Les premiers tests pour le gouvernement

Par Kamel Moulfi – Les réflexes des Algériens restent intacts dans leur comportement social. Durant le Ramadhan, surtout les premiers jours, leur regard est concentré sur la situation du marché des produits alimentaires qu’ils achètent en surplus pour n’en consommer qu’une partie et le reste ira dans la poubelle, grossir les statistiques que des «spécialistes» s’évertuent à établir depuis quelques années pour mettre en évidence le phénomène du gaspillage de la nourriture, qui n’est pourtant pas propre à ce mois sacré.

C’est d’abord le pain, visible, que l’on cherchera, pour son choc émotionnel plus fort dans ce qui est jeté après le repas avec les ordures. Les chiffres astronomiques des quantités de cet aliment trouvées dans la poubelle sont convertis en dollars, devise qui sert à importer son produit de base, le blé, et le lien est vite fait avec la crise financière que vit le pays. Cela donne l’occasion aux «experts» postés en embuscade de ressortir leur vieille rengaine sur les subventions des produits de première nécessité qu’ils rêvent de voir supprimées. Dans quel but ?

La politique, le changement de gouvernement, la situation dans la région et dans le monde, les commentaires sur les informations livrées par les médias, d’ici et d’ailleurs, tout cela est gardé en réserve pour meubler les soirées d’après-ftour. Une chose est sûre : Tebboune et son équipe gouvernementale ne profiteront pas du Ramadhan, habituellement moment de répit pour l’Exécutif.

En dehors du domaine sécuritaire, où la mobilisation est permanente, plusieurs fronts seront en état d’alerte maximum : le commerce, à cause du Ramadhan et des pénuries et hausses des prix, coutumières en la période, mais très mal venues pour un ministre fraîchement installé ; l’éducation nationale, avec son bac et le spectre de la grande fraude nationale déstabilisatrice ; le logement dont le programme doit se poursuivre du fait de son impact médiatique avantageux pour le nouveau gouvernement ; enfin, le sport-roi, le football, qui continue de déchaîner les passions, d’autant plus que le déroulement de l’épreuve phare, la Coupe, est sérieusement perturbé par la question de la domiciliation des matches des demi-finales.

Avant les vacances, les Algériens sauront si le gouvernement Tebboune est en mesure de mieux faire face aux défis que son prédécesseur.

K. M.

Comment (4)

    Rien-ne-va-plus
    3 juin 2017 - 15 h 10 min

    Prétexte humanitaire
    Si en temps de guerre, le prétexte humanitaire a très souvent réussi à produire ses effets nocifs aux dépens du belligérant, peut-il ce même prétexte, en temps de « ni guerre ni paix » que vit notre région engendrer progressivement les mêmes effets.
    Pourquoi donc ne pas dire plutôt que le Maroc – allié avéré des monarchies du Golfe -, en plus d’autres pays réussissent à chaque fois pour une raison ou une autre de se débarrasser de réfugiés arabes, et autres Africains noirs dans le besoin, en les éjectant spécialement, à titre humanitaire, chez nous. L’Algérie vive-t-elle encore le temps de l’abondance ou celui des années des vaches maigres.
    Sommes-nous transformés sans le savoir en une sorte de « grue éclairée », cet engin de « levage et de manutention réservée aux lourdes » charges humanitaires qui se prolifèrent autour de nous. Ou encore sommes-nous devenus plus intelligents que ceux qui eux-mêmes sont à l’origine de ces exodes massifs par exemple de syriens, soit-dit les pays du Golfe persique.
    Savez-vous que les grosses bedaines fortunées telles qu’Emirs, hommes d’affaire etc… du Golfe refusent d’accueillir chez eux ces réfugiés sous le prétexte sournois « du niveau de vie supérieur du citoyen du Golfe par rapport à celui de ces pauvres émigrés. Ces pays du Golfe, ne les ont-ils pas eux-mêmes fait déplacer de leur propre pays pour des raisons politiques. Ne se préfèrent-ils pas ces monarques de choyer plutôt dans des hôtels de luxe les dissidents politiques à leurs gouvernements.
    N’est-ce pas pour prémunir leur tissu social et économique que ces pays se méfient d’une déchirure liée à ce flux douteux et ininterrompu de réfugiés à travers le monde. Faut-il que la tendance de nous faire à chaque fois valoir sur le plan humanitaire au profit d’autrui, sans discernement, prenne le dessus sur la réalité de nos propres moyens et capacités. L’Algérie ne souffre-t-elle pas déjà de problèmes socio-économiques non négligeables que le gouvernement s’attelle à juguler tant bien que mal.
    L’Europe quant à elle, étant impliquée de façon directe dans cette migration, n’assume-t-elle pas, tout de même, selon ses propres moyens, sa responsabilité vis-à-vis de ce phénomène dangereux ? Ne redoute-t-elle pas ses conséquences avenirs en prenant bien soin de prévenir tous ses dangers futurs possibles.




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    Brahim
    28 mai 2017 - 11 h 59 min

    Toujours les vieux
    L’Algérie est un pays de jeunes. Pourquoi ces vieillards (…) sont-ils encore au pouvoir?




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    Boudiaf
    27 mai 2017 - 20 h 06 min

    bureaucratie
    Je voudrai que quelqu’un dise a Monsieur Teboune le nouveau premier Ministre,que son principal ennemie,celui qui se dressera sur son chemin,la cause du blocage économique et social de l’Algérie..c’est la bureaucratie,la sur-réglementation et les petits fonctionnaires véreux…il importe peu aux Algériens,qui serait ministre ou Président..ils demandent juste,que les multiples entraves bureaucratiques qui leur barrent le chemin du développement et de la prospérité soient levées par des décisions courageuses et révolutionnaires…c’est le chantier le plus crucial et le plus important du gouvernement de Mr Teboune…s’il réussi a liberer et a democratiser l’acte d’investir et les initiatives economique..il reussira là..ou tout ses collegues ont échoué




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    Cri de colere
    27 mai 2017 - 15 h 00 min

    Mello
    Pourquoi attendre qu’un ministre, qu’ un chef du gouvernement ou qu’un president fasse ? Pourtant, La structuration de ce systeme qui nous gouverne est faite en sorte a ce que chaque region ou chaque secteur ne puisse leur echapper. Les Walis, les chefs de daira, les presidents d’APC et tous les chefs de services de toute cette administration, sans oublier les directions centrales, les directions de wilaya et les services communaux, sans oublier tous ces commissariats installes pratiquement dans chaque kilometre carre de ce pays, sans oublier toutes ces brigades de gendarmerie qui quadrillent le territoire. Sans oublier tous ces delateurs de premiere heure pour lesquels faits et gestes d’un citoyen est vite porte a qui de droit. Que reste il pour que le citoyen puisse vivre SA vie sans souci majeur ou mineur ?.




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