale, de contrôler strictement ces organisations, voire les combattre :

«Les réseaux d’ONG et le personnel local participent à ce programme aidé de l’étranger et aspirent à perturber, contrôler ou influencer ces projets d’infrastructure mentionnés ci-dessus grâce à divers degrés de pression R-TCR contre les autorités. Ils peuvent se transformer en insurgés ou d’autres formes de menaces asymétriques lorsque leurs tactiques de révolution de couleur échouent pour commencer progressivement à prendre une forme de guerre non conventionnelle améliorée. Comme les ONG liées à des intérêts étrangers sont les forces d’avant-garde en tête de la dernière itération de la guerre hybride partout dans le monde, il est dans l’intérêt de chaque gouvernement responsable de placer des contrôles de surveillance et des restrictions opérationnelles sur ces groupes afin de neutraliser leurs capacités offensives et d’assurer la sécurité nationale.»

A la suite du Brexit, de l’élection de D. Trump, de la libération de la ville d’Alep et de bien d’autres surprises majeures pour les élites dominantes occidentales, l’actualité internationale montre de plus en plus une situation exceptionnelle. Les masques tombent les uns après les autres et ces ONG apparaissent désormais sous leur vrai visage ou, pour le moins, leur mode opératoire de plus en plus explicite.

En Hongrie, par exemple, le vice-président du Fidesz, Szilárd Németh, déclarait récemment que «la Hongrie doit être débarrassée des pseudo-ONG de l’empire Soros. Le contexte international le permet désormais». Fin décembre, le Premier ministre hongrois avait dénoncé encore une fois l’influence de George Soros tout en proclamant 2017 «l’année de rébellion des Européens chrétiens et nationaux de notre espèce contre les forces libérales et globalistes». Plus au Sud, en Algérie, la dissolution du Rotary Club de Relizane a fait grand bruit dans un contexte d’une mobilisation générale des services de sécurité contre les activités de subversion visant sa déstabilisation[3].

Dans un retournement vers l’intérieur, celles-ci sont maintenant utilisées au cœur même de l’Empire et les prémices d’un «printemps américain»[4] violent et organisé s’amorce avec les mêmes outils et les mêmes financements. Ce printemps peut déboucher sur une véritable guerre civile aux répercussions inimaginables pour l’Europe en particulier si jamais Donald Trump, élu démocratiquement, est destitué ou assassiné[5].

Comme l’exprime le très écouté The Saker, fin décembre, dans son billet «Panique et agonie néocon» :

«Mon espoir est que les dernières pitreries des néocons aggravent suffisamment et même mettent Trump en rage à un point où il renoncera à ses futiles tentatives de les apaiser. C’est seulement en s’engageant dans une politique systématique de ‘‘dé-néoconisation’’ de l’establishment politique étasunien que Trump donnera un peu d’espoir de ‘‘rendre à l’Amérique sa grandeur’’. Si le plan de Trump est d’apaiser les néocons suffisamment longtemps pour être assermenté et voir ses hommes approuvés par le Congrès – c’est bien. Alors il a encore une chance de sauver les Etats-Unis d’un effondrement catastrophique, mais seulement tant qu’il reste déterminé à réprimer sans pitié les néocons une fois qu’il sera au pouvoir. Si son espoir est de distraire les néocons en les apaisant sur des questions secondaires ou mineures, ses efforts sont voués à l’échec et il suivra le même voie qu’Obama qui, au moins superficiellement, apparaissait au début être un candidat non néocon et qui a fini par être une complète marionnette néocon (en 2008, les néocons avaient parié sur McCain et ils n’ont infiltré l’Administration Obama qu’une fois McCain défait).

D’une façon ou d’une autre, nous nous dirigeons vers une crise, la seule question étant de savoir si les Etats-Unis en sortiront libérés ou condamnés.»[6]

Charles Sannat, observateur français perspicace, explique quant à lui la vision de V. Poutine – toujours aussi diabolisé par le Système – face à cette situation américaine :

«Aux Etats-Unis, une lutte politique se poursuit même après la présidentielle, a déclaré le président russe Vladimir Poutine aux journalistes à l’issue d’une rencontre avec son homologue moldave Igor Dodon. ‘‘Nous observons aux Etats-Unis une lutte politique aiguë bien que l’élection présidentielle ait eu lieu et se soit achevée par la victoire décisive de Donald Trump’’, a fait remarquer le chef de l’Etat russe. Selon M. Poutine, cette lutte a plusieurs objectifs, dont le principal est de ‘‘torpiller la légitimité du président élu américain’’. Et de souligner que ceux qui le font portent consciemment ou pas atteinte aux intérêts des Etats-Unis. ‘‘L’impression que nous pouvons nous faire est qu’après s’être entraînés à Kiev, ils sont prêts à organiser un ‘‘Maïdan’’ à Washington pour empêcher Trump d’entrer en fonction’’, a poursuivi M. Poutine. Leur deuxième objectif, selon lui, est de l’empêcher de mettre en place des promesses données lors de sa campagne électorale que ce soit au sujet de la politique intérieure ou étrangère, estime le Président.»[7]

En France, les ONG au service des «migrants» des nouvelles guerres coloniales

A l’opposé de Nanterre, par-delà Paris, Créteil la socialiste a célébré, lors du buffet des vœux de son maire L. Cathala, «l’ardente défenseure du droit des étrangers» : Lenka Middlebos. Dans un billet intitulé «Le Nôtre avant les nôtres», le président du Front national, G. Marzo, indique que pendant cette soirée aux petits fours du grand traiteur, «Serge, 47 ans, grelotte» par moins 2° C et appelle tous les soirs le 115 pour avoir un hébergement d’urgence – hélas saturé depuis quelques mois du fait de ces mêmes migrants.

Après avoir été formé dans une école de cinéma en Hongrie – le pays de G. Soros –, Lenka Middlebos s’est installée en France en 1977, travaillant rapidement au siège de France terre d’asile, cette autre ONG très active. Comme le note le journal municipal Vivre ensemble – tout un programme dans la bouche du PS ! –, elle «court la France pour ouvrir de nouveaux centres, accompagner l’insertion des demandeurs d’asile».[8]

Après la lente explosion – implosion du système «UMPS»[9] à laquelle nous assistons, un même scénario de destitution ou d’empêchement plus ou moins légal pourrait se mettre en place contre la seule qui est donnée gagnante à tous les coups : Marine Le Pen du Font national. La majorité de la population, y compris les Français d’origine étrangère, est très mécontente de cette politique de casse généralisée de leur modèle. Elle saisit en effet de plus en plus la stratégie mondialiste de ses élites corrompues, stratégie basée sur l’affaiblissement de l’Etat et le «désarmement» de toutes les composantes de la société (travail, identité, traditions, famille, masculinité et bien d’autres fondements précisément attaqués). Ce désarmement s’accélère depuis plus d’un an par les grands flux des «migrants» organisés par les ONG, depuis leur trafic en mer (par des rotations enregistrées de leurs flottes) et sur le sol européen.

Priver, par un moyen ou un autre[10], cette majorité des Français de leur choix risque aussi de déboucher, comme probablement aux Etats-Unis, sur une explosion hors de tout contrôle.

Dans une course finale vers l’abîme, instrumentalisées à l’extérieur en vue de la «transition démocratique» imposée par l’Empire, les ONG de «l’humanitaire» poursuivent inlassablement leur travail à l’intérieur avec les millions de «migrants» issus de ces mêmes déstabilisations et prédations.

S. Bensmail

(Suivra et fin)

 


[1] http://katehon.com/article/afro-eurasian-blueprint-multipolar-world-order

[2] «Etats voyous» selon la terminologie de G. W. Bush dans sa (pseudo)conception de type messianique

[3] Face au piratage des derniers avions de combat livrés par la Russie (et la surveillance de leurs activités), vols de drones non identifiés venant de la Tunisie, incursions de groupes armés dans le sud, arrestation d’espions passés avec les réfugiés africains, troubles intercommunautaires persistants ou larvés, etc.

[4] Le Saker, «Une ‘‘révolution de couleur’’ est en cours aux Etats-Unis», 28 janvier 2017, The Saker. Ruslan Ostakhko, «C’est commencé : le Maïdan américain a fait son apparition», Live Journal, 30 janvier 2017

[5] Selon l’écrivain David Horowitz, qui vient de publier Big Agenda : President Trup’s Plan to Save America, Barack Obama et Hillary Clinton prépareraient la création d’un «Gouvernement des Etats-Unis en exil». Lire «Les manifestants anti-Trump ‘‘payés par Georges Soros’’ et ‘‘Hystériques comme jamais vu’’», http://français.rt.com/opinions/33285-manifestants-anti-trump-payes-soros-hysteriques ; https:français.rt.com/international/32923-trump-soros-qui-remportera-bataille

[6] http://www.unz.com/tsaker/neocon-panic-and-agony/

[8] http://www.ville-creteil.fr/vivre-ensemble/vivre-ensemble-html/Vivre-ensemble-369-fevrier-2017.htm; https://adli94.org/les-acteurs-locaux-de-creteil/hebergement/centre-daccueil-des-demandeurs-dasile-cada-france-terre-dasile/

[9] Qui a accaparé le pouvoir depuis quelques dizaines d’années et montre jour après jour une terrible déconfiture, morale et intellectuelle

[10] Une enquête est opportunément instruite ces temps-ci au niveau européen visant à la déclarer inéligible

Comment (2)

    Comète
    9 février 2017 - 21 h 49 min

    Tu m’a enlevé les mots de ma
    Tu m’a enlevé les mots de ma bouche !




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    Anonymous
    9 février 2017 - 13 h 25 min

    ONG, MEDECINS (SANS FRONTIÈRE
    ONG, MEDECINS (SANS FRONTIÈRE) = ESPIONAGE + AGENT DESTABILISATEUR DE RÉGIONS.




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