Avec Ibtihadj Muhammad, Barbie contre-attaque, ou comment récupérer le marché arabe

Barbie
L'escrimeuse américaine Ibtihaj Muhammad. D. R.

En 2018, Mattel lancera une Barbie voilée à l’effigie d’une championne d’escrime. Présentée comme un symbole, elle rappelle une certaine Fulla, la poupée créée sur mesure pour le marché arabe.

Au Moyen-Orient, Barbie – créée en 1959 et présente dans tous les pays – ne se vend presque plus. Depui 2003, sa concurrente Fulla répond aux besoins des familles musulmanes. Si ses proportions restent les mêmes que celles de la mythique Barbie, teint mat, brune aux grands yeux marron font la différence.  Mais pas seulement : plus de bikini ni de minijupe, mais des longues robes et foulards assortis. Et pour la maison, Fulla dispose d’une garde-robe bien fournie en jeans, tee shirts et autres vêtements à la mode. Mais pas de Ken oriental en vue.

Selon ses concepteurs, Fulla incarne «les valeurs musulmanes et représente un modèle d’émancipation en accord avec celles-ci». La visée éducative du jouet est évidemment de mise, pour ses concepteurs de même que pour les parents, soucieux de transmettre à leurs enfants des valeurs en symbiose avec leurs principes et leur environnement culturel et cultuel.

La mode Fulla s’est étendue dans les pays du Maghreb. Les fillettes, conquises par la Barbie musulmane découverte à travers les chaînes satellitaires, arborent cartables, tee-shirts, foulards et autres produits dérivés rose bonbon à l’effigie de la «BarbieFulla».

Barbie Shero arrive…

Mais Mattel, le géant mondial du jouet propriétaire de la marque Barbie, contre-attaque.

Lancé en 2015, le programme Barbie Shero rend hommage à des femmes qui repoussent leurs limites pour inspirer les nouvelles générations de petites filles. Les Sheroes sont des modèles pour tous, elles supportent Barbie et soutiennent des causes importantes, excellent dans leur domaine ou sont précurseurs dans des milieux jadis réservés aux hommes. Ces poupées uniques rendent hommage à ces femmes qui partagent leur parcours avec les petites filles pour leur faire réaliser leur immense potentiel. Grâce à ces poupées, les fillettes peuvent se projeter et être tout ce qu’elles veulent.

Après Ashley Graham (mannequin), Ava Duvernay (cinéaste afro-américaine) et Mysty Copeland (danseuse classique), la prochaine Barbie Shero est Ibtihaj Muhammad, une escrimeuse américaine spécialiste du sabre. Elle a été la première athlète voilée à représenter les Etats-Unis dans des compétitions sportives internationales.

R. C.

Comment (2)

    anonyme
    25 décembre 2017 - 14 h 38 min

    Cette photo a trop duré sur ce site, cette femme ne représente nullement le style de femmes algérienne. Ella n’a aussi aucun lien avec Barbie. Les algériennes en général ont le teint plus clair que cette dame.




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    Abou Stroff
    23 décembre 2017 - 14 h 27 min

    le capital n’a ni patrie, ni religion. le secteur où le retour sur investissement est approprié (comparé au retour sur investissement dans un autre secteur concurrent) est phagocyté par le capital mondial pour permettre à ce dernier de valoriser la valeur.
    si la barbie « musulmane » permet aux actionnaires et aux banques (matérialisations du capital financier mondial) de valoriser leurs capitaux, ainsi soit il.
    la barbie musulmane permettra aux capitalistes d’engranger des profits et aux musulmans de sauver les « apparences » (il se peut très bien, comme le montrent nos moutahadjibates, que les créateurs de barbie couvrent bien ses cheveux mais exhibe son popotin).
    moralité de l’histoire: la barbie « musulmane » rappelle étrangement l’histoire de la finance dite islamique prise en charge par des banques de « kouffars » (dont nos cousins les plus proches) pour siphonner les surplus en devises des états dits islamiques.




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