Macron au sujet de ses invités : «J’ai besoin d’entendre tout le monde !»

Macron Alger
Emmanuel Macron lors de la conférence de presse qu'il a animée ce mercredi à Alger. New Press

Par Karim Bouali – C’est sur un ton suffisant que le Président français a répondu à la question d’un journaliste qui l’interrogeait sur le choix des personnes invitées au déjeuner qu’il a organisé à l’ambassade de France : «J’ai besoin d’entendre tout le monde. Je suis libre et en transparence avec les autorités algériennes», a affirmé Macron.

Répondant sur le même ton arrogant, il a tancé un journaliste qui faisait observer qu’une partie de la jeunesse algérienne «ne [le] comprend pas». «Où est le problème ? Soit vous n’avez pas écouté ce que j’ai dit, soit votre question était déjà faite et vous vouliez me la poser. Posez-vous la question si vous auriez posé vous-même cette question aux anciens présidents. Je suis décomplexé. Ne me posez pas les questions d’il y a vingt ans. Le monde que je veux construire avec Bouteflika, ce n’est pas celui-là. C’est aussi à vous de savoir ouvrir votre esprit et de ne pas voir les choses comme il y a dix, quinze ou vingt ans. C’est une nouvelle histoire qu’on écrit», s’est emporté le locataire de l’Elysée dont l’agressivité rappelle son comportement fortement critiqué lors de sa récente tournée africaine.

Le Président français semble être venu en Algérie avec la volonté de briser les tabous et de sortir les relations algéro-françaises des sentiers battus, en tournant une partie – seulement – de la page. Il a annoncé la restitution des crânes des résistants algériens détenus au Musée de l’Homme à Paris comme pour compenser son recul sur les crimes commis par la France coloniale en Algérie. Il affirme vouloir faire jouer aux diasporas un «rôle clé», regrettant ne pas «l’activer suffisamment». «On les a longtemps évitées et tenues à l’écart et considérées que comme des problèmes». Macron a affirmé, dans ce sens, vouloir lever les contraintes qui freinent les investisseurs et promet de faciliter l’obtention du visa pour les jeunes. «C’est une chance, cette jeunesse !» s’est-il exclamé.

S’attendant certainement à être questionné sur sa visite au Maroc qui a précédé son déplacement en Algérie en tant que président, Emmanuel Macron a expliqué que sa visite à Rabat était «amicale», tandis que sa présence à Alger avait une connotation «plus officielle», car «elle revêt un autre statut». «J’effectuerai en 2018 une visite d’Etat en Algérie, en prenant plus de temps», a-t-il dit, expliquant que la France avait «une histoire différente avec l’Algérie et le Maroc». «Nous avons toujours veillé à ce que l’amitié portée à l’un ne nuise pas à celle portée à l’autre», a-t-il assuré.

Désavouant à demi-mot la décision de l’ex-président Nicolas Sarkozy sur le dossier libyen, Emmanuel Macron a admis que la situation en Libye «est pire qu’avant» l’intervention militaire dans ce pays ravagé par la guerre civile. «Je ne suis pas là pour regretter des choses que je n’ai pas faites, je ne crois pas qu’une politique d’intervention militaire, lorsqu’elle ne s’inscrit pas dans une démarche diplomatique, d’une feuille de route politique, soit satisfaisante», a-t-il argumenté.

K. B.

Comment (45)

    icialG
    8 décembre 2017 - 17 h 18 min

    En chœur ou un a la fois




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    Logiciel
    8 décembre 2017 - 14 h 56 min

    Monsieur Le Philosophe vius disez : « j’ai besoin d’entendre tout le monde ! »
    puisque je fait partie de ce « Tout le monde » donc respectueusement écoutez moi Monsieur le Président :
    Non au Gaz de schiste et son exploration, égale-à-égale, le citoyen français et les riverains, officiellement sur les départements du Gard, de l’Ardèche, s’étaient mobilisés à coup de pétitions et de manifestations pour empêcher la prospection sous leurs pieds… et nos pieds aussi.
    .
    NB : Flint au USA demande aussi de les écouter.




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      Logiciel
      9 décembre 2017 - 12 h 46 min

      Je demande aussi à nos responsables de préserver nos élites et matières grises, surtout en matière d’intelligence artificielle. Il faut en urgence édifier des centres de recherches spécialisés en : Automatisme, Biologie, Neurologie, Informatique/mathématiques, laser, optique qu’il faudrait implanter à Constantine, Bordj Bou Arreridj, Bejaia, Jijel et Sétif.




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    co5
    8 décembre 2017 - 12 h 00 min

    « tout le monde’ ne représente rien, à moins de confirmer des « nominés » par le président de fafa « démocrates de salon », « casser » les tabous, il doit commencer chez lui.




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    aliilou
    7 décembre 2017 - 23 h 26 min

    Je le répète , il n y a rien à attendre de la France car complètement soumis au lobby sioniste et Macron ne défends pas les intérêts de la France mais ceux d’Israël comme Trump et comme les Ibn Saoud




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    karimdz
    7 décembre 2017 - 21 h 05 min

    Non Mr Macron, le passé ne doit pas être occulté sous prétexte de batir de nouvelles relations. Dommage qu un journaliste ne lui a pas rappelé les cérémonies annuelles en France qui rappellent l occupation et les crimes nazis. Cette page sinistre entre les deux pays, doit etre écrite, reconnue et enfin tournée.

    Dommage aussi qu aucun journaliste algérien n ait interrogé le président Macron sur le problème saharaoui et l empechement de la France, de parvenir à une solution de ce problème basé sur le droit international bafoué.




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    Algérie Authentique
    7 décembre 2017 - 20 h 08 min

    notre problème est vraiment d’ordre éducatif, nous avons un grave déficit d’éducation , d’instruction même quand la personne est diplômée de l’université elle a très peu de culture et d’habileté relationnelle, parle mal les langues étrangères , lis peu , ne voyage pas, sans parler d’un environnement social quasi somnolent ! je suis désolée mais comment poser une question pareille sans se voir rabrouer par Macron ? il est libre d’inviter qui il veut bon sang , vous auriez pu lui poser la question inverse mais subtilement en lui proposant d’autres auteurs qu’il serait bien de faire connaitre et qui abordent les problemes d’une autre façon … et puis cette question sur sa visite au maroc , c’était très maladroit, ça va faire jubiler les mokokos et bien faire marrer les français ! les algériens restons confiants et travaillons dur ! ‘y a que ca qui paye et qui nous fera respecter!




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    salim
    7 décembre 2017 - 19 h 06 min

    Pour Macron 4 personnes c’est tout le monde




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    Anonyme
    7 décembre 2017 - 14 h 23 min

    c est normal par ce que nos dirigeants ont la nationalite francaise avec leurs enfants ; ils ont une fesse la bas et une autre ici comme saadani ould abbes et le reste de nos gouvernants ;




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      anti-khafafich
      7 décembre 2017 - 18 h 10 min

      NON pas d’exagération ya si anonyme, tout le reste !!! tu es sûr que tu es algérien ?




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        Anonyme
        9 décembre 2017 - 11 h 40 min

        khafafiche : pourquoi tu défends les français saadani , ould abbes et lautres traitres, alors que de jeunes algériens fuient l Algérie sur pneumatiques !




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    Paris 75011.
    7 décembre 2017 - 13 h 56 min

    Macron a besoin d’écouter en priorité la jeunesse française qui bouillonne tout feu éteins à moins qu’on ne lui dit pas tout dans les chaumières de l’Élysée.




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    Abou Stroff
    7 décembre 2017 - 13 h 36 min

    si macron affiche un certain mépris à l’égard de ses hôtes, c’est qu’en face de lui, il y a un vide et chacun sait qu’un vide ne peut répercuter qu’un écho.
    moralité de l’histoire: je pense, avec la modestie qui m’étouffe, que macron est venu en algérie pour confirmer que notre bienaimé fakhamatouhou national est toujours vivant et qu’il a le soutien de de l' »institution » que dirige gaïd (au fait en qualité de quoi gaïd a t il été reçu par maron?).
    PS: d’ailleurs, l’algérien lambda aura remarqué que les affaires « sérieuses » commence aujourd’hui à paris avec ouyahia.




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    At Dahman
    7 décembre 2017 - 12 h 09 min

    Un vieux militant, aujourd’hui disparu, m’a raconté cette anecdote amusante. Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, une délégation de « notables indigènes » fut dépêchée à Paris pour solliciter des autorités coloniales un « statut particulier pour les musulmans évolués », en reconnaissance du sang versé dans les tranchées des Ardennes par les tirailleurs et autres turcos algériens, mobilisés pour la défense de la Mère Patrie. On fit faire à ces braves gens une virée sur les Grands Boulevards et à l’Opéra de Paris et offert, du même coup, aux parisiens le spectacle exotique de ces indigènes en tenue d’apparat. Ils furent discrètement reçus par Georges Clémenceau, dit le Tigre, qui, à défaut de promesses, fit remettre à chacun moult cadeaux, dont une canne à tête d’oie. De retour au pays, ils furent accueillis au port d’Alger par leurs partisans impatients de connaitre les suites réservées à leurs revendications. A la question « wash jebtu men Baris ?, le bachagha Berrahal leur répondit « jebna ras el weza » !




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