Les défis d’Ouyahia

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Ahmed Ouyahia, Premier ministre. New Press

Par Kamel Moulfi – La dimension politique qui a dominé l’année 2017 à travers les élections législatives et locales, avec en perspective l’échéance présidentielle de 2019, a fini par céder la place aux préoccupations économiques de l’heure comme le montre bien la visite de travail du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, samedi, dans la wilaya d`Adrar. La médiatisation de cet événement a mis en évidence les signaux émis par ce déplacement. Des signaux multiples mais parfaitement focalisés sur la volonté de dépasser le mauvais moment que vit l’Algérie en maintenant le cap sur le développement national.

Tout, dans cette visite, est significatif : le lieu, Reggane, dans le Grand-Sud ; l’objet, principalement les hydrocarbures, mais aussi l’industrie hors hydrocarbures ; enfin le message véhiculé par le discours d’Ouyahia qui peut se traduire dans le bon vieux slogan de «compter sur soi-même».

L’Algérie n’abandonne pas ses hydrocarbures ni son secteur public. Il est évident qu’au rythme où vont les choses et dans la conjoncture, plutôt défavorable encore sur le long terme, la démarche qui vise à construire l’économie alternative mettra du temps pour s’installer et encore plus pour donner ses fruits. Les aspirations de la population – qui ont commencé à être satisfaites – ne souffrent pas d’être remises en cause alors que d’autres attentes sociales se manifestent de façon pressante. Les réalités se sont imposées au gouvernement, qui a donc opté pour la continuité.

A Reggane, Ouyahia a donné le la. 2018, qui est prévue comme une année politique et pleine d’annonces pour planter le décor de la présidentielle de 2019, sera également, et peut-être surtout, jalonnée de défis au plan économique et social que devra relever Ouyahia : recourir à la planche à billets tout en évitant la dérive inflationniste et orienter l’argent vers la production de biens et services et la création d’emplois et de revenus. Tout dépendra encore du prix du pétrole sur le marché international et du niveau des recettes extérieures tirées de la vente d’hydrocarbures.

K. M.

Comment (2)

    lhadi
    17 décembre 2017 - 17 h 53 min

    La Commédia dell’arte jouée par des acteurs de bas niveau doit cesser.

    Le pays d’un million et demi de martyrs a besoin d’un Président de la république qui préside dans le respect de la voie tracée par la loi fondamentale de la République, d’un premier ministre qui gouverne avec toutes les prérogatives que lui octroie la constitution et enfin d’un Parlement, affranchi de toutes compromissions, qui contrôle l’action gouvernementale et légifère.

    En d’autres termes, il ne peut y avoir de développement économique et social sans développement politique.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])




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    MELLO
    17 décembre 2017 - 14 h 38 min

     » La médiatisation de cet événement a mis en évidence les signaux émis par ce déplacement. » Vous dites Monsieur Moulfi. En effet, les dirigeants politiques nationaux s’inscrivent dans une logique de carrière et non de mission. Ils minimisent la prise de risque pour assurer leur réélection et abdiquent trop souvent devant les difficultés à mener les réformes. Que ce soit au niveau national ou local, l’occupation de mandat pendant des durées très longues empêche la « respiration » de la vie politique avec deux conséquences importantes : l’absence de regard neuf sur les problèmes à résoudre et un risque avéré de clientélisme.
    Comment lutter contre la corruption, les maux qui rongent la société et faire face aux défis à multiples trajectoires qui se posent à notre pays avec un personnel politique sclérosé et à court d’imagination et de spontanéité politiques?
    L’Etat doit comprendre que le temps du populisme est fini. Nous vivons à l’époque ou rien ne peut être dissimulé, caché au peuple. L’Etat doit s’ouvrir aux compétences, à l’aptitude, à la science, à l’art, au talent, au savoir et rompre définitivement avec leur comédie ubuesque et leurs faux semblants qui ont tant fait haïr la pratique politique et citoyenne aux Algériennes et aux Algériens. C’est la seule condition qui peut assurer la survie de notre pays dans une conjoncture ou beaucoup d’Etats ne sont plus maîtres de leurs destins.
    Nous sommes à la veille des élections présidentielles, montrons que nous pensons à l’Algérie, aux futures générations, montrons que nous sommes les dignes héritiers de celles et de ceux qui ont souffert durant des siècles dans les larmes et le sang pour assurer notre liberté et notre dignité. Le seul défi qui revient à ces gens c’est vouloir passer le flambeau à une jeune génération , des hommes nouveaux, pour un changement radical du système.




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