La schizophrénie de Boudjedra et l’hypocrisie ambiante

Par Youcef Benzatat – Le début du Ramadhan s’annonce très agité en péripéties publiques défrayant les chroniques. Tantôt suivies de réactions grégaires d’un déchaînement d’une rare violence de la part de la grande masse de l’opinion publique. Tantôt par un état de dilettante qui laisse planer le doute sur une odeur de gaz dans l’air chez les élites, les intellectuels, les journalistes et chez beaucoup de cadres des professions libérales et publiques. N’est-ce pas que la fraude aux dernières législatives a été totale, transparente, jusqu’au mépris de la chose démocratique. Les jeux sont faits. La dictature a triomphé. Circulez !, il n’y a rien à espérer.

Hocine Rizou, PDG de Naftal, fut lynché et humilié en public à travers les réseaux sociaux, que relaya les médias sans trop de commentaires, pour une affaire de mœurs présumée, qui cache en vérité une volonté occulte de se débarrasser d’un empêcheur de jouir de l’état de grâce que procure le reniflement du gaz. Humilié pour avoir osé moraliser le fonctionnement de son entreprise. Quelques voix se sont indignées brièvement devant cette ignominie avant de la refouler brutalement du débat public. Pourtant, cette affaire est assez grave par le fait qu’elle a convoqué sur la place publique le débat sur la dérive de corruption qui affecte les entreprises publiques et, au-delà, de la moralisation de toute la vie publique. Ce qui attribue à son action un caractère éminemment politique.

Suite à cette affaire, Hocine Rizou fut hospitalisé pour un malaise cardiaque et licencié de son poste. Une pétition fut lancée pour sa réintégration à son travail, qui fut ignorée, aussi bien par l’opinion que par les médias et les élites. La moralité du traitement de cette affaire nous dévoile l’absence d’intérêt pour l’action politique qui interpelle l’opinion, pour son association à la lutte pour la moralisation de la gestion des affaires publiques. Autrement, c’est la consécration de la dictature, suivie d’une période de dilettante pour les uns et qui verra le peuple mordre la poussière à plein salive.   

Au même moment, l’ancien moudjahid et écrivain de renommée internationale, Rachid Boudjedra, avait subi une mésaventure d’humiliation sur une chaîne TV dans les règles. Une humiliation dont il est le seul responsable. Un piège qu’il s’est tendu à lui-même et dans lequel il est tombé jusqu’au ridicule. Empêtré qu’il est dans une schizophrénie religieuse depuis qu’il a abandonné le combat politique, pour devenir un intellectuel organique, il s’est avéré impuissant à déclamer publiquement son athéisme. Sa désertion du combat politique par contre, il la revendique sans aucune gêne. Depuis longtemps déjà.

A ce propos, il avait avoué lors d’une conférence débat au théâtre régional de Constantine, au tournant des années Boumediene, au tout début des années 1980, en réponse à une question de l’auditoire : «Vous vous situez où par rapport au pouvoir ?», sa réponse fut sans équivoque : «Je me situe dans la Constitution», bien que celle-ci ne bénéficiait d’aucune légitimité. Une Constitution ayant validé le régime autoritaire et prédateur dans lequel nous sommes à ce jour pris en otages. D’ailleurs, il n’était pas à sa première humiliation publique. Lors de la polémique autour du roman Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, dans un élan de concurrence avec ce dernier en matière de critique de la religion, il avait déclaré avec force son athéisme sur le plateau d’une chaîne TV, pour se rétracter quelques moments plus tard.

C’est dire que sa schizophrénie ne relève d’aucune pathologie, mais bel et bien d’un manque de courage ou simplement d’un opportunisme politique. Kateb Yacine pencherait plutôt pour la première hypothèse. En effet, un jour, Boudjedra qualifia l’arrêt de production littéraire de ce dernier d’une situation d’impuissance dans laquelle se trouve par moments l’écrivain, à quoi lui retorqua l’auteur du cercle des représailles : «Ceci est le langage des impuissants !» 

Paradoxalement, l’ivresse due au reniflement du gaz a précipité les biens pensants dans la société à crier au scandale public, en incriminant la chaîne TV et oubliant la schizophrénie de Rachid Boudjedra. Au lieu de l’aider à supporter le poids lourdement conservateur de la société et le soutenir dans l’expression de sa liberté de conscience, ce qui aurait attribué à cette action un caractère hautement politique. Au lieu de cela, on a eu le droit à une foule de pompiers pyromanes, allant jusqu’à l’organisation d’une marche pour réclamer la fermeture de ce média, qui aura pour conséquence directe la restriction de la liberté d’expression et en enfonçant encore un peu plus la schizophrénie religieuse de la société.

A se demander s’il y a vraiment une chaîne de télévision ou même la presse, publique ou privée, dans le champ médiatique algérien, qui ne recourt pas d’une façon ou d’une autre, avec plus ou moins de sournoiseries, au prosélytisme et qui n’use pas de méthodes inquisitrices. Même l’école et l’espace public sont dominés par cet état de fait. Est-ce à dire que gagner la bataille contre Ennahar TV, c’est gagner la bataille contre le bigotisme dans lequel la société et les institutions publiques sont aliénées ? En se gardant bien de préciser que leur action n’a aucun caractère politique, on est amené à conclure que l’on se dirige tout droit vers une nouvelle forme de schizophrénie, politique cette fois, dans laquelle on ose plus affirmer notre volonté de se défaire de la dictature, conservatrice et à la limite du théocratique, dont on s’accommode comme on peut, bien que notre désir profond serait d’aboutir à un Etat de droit dans un régime laïc et démocratique.

On sera tenté de mettre tout ça sur les effets du jeûne par un temps très chaud, avoisinant par moments et dans des endroits près de 40 degrés Celsius, si ce n’était la gravité de ces faits en chaîne, qui se répètent et se suivent, mobilisant l’ensemble des médias et des élites organiques dans des postures quelque peu douteuses et hypocrites.

Y. B.

Comment (75)

    youcef benzatat
    9 juin 2017 - 8 h 46 min

    Boudjedra dans le magazine le
    Boudjedra dans le magazine le point, du déni à la paranoïa !

    Interrogé par le magazine Le Point dans un article paru le 8 juin 2017, intitulé « la société algérienne est submergée par l’islamisme », à propos de l’affaire de la vidéo de la caméra cachée de Ennahar TV, Rachid Boudjedra fustige la population algérienne sur son aliénation dans un islam très conservateur avec comme conséquences des comportements intolérants et extrêmement violents et déclare avoir cru à un enlèvement par des terroristes !

    Pour un intellectuel, écrivain et doyen de l’élite athée comme il le prétend lui-même dans cet article, on attendait de lui une analyse à la hauteur de son rang. Ce fut une déception totale. On ne demande pas à un intellectuel de faire un constat sur le visible, celui qui est accessible au commun des observateurs de l’espace public. Mais d’éclairer l’opinion sur les processus qui ont été à l’origine des situations observées en tant qu’aliénations dangereuses pour la société et de proposer des solutions ou à la limite ébaucher des éléments d’explication pour y remédier, afin de parvenir à élever la société à plus de développement et d’émancipation. En ce sens que le rôle de l’intellectuel dans sa société c’est de se positionner en référent, comme une lanterne, pour baliser les chemins obscurs et accompagner ses contemporains vers plus de lumière.

    En fait, à l’issue de son intervention sur ce magazine, on apprend que la population algérienne est profondément aliénée dans l’imaginaire mythologique religieux, avec comme conséquence une attitude généralisée d’intolérance et de violence intégriste. Un constat qui n’échappe à personne et dont la population elle-même se plaint de cette aliénation infernale dans laquelle elle se sent piégée et dont elle ne sait plus comment s’en sortir. Car dans ce genre de situations, l’affirmation de sa foi dans un environnement saturé de signes de croyance et de pratique religieuse de manière excessivement ostentatoire est un gage d’intégration pour tout membre de cette communauté et qui lui évite de fâcheux désagréments. En atteste le boycott des partis islamistes lors des dernières consultations électorales.

    Si Boudjedra remet en question la loi de la réconciliation nationale dans cet entretien, du bout des lèvres du reste, qui a permis la libération des prisonniers islamistes responsables de la barbarie des années 1990, ce n’est pas pour dénoncer son impact psychologique sur la société en termes de sentiment d’impunité qui lui est associé, mais plutôt pour préciser que ces derniers ont profité de la complaisance du pouvoir pour leur enrichissement dans les affaires. Ce qui est remis en question n’est pas à proprement parler le danger de contamination ou d’influence de la population par l’aspect fanatique de leur comportement, mais plutôt leur sens de la prédation.

    On attend sans doute plus d’engagements d’un intellectuel de son rang à aller à la source du problème. Car ce fanatisme n’émane pas en apriori de la population elle-même. Celle-ci apparaît d’emblée comme victime d’une instrumentalisation de la foi par le pouvoir pour perpétuer sa domination. Le principal responsable de ces intolérances et de ces violences religieuses c’est le pouvoir lui-même, qui réprime toute velléités d’émancipation de la religion dans la société. Tout en orchestrant une idéologie structurante autour des institutions et de la gestion de l’espace public. Le créationnisme érigé comme doctrine fondamentale dans l’éducation nationale ou l’on apprend aux enfants comment laver les morts selon le rite religieux musulman au lieu de leur apprendre la tolérance de la différence. L’encouragement de la construction de mosquées au détriment de centres culturels, de bibliothèques municipales, de structures d’édition et de commercialisation du livre et d’organisation de manifestations culturelles à l’échelle local et national. La saturation des programmes télévisuels des médias publics par les sujets religieux, y compris l’appel à la prière qui vient entrecouper toute émission en cours cinq fois par jour. Quant à la violence religieuse, on ne peut nier que celle-ci émane essentiellement du pouvoir contre la société. Ce n’est pas la population qui persécute et embarque les non jeuneurs, les amoureux qui se cachent et s’isolent aux commissariats de police. Ce sont bien les forces de sécurité. Ce ne sont pas les musulmans qui persécutent les Chrétiens kabyles, mais bel et bien les forces de sécurité. Les atteintes à la liberté d’expression par l’emprisonnement de blasphémateurs, ce n’est pas non plus la population qui en est responsable, mais bel et bien l’institution judiciaire. L’article 2 de la Constitution, qui affirme que l’Islam est la religion de l’Etat et l’éligibilité à l’exercice du pouvoir qui est tributaire de l’adhésion à la foi islamique, ce n’est pas la population qui l’impose !

    Si à la suite de l’affaire qui l’oppose à Ennahar, on apprend que l’actuel président de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav), Zouaoui Benhamadi, est menacé d’être démis de ses fonctions, ce n’est pas pour le sanctionner d’avoir contribué à l’intolérance et à la violence religieuse sur un média. Mais plutôt pour le sacrifier en tant que lampiste pour calmer les esprits face à cette affaire qui commence à s’ébruiter au niveau international.
    Au lieu d’aller crier sur les colonnes du magazine le point que la société algérienne est submergée par l’islamisme, alors que c’est le pouvoir qui l’inonde avec, Boudjedra aurait mieux fait d’affronter ce pouvoir sur ses dérives, par l’instrumentalisation de la religion contre la société. Au lieu de se contenter de son statut d’écrivain, d’ancien Moudjahid, de communiste et d’athée et de fantasmer dans le délire paranoïaque de l’enlèvement terroriste, il aurait mieux fallu pour lui de continuer son combat révolutionnaire, entamé depuis son engagement dans la lutte pour la libération nationale, et d’assumer son rang d’intellectuel éclairé,




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    Youcef Benzatat
    6 juin 2017 - 17 h 45 min

    Je rajouterai ceci : Faire
    Je rajouterai ceci : Faire débat, ne consiste pas à procéder par énonciations performatives, pour chercher justement à « convaincre » son interlocuteur ! Se serait plutôt par l’exposé de son argument sous la forme d’une communication pragmatique ou le but recherché serait de trouver un accord avec son interlocuteur relativement à son propre argument qui devrait être lui aussi énoncé pragmatiquement, au lieu et à la place de vouloir le « convaincre » par l’énonciation sous forme performative. Lorsque l’on est de bonne foi on doit recommencer autant de fois jusqu’à parvenir à l’accord, en précisant son argument par l’approfondissement de celui-ci jusqu’à sa compréhension par l’interlocuteur et réciproquement. La réussite de la communication pragmatique est essentiellement tri buteur de la bonne foi chez tous les interlocuteurs qui prennent part au débat. Autrement, cela fini par un dialogue de sourds ou l’argument le plus récurent est la calomnie, le travestisse du propos de l’interlocuteur pour finir dans l’invective et toute autre incorrection comme c’est le cas le plus souvent sur ce champ de commentaires ou l’on a l’impression d’être plus sur une place de lapidation que d’être face à un véritable débat ouvert.




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      Mello
      7 juin 2017 - 15 h 00 min

      Convaincre est en fait un mot
      Convaincre est en fait un mot ayant une signification symbolique, car c’est plutot l’art de convaincre qui importe. Ce qui porte a croire en ses idees et les faire partager avec les interlocuteurs. Convaincre en abordant toute situation d’echanges sans stress, et d’etablir des relations « gagnant -gagnant » . Pour ainsi faire, le niveau de comprehension de chacun doit primer, en faisant abstraction de toute invective, de toute consideration touchant a la personnalite de chacun. Ce manque , ou cette absence de communication, entre nous , est le resultat d’un individualisme qui nous submerge. Dans l’ecole anglo-saxonne, les enfants sont places , en classe, d’une maniere a se voir tous face a face, chaque intervenant est vu par l’ensemble des eleves. Chez nous, l’ecole dite  » latine » les enfants sont places deux par deux, et les tables sont les unes derriere les autres. Un manque de communication flagrant.




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    Youcef Benzatat
    6 juin 2017 - 15 h 34 min

    @Mello. Excepté chez l
    @Mello. Excepté chez l’algérien qui bénéficie d’une formation universitaire conséquente, il y a effectivement chez le reste de la société un trouble de la personnalité qui est dû essentiellement à un déficit important de référent. Ce manque de référent est la conséquence directe de la perversion de l’histoire, de l’identité, de l’absence de légitimité des institutions etatiques et représentatives, pire encore, ces institututions ne sont que des coquilles vides, d’où le déficit de l’Etat lui même. C’est ce manque, me semble-t-il, qui nous joue tous ces tours que vous évoquez et qui rendent le débat public impossible !




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    Anonymous
    6 juin 2017 - 14 h 49 min

    faute , je corrige : forcé et
    faute , je corrige : forcé et non forçé




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    Mello
    6 juin 2017 - 13 h 51 min

    Mr Benzetat, vous avez
    Mr Benzetat, vous avez utilise les mots schizophrenie et hypocrisie qui sont les caracteristiques de nous autres, tous que nous sommes. Ce constat a ete etabli en ayant lu l’ensemble des interventions sur le sujet. Mais le plus interrogatif de tous, c’est votre reaction a chacun des posts pour essayer de convaincre l’autre. Les idees, les apprehensions, les points de vue sont des « mesures » de la memoire de chacun de nous . Troubles affectifs, intellectuels , incapacite d’agir et delire ne sont ils pas les maux qui nous rongent ?




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    youcef benzatat
    6 juin 2017 - 5 h 53 min

    Voilà pourquoi je ne suis pas
    Voilà pourquoi je ne suis pas solidaire avec Boudjedra
    Je n’ai pas à être solidaire avec une victime d’une humiliation de la part d’un média, pour la seule raison que ce média est un relais du système qui prend en otage le destin de mon peuple, de mon pays et de ma nation.
    Si je dois être solidaire avec la victime, c’est parce que je considère que celle-ci est solidaire avec ma propre humiliation et celle de mon peuple, que nous inflige ce système et ses relais.
    Je n’ai pas à être solidaire avec une victime d’humiliation qui est due à son propre reniement, au reniement de sa liberté de conscience et par conséquent à sa responsabilité politique devant l’opinion.
    En acceptant de se rendre sur le plateau de ce média et en se reniant devant l’opinion, il a contribué volontairement à la légitimation des méthodes et de l’idéologie véhiculée par ce média au profit du système qui meurtri mon peuple et ma nation.
    Boudjedra était consentant avec la méthode et le contenu de l’émission présumée de ce média, jusqu’au moment où le jeu de la caméra cachée allait prendre fin. Jusqu’au moment où, par excès de provocation, il se senti humilié et il s’est mis à déployer menaces, grossièretés, vulgarités, agressivités, que ce média avait censuré, car transgressant toutes les limites de la correction du langage admis par la déontologie des médias.
    Son statut d’homme public et d’homme de lettres ne l’autorisait pas à un tel écart de comportement. Péchant par égoïsme et narcissisme, il se révolta contre ce média et lui demanda de ne pas diffuser l’enregistrement de l’émission. Contre l’intérêt général. Au détriment de l’exigence de vérité devant l’opinion. En contribuant à la culture du mensonge et l’occultation de la réalité. Ce que ce média refusa comme faveur et qui l’éclaboussa devant l’opinion.
    Le comble du mépris vient du système lui-même, de la part de son principal représentant, sur un ton des plus sournois et des plus cyniques : « c’est une ignominie ce que l’on vous a fait ! » La pire des dégradations en effet, pour quelqu’un qui jouie d’une grande estime chez une partie importante de la population que l’on qualifie de « gauche populaire », puisse doublement subir.
    Les têtes « bien pensantes », en se solidarisant avec lui et en exigeant des sanctions contre ce média et d’autres médias qui se sont rendu coupables de l’on sait quoi, oubliant au passage de revendiquer leur propre liberté de conscience et se gardant d’attribuer à leur manifestation un quelconque caractère politique, légitiment à leur tour ce système inique qui se joue d’un peuple et de ses élites, en les acculant à de tels combats de dupes. Leur manque de détermination et l’absence de revendications claires et directs ouvrent la voie aux plus obscurantistes dans la société de sévir et permettre aux forces de répression de prendre les non-jeuneurs en sandwich.
    Voilà pourquoi je ne peux être solidaire, ni avec Boudjedra, ni avec ses soutiens. D’autant que la conjoncture traduirait un tel soutient comme une véritable trahison. Une trahison manifeste, pour faire diversion sur une autre humiliation en cours, celle du cadre de Naftal, Hocine Rizou. Licencié de son poste de PDG de cette entreprise publique, pour s’être solidarisé avec l’humiliation de son personnel. Pour avoir osé s’attaquer aux pratiques humiliantes contre les honnêtes employés de son entreprise. Pour avoir voulu moraliser ses méthodes de fonctionnement et bannir la corruption, les passe-droits, le népotisme qui la handicapent à être une entreprise au service du peuple et de la nation, au lieu de servir les intérêts des serviteurs du système.
    Boudiaf, ne s’était-il pas attaqué à cette « mafia politico financière », comme on disait à l’époque, il y a un quart de siècle déjà, bien avant Hocine Rizou. Pourtant rien n’a changé depuis ! On est tous hanté par ces images tragiques qui l’emportèrent et son audace avec. Des images dignes de grands films de gangsters. Ce que subi aujourd’hui Hocine Rizou, n’est rien moins que ce qu’avait subi Boudiaf, avec le tragique en perspective, si ce dernier persiste dans son combat, comme l’a été Mohamed Tamalt, poète et journaliste assassiné par le système mafieux et corrompu qui prend en otage notre peuple, notre pays, nos richesses et notre nation, dans l’indifférence de toutes ces têtes pensantes.
    Allons-nous abandonner Hocine Rizou à subir une autre fin tragique et manifester notre démission devant sa courageuse action et continuer nos digressions autour de combats de dupes.
    Je ne peux être solidaire avec les démissionnaires, les opportunistes, les entristes, les hypocrites, les peureux et les lâches qui se nourrissent des mamelles de la rente dans l’ombre du système. Je serais toujours solidaire avec mon peuple, en toute circonstance, quel que soit la menace et la privation dont je ferai l’objet ou je serai la victime.




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    zorbalg
    5 juin 2017 - 7 h 22 min

    Toujours à propos de Boudj
    Toujours à propos de Boudj qui demandait à « l’autre » de se bouger, j’étais tenté d’emprunter à Victor Hugo sa célèbre boutade » c’est triste un lion qui aboie »Mais….encore faut il que Boudj eusse été un jour lion!!!!




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    youcef benzatat
    4 juin 2017 - 19 h 35 min

    « C’est dire que sa
    « C’est dire que sa schizophrénie ne relève d’aucune pathologie, mais bel et bien d’un manque de courage ou simplement d’un opportunisme politique. Kateb Yacine pencherait plutôt pour la première hypothèse. En effet, un jour, Boudjedra qualifia l’arrêt de production littéraire de ce dernier d’une situation d’impuissance dans laquelle se trouve par moments l’écrivain, à quoi lui retorqua l’auteur du cercle des représailles : «Ceci est le langage des impuissants !» Suite de la polémique : 

    Coup de gueule : Rachid Boudjedra s’attaque à Kateb Yacine
    Par Noël Boussaha
    Guelma a, durant deux jours, vibré à travers la nostalgie théâtrale de Kateb Yacine. Mercredi et jeudi, le public était convié à la salle de cinéma El Intissar pour le colloque international, organisé par l’Association pour la promotion du tourisme et de l’action culturelle de l’antique Calama, consacré à l’expérience théâtrale katébienne. El Watan a été honoré par trois prix décernés, l’un à notre correspondant d’Oran, le second à la correspondante de Constantine, et le dernier, pour la double page consacrée au «père» de Nedjma, sur El Watan Week-end. Cette troisième édition a aussi été très animée grâce à la présence de Rachid Boudjedra, dont on connaît le verbe qui a fait sa réputation depuis la parution de son roman, La répudiation, en 1969. Ses interventions, fondées sur un nombre impressionnant de contradictions, de contrevérités, voire de déni de la mémoire de Kateb Yacine, ont hautement ému Fadila sa sœur, qui a tenu à pousser son propre coup de gueule. «Je ne comprends pas qu’un homme tel que Boudjedra puisse avoir une attitude aussi immorale envers la mémoire de mon frère, s’insurge-t-elle. Comment les organisateurs ont-ils pu faire venir quelqu’un comme lui ? Je ne peux plus cautionner ce genre de mascarade ! En plus de cela, il a usé de mépris et de dédain envers le public, essentiellement les jeunes Guelmois, qui se demandaient si ce colloque ne lui était pas plutôt consacré.»
    Comment expliquer qu’en lieu et place d’œuvres littéraires de Kateb Yacine, on trouve dans le hall d’entrées une pile d’ouvrages de ce même Boudjedra, qui ose prétendre aimer le chantre du théâtre algérien ? Comment expliquer qu’un soi-disant homme de lettres passe toute une après-midi à se faire interviewer, à la limite de se prendre pour le centre du monde ?
    Entre lapsus révélateurs, telle la confusion entre Nedjma et La répudiation, et surtout des allusions douteuses sur la vie de Kateb Yacine, tous les ingrédients étaient réunis pour que Rachid Boudjedra se transforme en inquisiteur. Tantôt il a fait passer Kateb pour un alcoolique notoire, tantôt pour un homme à femmes, «mal entouré, entouré de personnes néfastes, de petits théâtreux qui n’avaient rien à voir avec le théâtre et qui ne savaient ni lire ni écrire», tantôt il rendait son théâtre «populiste». Et Kamel Yahiaoui, artiste, plasticien et poète, parent de M’hamed Issiakhem qui a bien connu Kateb Yacine, puisqu’il avait consacré, à cette occasion, toute une exposition dédiée à l’œuvre katébienne, n’en pouvant plus de supporter ce genre d’inepties jetées aux membres de la famille Kateb, stupéfaits, s’est écrié deux fois : «C’est une imposture ! C’est une imposture !» avant de quitter la salle. Doit-on comprendre que ces pseudo-mauvaises fréquentations se résument à M’hamed Issiakhem, Mouloud Feraoun, Mohammed Dib, Malek Haddad, Mohamed Zinet, Ali Zamoum, Mohand Saïd Ziad, Ahmed et Hocine Asla, Emmanuel Robles, Jacqueline Arnaud, Armand Gatti ou Jean-Marie Serrault ?
    «Cette troisième édition du colloque international dédié à mon frère m’a hautement déçue, confie Fadila, les yeux embués, je ne peux plus cautionner ce genre d’évènement qui m’a semblé ni plus ni moins qu’une pièce de théâtre mal jouée.» Dommage pour une ville comme Guelma, qui aurait mérité de meilleurs invités. Dommage pour cette jeunesse guelmoise, dont ces jeunes licenciées en français, déçus de cette présence indécente qui n’avait pas sa place à proximité du douar Sfahli, des terres ancestrales des Keblouti. Dommage pour un colloque à vocation internationale qui a fini par une remise de prix sur un fond musical digne d’une discussion de salon… «Les ancêtres redoublent de férocité.»




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      Anonymous
      4 juin 2017 - 20 h 45 min

      Monsieur Benzatat, arrêtez.
      Monsieur Benzatat, arrêtez. Reprenez vos esprits et na3al chaytan. On ne rend pas justice à une personne maltraitée, décédée en l’occurrence, en sortant les dossiers de chacun. Cessez de vous enfoncer. Le monde des intellectuels et des artistes est aussi pourri que tous les autres secteurs. Tous les gens de pensée sont aussi des égocentriques, des jaloux, des personnes pris dans des tourmentes. Il n’empêche que le piège, la méchanceté ne servent à rien. Boudjedra est tombé dans un piège. Les gens ne réagissent pas que pour Boudjedra mais parce que la limite est atteinte, c’est aussi pour nous, pour nos enfants, pour notre pays que nous réagissons même pour ces petits cons. Qui vous dit que cette expérience n’aidera pas Boudjedra à penser à ses propres affaires. Mais ce que vous faites n’est pas correct. En plus vous donnez une image de vous qui est sûrement loin de ce que vous êtes. Tout homme ayant commis une injustice à l’égard d’une autre en rendra compte. En vous lisant, en laissant les souvenirs venir, on comprend que notre plus grande faiblesse est de tenir des rancunes tenaces. Monsieur Benzatat pour l’amour de Dieu, cessez cette impasse. Ne prenez pas cette impasse, cela ne sert à rien. Les erreurs et les aveuglements sont de tout moment. Revenez à de meilleurs sentiments et laissez la vie se charger des choses. La position de procureur sur les dessous de choses n’est pas toujours bonne . SVP arrêtez ça. Et laissez le soufflé tomber. Merci




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        YIDHEM
        4 juin 2017 - 22 h 41 min

        @Anonymous-21:45. QUELLES
        @Anonymous-21:45. QUELLES BELLES PAROLES ! ELLES SONT PLEINES DE SAGESSE. CHAPEAU BAS. AH ! SI TOUS LES ALGÉRIENS AVAIENT CETTE MÊME MENTALITÉ DU PARDON QUE VOUS, NOUS N’EN SERIONS PAS LÀ, AUJOURD’HUI. Thanmirt.




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      Habib
      4 juin 2017 - 23 h 32 min

      chouette vous arrivez à
      chouette vous arrivez à écrire tout ça avec minutie, transition, rhétorique. La plume maniée avec élégance, porteuse, berceuse et souvent agressive pour éveiller les consciences. Mais où étiez vous durant tout ce temps, et la sécheresse culturelle et le tarissement de l’esprit qui envahissent notre quotidien. Je signerai pour vous, sachez le , je suis le beau frère du chef de gare de M’daourouch tres influent pour que vous preniez les rênes de la culture de ce monde rétrograde. L’UNESCO vous attend, elle est déjà conquise.




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