Haftar saborde les efforts de l’Algérie et se vend aux Saoudiens et aux Egyptiens

Khalifa Haftar. D. R.

L’alignement immédiat du général Khalifa Haftar, par le truchement du gouvernement fantoche qu’il manipule, aux côtés des Saoudiens et de leurs alliés révèle au grand jour les dessous des cartes dans la crise libyenne. Il confirme que ce qui importe le plus pour les sécessionnistes de l’Est, c’est d’appliquer un agenda politique dicté par Riyad et Le Caire plutôt que de trouver une solution négociée et pacifique au conflit qui ravage la Libye depuis plus de cinq ans.

Au plan éthique, l’annonce faite par le «gouvernement» de Beida de rompre les relations avec le Qatar est perçue comme une violation de la légalité et une consécration de la partition, puisque cette instance n’est reconnue que par l’Egypte, les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite. Le seul gouvernement jouissant d’une reconnaissance internationale effective –bien que discutable – reste celui ayant pour siège la capitale Tripoli.

Galvanisés par cette escalade inédite dans la région du Moyen-Orient, le général Haftar et son gouvernement tenteront de saborder tous les efforts de réconciliation menés d’arrache-pied par l’Algérie pour trouver une solution durable à cette crise qui menace tous les pays du voisinage. Sous prétexte de pourchasser les groupes armés et de mettre fin à l’insécurité et au règne des milices, l’armée commandée par le général Haftar veut imposer son hégémonie et faire main basse sur la ville de Syrte, principal levier économique du pays. La participation assumée de l’armée de l’air égyptienne aux derniers raids menés par la milice de Haftar a dévoilé les desseins de ce redéploiement régional en faveur de ce dernier.

N’ayant cure des engagements pris à Sekhirat, puis à Alger, sous l’égide des Nations unies, Haftar et son gouvernement cherchent aujourd’hui à mettre la communauté internationale devant le fait accompli, en se drapant derrière l’alibi de la lutte antiterroriste. C’est pourquoi il faut s’attendre, dans les prochains jours, à une nouvelle offensive qui risque de torpiller durablement le processus de paix, si précaire.

R. Mahmoudi

Comment (32)

    Abdelkader
    8 juin 2017 - 0 h 45 min

    Pour l’Algérie, le proche
    Pour l’Algérie, le proche orient ou le GMO tel décidé et concocté par G W Bush et ses néoconservateurs doit être le plus à l’est possible comme disait Churchill lors des négociations de Yalta au sujet du rideau de fer, la Libye doit être gouverné par un gouvernement neutre représentant toutes les sensibilités du pays, qu’elles soient de l’est ( benghazi), de l’ouest (Tripoli) ou du sud ( El koufra). Toute autre solution est vouée à l’échec, Le général Haftar cherche à être réconforté dans son pronunciamiento par l’axe Le Caire Ryadh Abou Dhabi, mais l’étendue du territoire libyen est assez vaste pour être gouverné par un général dont la seule ambition est d’être chef, sans vision d’ensemble et surtout sans l’assentiment des tribus libyennes qui constituent le peuple de Libye. L’ère des pronunciamiento est révolue, l’adhésion et la recherche d’un socle pouvant fédérer toutes les composantes de la population est le seul à même de régler la situation, cet équilibre précaire qui existait un temps soi peu durant les années Khadafi. Haftar en antagonisant les composantes et tribus du sud et de l’ouest en voulant imposer par le feu le pronunciamiento va allonger l’état d’instabilité et de non état libyen ad aeternum.

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