Des pèlerins libyens arrêtés en Arabie Saoudite et remis au maréchal Haftar

Arabie pèlerins
Les Al-Saoud s'approprient le pèlerinage. D. R.

Par R. Mahmoudi – Jamais le hadj n’a été aussi politisé que depuis le déclenchement du conflit entre l’Arabie Saoudite, soutenue par d’autres pays arabes, et le Qatar. D’habitude, Riyad fait tout pour maintenir ce grand rituel islamique hors de toute turbulence ou d’en limiter les incidences.

Cette année, les Al-Saoud ne se sont pas empêchés d’exploiter leur gestion des Lieux saints, qui attirent chaque année près de 2 millions de pèlerins venus des quatre coins de la planète, dans leur guerre de position qui s’est étendue désormais à tous les domaines. C’est ainsi que les services de sécurité de ce pays, en violation de toute éthique, ont procédé ces derniers jours à l’arrestation d’au moins trois pèlerins libyens «fichés» sur la fameuse liste noire établie au lendemain de la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar. D’après des sources concordantes, ces activistes, apparemment des activistes loyalistes, ont été ensuite remis aux forces du maréchal Haftar. Ils se retrouvent aujourd’hui dans la prison de Guernada, dans le nord-est de la Libye.

Selon le frère d’un des trois pèlerins, ces derniers s’étaient rendus aux Lieux saints de façon tout à fait légale, puisqu’ils ont obtenu leurs visas. Ce qui prouve, à ses yeux, qu’ils n’étaient pas suspectés, du moins jusqu’au jour de leur arrestation.

Selon des sources libyennes, les trois «suspects» étaient des officiers travaillant au ministère de l’Intérieur relevant du gouvernement d’entente nationale (reconnu) conduit par Fayez Al-Sarraj. Celui-ci compte d’ailleurs adresser une motion de protestation aux Nations unies. Au plan politique, ce grave dérapage, dans lequel Khalifa Haftar et son gouvernement sont totalement impliqués, risque d’aggraver davantage les descensions entre les deux camps, au moment où des tierces parties redoublent d’efforts pour asseoir le dialogue interlibyen et accélérer le processus d’unification de ce pays.

Les autorités saoudiennes avaient, en fait, déjà commencé la traque des militants libyens hostiles au maréchal Haftar depuis le mois de juin, avec l’arrestation et le renvoi de deux ressortissants libyens venus accomplir la Omra. Accusés de «soutien au terrorisme», ces deux ressortissants auraient subi, avant d’être refoulés, un interrogatoire musclé et reçu des menaces.

R. M. 

Commentaires

    mourad
    28 août 2017 - 14 h 11 min

    Les saoudiens devraient emprisonner tous les pèlerins comme ça personne n ira les enrichir…..




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