Le non-dit du conflit identitaire

Au printemps berbère suivra l’hiver islamiste et ses milliers de morts et de destruction
La question identitaire a toujours été abordée en termes de conflit. D. R.

Par Youcef Benzatat – Depuis l’indépendance, voire depuis la crise identitaire qui a ébranlé le mouvement national à la veille du déclenchement de la guerre de libération nationale, la question identitaire a toujours été abordée en termes de conflit et jamais sous forme de débat pragmatique en vue de construire un cadre identitaire dans lequel tout Algérien et toute Algérienne se sentent représentés et sans que personne ne s’estime exclu ou marginalisé.

A l’autoritaire et démagogique expression «nous sommes arabes, nous sommes arabes, nous sommes arabes», prononcée de manière provocatrice et arrogante par le premier président Ahmed Ben Bella au tournant de l’indépendance nationale, répond, par une négation de la réalité identitaire en une volonté de repli sur soi et de ghettoïsation ethnique, toute une région par une obsession «nous ne sommes pas arabes, nous sommes amazighes».

Plus d’un demi-siècle est passé et nous sommes toujours à la case départ. Ce qui devait être un débat apaisé et responsable pour sortir de cette impasse, c’est transformé en un conflit permanent. Instrumentalisé par les uns et les autres à des fins politiques, provoquant une scission au sein de la population à la limite de l’irréversible avec une surenchère de violence destructrice et meurtrière.

Au «printemps berbère» et son lot de morts, qui inaugura une escalade d’un cycle sans fin de haine et de division au sein de la population, suivra l’hiver islamiste et ses milliers de morts et de destruction, scellant profondément le sentiment de la différence et de la haine entre les deux antagonistes : Amazighes contre Arabo-islamistes. Chacun revendiquant la justesse et la légitimité de son point de vue et rejetant radicalement celle de l’autre, sans jamais avoir osé ouvrir un débat pragmatique pour essayer de réconcilier les deux versions de l’identité, pourtant commune.

Les conséquences de cette impasse ont débouché sur une conception de l’identité sous une forme bipolaire, de sorte que si vous n’êtes pas avec les uns, vous êtes forcément avec les autres. Désormais, deux choix s’imposent à la population : être amazigh ou arabo-islamiste. Toute autre possibilité est niée et ignorée volontairement. A savoir que, l’adjectif islamiste ne peut se concevoir se conjuguant avec l’amazighité, ni celui de laïc ou athée avec l’arabité.

Au «printemps noir», avec sa dérive séparatiste, s’opposa la légitimation institutionnelle de la violence identitaire de l’autre partie, sous couvert d’une réconciliation nationale démagogique. Le champ politique et médiatique suivra la même logique, ce qui était embryonnaire et non avoué est devenu une réalité assumée au grand jour. On assiste alors à la formation de deux blocs médiatico-politiques, constitués par des partis politiques et des médias s’identifiant et militant pour l’une ou l’autre cause. Ce que devait être un débat identitaire, s’est mué en un conflit idéologique et identitaire structurel bipolaire, de sorte que si vous ne participer pas de l’un ni de l’autre, vous êtes considéré hostile par les uns et les autres.

Ce refus évident du débat pragmatique par l’une et l’autre partie, en se réfugiant dans la radicalisation et l’extrémisme, par l’entretien et la surenchère du conflit autour de la question identitaire, dissimule en réalité la crainte de voir la réfutation argumentée de leur revendication.

C’est pour cette raison que le débat pragmatique autour de la question identitaire est le lieu privilégié de sortie de cette impasse et de cette crise structurelle qui empêche la société algérienne d’émerger et d’édifier un Etat démocratique et moderne. Ce débat tant espéré aura la vertu de lever le voile sur un non-dit essentiel du conflit, qu’illustre le parler populaire national, la derja, le métissage millénaire de la population et le caractère transculturel de la culture, refoulé aussi bien par les uns et les autres et que la population dans sa majorité consomme inconsciemment et sourdement.

Y. B.

Comment (24)

    MELLO
    30 décembre 2017 - 20 h 05 min

     » Ce que devait être un débat identitaire, s’est mué en un conflit idéologique et identitaire structurel bipolaire, de sorte que si vous ne participer pas de l’un ni de l’autre, vous êtes considéré hostile par les uns et les autres. » Toute la vérité est , Mr BENZETAT, car les tenants du pouvoir ont choisi leur camp, sans consentement du peuple.
    De notre pays ont été manipulés, dénaturés et diffamés pour servir l’idéologie officielle des « constantes » qui ont servi de fonds de commerce à des dirigeants qui se sont maintenus au pouvoir au nom d’une légitimité usurpée. Massinissa, Koceila, Ibn Toumert, tout comme Abane ou Yveton ont longtemps été bannis de l’histoire officielle. Notre pays est situé au carrefour des plus grandes civilisations d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Durant des millénaires il a maintenu ses langues, ses territoires, ses valeurs morales au service des religions et des cultures auxquelles il a apporté autant qu’il en a reçu. Des trésors de ce patrimoine sont encore ensevelis sous terre, dans des archives lointaines ou dans les mémoires de nos anciens. Il faudra des armées d’historiens, d’archéologues, d’écrivains, cinéastes et poètes talentueux pour mettre à jour ces richesses, les confronter à notre monde moderne, les partager avec le reste de l’humanité, pour sortir notre Algérie de ce « nationalisme souffreteux » et lui trouver sa place dans le patrimoine mondial de l’Humanité dont nous n’avons jamais cessé d’être des acteurs à part entière. Mais , chez nous , en cette Algérie , les tenants d’un chauvinisme souffreteux peuvent aller déplorant la trop grande ouverture de l’éventail : Hannibal a conçu sa stratégie en punique ; c’est en latin qu’Augustin a dit la cité de Dieu, en arabe qu’lbn-Khaldoun a exposé les lois des révolutions des hommes. Personnellement, il me plait de constater dès les débuts de l’histoire cette ample faculté d’accueil. L’ignorance, les préjugés, l’inculture peuvent un instant entraver ce libre mouvement, mais il est sûr que le jour inévitablement viendra où l’on distinguera la vérité de ses faux-semblants. Tout le reste est littérature. »

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      benzatat youcef
      1 janvier 2018 - 18 h 02 min

      Merci pour ce beau texte objectif, intelligent et utile, que j’ai lu avec beaucoup de plaisir

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    Anonyme
    30 décembre 2017 - 10 h 03 min

    Réponse / à Anonyme 30 décembre 2017 – 8 h 24 min; Vous écrivez : »Le problème et le malentendu entre vous (berberistes) et nous (arabes algériens), c’est que vous, votre définition et votre conception de l’identité (selon votre agenda et votre tactique) est raciste et racialiste, comme si vous croyez à la pureté raciale malgré les changements… » Sachez monsieur que le peuple de l’Afrique du nord est dans sa quasi majorité Amazigh. Tous les historiens du monde l’ont confirmé.De même que l’analyse d’ADN.Ces populations Amazighs avaient par le passé lointain régné depuis le Nil de Delta d’Egypte jusqu’à l’ouest du Maroc, en plus des îles Canaries, du sud de l’Italie.De même que la Mauritanie et qu’une partie du territoire du Mali, de Niger…ceci pour dire que les Amazights sont des milliers de fois plus nombreux qu’une poignée de Bnou-hillal et de Bnou-Soleiman qui étaient chassés de Najet( sud de l’Arabie Saoudite qui représente un petit territoire au sud du pays, un territoire devenu propriété de la famille juive d’Ahl Soud).Vous refusez d’admettre la réalité éclatante aux yeux de tout le monde sauf à vous.Quant au racisme il faut le chercher surtout du coté de ceux qui nient l’Amazighité du peuple Algérien(je parle de certains, comme vous d’ailleurs).Les Amazighs ne peuvent pas être racistes quand ils réclament la vraie identité de leur peuple, contrairement à vous qui cherchaient par les mensonges à imposer au peuple Algérien une identité qui n’est pas la sienne.Ils suffit de voir les médias arabophones, combien de fois ils répétent le mot « arabe » pour usurper les origine d’un peuple Amazigh à chaque fois que l’occasion se présente.Le Racisme vient surtout de certains arabophones qui se sont accaparés des médias publics et du pouvoir politique pour écraser les Amazighophones qui sont en réalité les plus grandes victimes.Ce sont eux qui subissent les injustices,l’exclusion, la discrimination imposée à cause de l’ignorance de certains qui détiennent le pouvoir et qui usurpent la réalité. Tot ou tard les mensonges finiront par s’écrouler et la vérité finira par vaincre

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    Anonyme
    30 décembre 2017 - 8 h 24 min

    @ Réponse à anonyme 26 décembre 2017 23:10, je cite : »nous sommes des frères, mais berbères arabisés ».
    Le problème et le malentendu entre vous (berberistes) et nous (arabes algériens), c’est que vous, votre définition et votre conception de l’identité (selon votre agenda et votre tactique) est raciste et racialiste, comme si vous croyez à la pureté raciale malgré les changements, les bouleversements et les apports humains qu’a connus notre pays au cours des 35 derniers siècles. A moins que, pour vous (quand çà vous arrange, bien sûr), le berbere est un fossile, il ne change pas, n’évolue pas (identitairement) même s’il se métisse, même s’il se croise, même s’il cohabite avec d’autres peuples, même s’il s’acculture. Même s’il va vivre mille ans sur une autre planète, il reviendra intact, inamovible identitairement, tel qu’il est parti. Vous accordez, quand çà vous arrange, toujours, une importance primordiale et demeurée aux gènes et à la génétique pour définir l’identité. Alors que pour nous, l’homme et un être pensant, agissant, interagissant, évoluant et évolutif. L’identité se définit et s’approche par 3 volets corrélés et solidaires, sous tendus et cimentés par le facteur temps. Ces volets sont linguistique (la langue maternelle), culturel (culture du groupe d’appartenance) et civilisationnel (civilisation de référence et d’appartenance). Curieusement, c’est la même approche que vous faites quand il s’agit de vous définir vous-mêmes. Sans même attendre les résultats de tests adn, vous vous proclamez, kabyles ou chaouis berberes par le simple fait de votre langue maternelle berbere héritée de vos parents et grands-parents, la culture de votre groupe d’origine. Que de fois, n’avons nous pas entendu des algériens proclamer haut et fort qu’ils sont kabyles et fiers de l’être même s’ils sont d’origine punique, vandale, andalouse, turque ou arabe moyen orientale. Par contre, quand il s’ agit de nous, proclamer son arabité est (par votre réaction) un blasphème, un déni et une trahison de ses ancêtres et de son origine, à moins de présenter les résultats d’un test attestant de notre appartenance au groupe « J », sinon on ne peut être arabes mais (arbitrairement décrété par vous) des arabophones amorphes (sans identité fixée, identifiée et déterminée) ou des berberes arabisés (comme dans la citation), au mépris et sans considération de la présence, le passage, l’implantation et l’enracinement d’autres peuples, d’autres flux migratoires importants et conséquents dans notre pays tels les puniques, les vandales, les arabes de la 1° vague (dans le sillage de la conquête et l’islamisation), de la 2° vague (beni-hillel) et les réfugiés andalous au nombre considérable. tous ceux-là ne pourraient (pour vous) que se diluer et se dissoudre et ainsi disparaitre dans le socle originel éternel.
    C’est de ce double langage et ces doubles instruments de mesure que réside tout le débat et toute la problématique récurrente relatifs à l’identité dans note pays. Non, messieurs, pas de 7lel3likem , 7ram 3lina, ce qui va pour vous doit valoir aussi pour nous. Votre socle identitaire originel diluteur et dissolvant ne s’impose à nous. Sinon, choisissez pour vous et nous sommes libres et murs pour choisir pour nous.

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    Zoro
    27 décembre 2017 - 19 h 57 min

    Reponse @ ANONYME 26- 12 – 15h 39
    Je n ai jamais cité de ville ou la kabyle,j ai posé la question suivante: POURQUOI LES JUIFS DE TOUT LE MAGHREB ARABE ce que vous appelaient(TAMAZGHA) s habillaient,parlaient et chantaient seulement en arabe et jamais en tamazight.???? Le faisaient ils pour taquiner les Amazigh ????? Ou pour soutirer l argent aux arabes ????
    Pour ce qui est de la cohabitation juifs arabe je ne pourrai mieux t informer plus que le decret Alhambra du 31 mars 1492 signe par les rois d Espagne qui existe sur internet ,tu liras comment les chretiens ont traite les juifs qui furent obligés de laisser tout derriere eux et suivre les arabes sous la protection desquels ils vinrent s installer en afrique du nord.
    Concernant les invectives, je connais des dizaines qui ne sont a mes yeux que des vers rimés qu on retrouve a travers le monde a l instar de celui là :laa amanou fi arabou law kane seb3a sinine tahta tarabou.
    Enfin Anonyme je t invite a regarder sur U tube le temoignage d un juif Algerien qui raconte comment sa famille venue du Portugal a la fin du 15 ieme siecle a continue a etre arabe jusqu’àu debut du 20 ieme siecle
    pour changer de cap.
    SigneZORO. ….Z…..

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    Anonyme
    26 décembre 2017 - 23 h 10 min

    Certes nous sommes des frères, mais berbères arabisés.La vérité est celle là. Il y a nuance car l’Algérie a été par le passé lointain berbère, même si la majorité parle en arabe. L’Afrique du nord a subi beaucoup d’invasion, ce qui avait empêché son peuple à utiliser sa langue, comme d’ailleurs chez beaucoup d’autres peuples comme ceux de l’Amérique latine et en particulier chez certains pays du moyen orient qui utilisaient d’autres que l’arabe avant l’arrivé de l’islam.Mais c’est ancré dans le subconscient de beaucoup de personnes(surtout par le passé lointain) que quand on utilise une langue, on s’attribue la même origine que les premiers peuples qui s’expriment dans cette langue.C’est le cas des berbères qui ont été d’abord islamisés et puis auto-arabisés qui se réclament d’origine arabe sans l’être réellement.C’est pourquoi la généralisation progressive de l’enseignement de Tamazight peut, à mon avis, atténuer ce clivage linguistique entre arabophones et berbérophones et résoudre ce conflit résultant de notre passé lointain.Ce qui permettra de ressouder notre peuple définitivement. Par le passé la religion avait réussi à unir notre peuple, aujourd’hui il faut penser à le faire par l’enseignement de notre langue millénaire à tous pour que nos ennemis n’exploitent pas la différence linguistique pour s’attaquer à notre unité.

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    Anonyme
    26 décembre 2017 - 12 h 56 min

    La question n’ est pas morale ni meme politique pour que cela soit discute’ au niveau local ou national. Il s’ agit de question existentielle, c’ est a’ dire bien avant la polis . Pour regler un probleme il faut le bien poser et le situer. Un peuple et un regime ou un episode de son histoire ne sont pas determinants dans la determination de la notion de peuple. On peut faire une guerre l’ un contre l’ autre et faire partie d’ une meme nation, et meme ne pas avoir la meme religion , il y a DOnC Un vide abissale que l’ on tente de couvrir par la demagogie.
    Or, le refrein qui consiste a’ combler ce vide par le recours » a’ la  » revolution » ou a l’ islam comme elements fondant « l’unite' » par defaut du peuple, fragilise toute lnstance unitaire mais juste de l’ uniformisme,

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    ZORO
    26 décembre 2017 - 12 h 37 min

    A ROBIN DES BOIS :26/12/11.32.
    YA SI ROBIN HOOD, Je t invite a regarder une video sur U Tube, (les juifs a laghouat), peut etre elle te permettra de comprendre ce qu est l arabite que vous considerez comme l apanage des al saoud et pourquoi un juif algerien parlait l arabe s habillait en arabe et (tiens toi bien )allait au jama3 pour apprendre le coran .a la fin du 19 ieme siecle avant la naissance de jam3iate el oulama et de Benbella qu on accuse de tous les maux. N oublie pas mon ami de me rendre la reponse parce que je sens que tu ne m es etrangé…

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      Anonyme
      26 décembre 2017 - 15 h 39 min

      @Zoro : Tu avais posé une question à propos des juifs algériens sur un autre fil que je ne retrouve plus, mais je vais te répondre ici. Tu demandais (si je me rappelle bien) pourquoi les juifs algériens s’étaient établis à Oran, Alger, Blida, S.B.A., etc., mais pas en Kabylie.
      La réponse est toute simple : ces lieux que tu as nommés étaient des villes, ouvertes à tout le monde. La seule ville qui existait en Kabylie avant la conquête française était Bougie, et il y avait des juifs à Bougie. Et ils parlaient kabyle et s’habillaient comme eux. Les juifs parlent la langue du pays où ils se trouvent et s’abillent comme les autres, c’est tout simple.
      En dehors de Bougie, il n’y avait que des petits villages occupés par des familles ancestrales depuis des milliers d’années. C’étaient des « tribus » si tu veux. Pour qu’un étranger vienne s’y établir, il y avait certaines conditions, entre autres qu’il soit musulman ou se convertisse à l’islam. Je connais personnellement plusieurs familles dont l’ancêtre était un déserteur français, et plusieurs autres dont l’ancêtre était italien, probablement aussi déserteur de l’armée française après 1830. Leurs descendants aujourd’hui sont des kabyles à 100%, musulmans comme le reste des kabyles. Il y en a d’ailleurs d’autres comme ça dans le reste de l’Algérie, pas seulement en Kabylie.
      Quant au mythe que les juifs vivaient le plus normalement du monde parmi les musulmans en Algérie et ailleurs, il n’est que cela : un mythe. Il n’y a qu’à se rappeler une des invectives les plus communes en Algérie : « ya wahed ihoudi ! » Espèce de juif ! Ne dit-on pas, pour insulter les blidéens, et du coup les juifs : « m’yat houdi khir men blidi » ? (un blidéen est pire que cent juifs). L’une des rares fois que mon père m’a giflé quand j’étais petit est quand j’ai dit à mon frère : « a y-oudhay ! » « Tu appelles ton propre frère juif ?!!… Tiens ! Paff !!! »
      Ne me dis pas que c’était différent à Oran s’il te plait. Sous le contrôle de la France, bien évidemment, ce mépris ne se manifestait pas extérieurement.

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        Krimo
        27 décembre 2017 - 17 h 49 min

        Anonyme (26 décembre 2017 – 15 h 39 min)

        Vous dites «un mythe. Il n’y a qu’à se rappeler une des invectives les plus communes en Algérie : ‘ya wahed ihoudi !’»

        Cette expression n’est pas venue comme ça. Faut se rappeler qu’en 1830 le juif était réellement un indigène en Algérie, dans l’apparat et les attitudes rien ne le distinguait d’un indigène arabe. Pour savoir il fallait suivre l’un et l’autre pour voir le premier rentrer dans une synagogue et l’autre dans une mosquée et c’est là ou s’établissait la différence. « Douce france » percevait la communauté juive comme un « cheval de Troie » pour arriver a ses fins et ainsi intervint le décret Crémieux en 1870. Aussi des conditions particulières en ce moment ont favorisé son adoption et depuis pour l’indigène arabe le juif est devenu traitre, voilà pour l’origine de cette expression.

        Quant a l’autre expression y a des vérités qui ne sont pas bonnes a dire.

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    AURES
    25 décembre 2017 - 21 h 49 min

    ya Benzatat , l honnêteté intellectuelle aurait du vous pousser a dire aussi que Monsieur Benbella a bien dit :  » En Algerie il n y a ni kabyle, ni arabe, ni chaoui, mais des uniquement des Algériens! »vous pouvez bien la lire dans les archives d Alger républicain lorsqu il paraissait en un seule double feuille!….

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      pragmatisme
      26 décembre 2017 - 12 h 02 min

      Ben Bella était comme un caméléon,il prend l’identité du pays où il se trouve dans les pays arabe il se considère arabe au Maroc il a déclaré qu’il est marocain, en France il a même revendiqué des racines gauloises et finalement quand il avait perdu la boule juste avant de mourir il s’est dit amazigh.

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        Zoro
        26 décembre 2017 - 14 h 34 min

        Si tu etais vraiment Algerien,par respect à la grande majorité du peuple algerien qui porte sid AHMED EL WATANI en son coeur et lui voue un grand respect ,tu ne t aurai jamais permis un tel ecart de langage qui ne reflete que ton image d un nauseabond harki rescapé d un bidon ville gaulois que Macron apres l avoir parfumé ,vient de le decorer pour service rendu a sa mere la France. SIGNEZORO. ….Z….

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    Village Vangard
    25 décembre 2017 - 19 h 43 min

    Mr Benzatat, en tant que personne qui cherchez à comprendre cette problématique tellement simple pour les uns et tellement compliquée pour les autres, je vous respecte.
    La situation de non-droits des Algériens pendant la colonisation a abouti à un conflit armé des plus sanglants. Et pourtant la problématique était simple à résoudre : reconnaître les droits citoyens des Algériens. Des nationalistes parmi les plus convaincus par l’action armée l’ont affirmé : si on avait accordé la citoyenneté aux Algériens, il n’y aurait jamais eu de guerre et L’Algérie serait allée pacifiquement à l’indépendance. Mais, ceux qui détenaient le pouvoir, les Français donc, avaient instauré un système politique en Algérie, lui même fondé sur la négation des droits des autochtones. L’intérêt de l’un ne pouvant coexister face à l’intérêt de l’autre. Ce n’est que lorsque la France toute entière a commencé à se sentir submergée par le conflit qu’elle a consenti à négocier en sacrifiant le système colonial.
    Les Algériens se sont battus pour arracher ce que la France coloniale leur a refusé, les droits citoyens et l’Algériannité. Ils ont détruits le système colonial pour devenir citoyens Algériens.
    Au lendemain de l’indépendance, aprés s’être imposé par la manière que tout le monde sait, et face à des étrangers qu’étaient les Tunisiens, Benbella cria par trois fois :  » Nous sommes des Arabes, Nous sommes des Arabes, Nos sommes des Arabes  ».
    Alors que les Algériens, héroïquement, venaient de mettre un terme à un système colonial négateur des droits au nom de la civilisation Française, Benbella le diabolique, par un jeu d’effet de miroir, inaugura une nouvelle aire de négations des droits au nom de la civilisation et de l’identité Arabes.
    Ils ont décidé d’instrumentaliser la notion d’Arabe et d’Arabité pour installer le pouvoir personnel et prolonger ainsi de manière soft et doucereuse, la domination des Algériens.
    Nous nous sommes libérés du colonialisme pour devenir des citoyens Algériens pas des citoyens Arabes.
    L’Algérie Algérienne libre et démocratique ne peut pas coexister avec une Algérie Arabe et despotique. Tous les citoyens, riches ou pauvres, toutes les langues riches ou pauvres sont égaux devant la loi.

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    ZORO
    25 décembre 2017 - 17 h 26 min

    «  » » » »NOUS SOMMES DES ARABES «  » » » expression sincere, saine, pure, mure et reflechie tiree des entailles d un valeureux leader,algerien partagee par tout son entourage , dans son but et sa mission de preserver
    L UNITE DU PEUPLE CONTRE TOUT ET AVANT TOUT.
    La meme expression je l ai entendu de la bouche de mon pere quand BENBELLA etait en prison.
    Mon pere lui demandais -je ,pourquoi mes copains quand on se parle , ils parlent comme moi, mais avec leurs peres je n arrive pas à les comprendre ?
    Ecoute mon fils me dit il : Tes copains sont de la kabylie , une region lointaine ,à la maison ils ont leur langage mais dehors ils parlent comme tout le monde arabe,ce sont nos freres ILS SONT DES ARABES comme nous.Cette Expression UNIFICATRICE aux yeux de mon pere et aux miennes m a permis de voir en mon frere kabyle un arabe qui vecu à mes côtés ,nous partageames les memes souffrances ,devant l oppresseur ,les memes joies les jours de l independance et les memes problèmes le reste du temps.
    SIGNE ZORO

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      Robin des Bois
      26 décembre 2017 - 11 h 32 min

      Ya zoro, ton père était certainement sincère et a reproduit un discours savamment distillé par les tenants du pouvoir, mais qui est une déformation d’un discours plus ancien des oulémas. En effet, pour contrer l’Algérie française, les oulémas ont opté pour la réparti suivante : eux sont des roumis (qui renvoie à Rome et la chrétienté) et nous des arabes (qui renvoie à l’Islam). Ce sens a été confirmé à la radio nationale par un éminent 3alem dans les années 80 (je ne me rappelle pas si c’était cheikh Hamani ou Chibane – Rabi yerhamhoum).

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    jaber
    25 décembre 2017 - 15 h 15 min

    « Désormais, deux choix s’imposent à la population : être amazigh ou arabo-islamiste ». Vous vous trompez, dans notre pays il n’existe pas deux peuples, l’un amazigh et l’autre « arabo-islamiste », mais un seul peuple qui a pour nom peuple algérien.

    Si notre patrie est indépendante, c’est grâce à des hommes et des femmes qui n’avaient pas revendiqué leur amazighité, leur arabité ou leur islamisme. Il s’agissait d’une lutte contre le colonisateur, d’un engagement et d’un sacrifice, pour un pays nommé Algérie, dont la composante comprenait aussi bien des kabyles, que des chaouis, des mozabites, des arabes, des oranais, des « g’bala », etc…

    Bonne soirée.

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      Asalu
      29 décembre 2017 - 19 h 40 min

      L’existence de plusieurs peuples en Algérie n’est pas une tare ou un handicap.C’est l’hégémonie et la volonté d’uniformisation forcée qui pose problème.C’est la tentation d’effacer l’identité,la langue des peuples minorés qui est inacceptable.L’Algérie est une mosaique de peuples que l’Etat post-colonial n’a pas su ou voulu gérer.Des problèmes « ignorés » qui refont surface.Ceux qui prétendent qu’il y a un seul peuple en Algérie,sont de sacrés farceurs pour ne pas dire plus.Chassez le naturel,il revient au galop !

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    Zombretto
    25 décembre 2017 - 15 h 05 min

    Sans le pouvoir en place, les algériens n’auraient jamais eu le moindre conflit psychologique ou social concernant leur propre identité.
    Il n’y a aucun doute dans mon esprit que ce pouvoir a appliqué une politique délibérée d’abêtisation de la société en décrétant l’arabisation de l’école.
    Depuis toujours ce pouvoir est obsédé de contrôle. ll veut contrôler absolument toutes les facettes de la vie des algériens, jusqu’à leur dicter qui ils sont et ce qu’ils doivent penser. Il n’a jamais voulu l’unité du peuple, seulement l’unanimité de ses applaudissements de toutes les décisions du régime. L’unité du peuple est un danger pour lui et il le sait. Le savoir est aussi un énorme danger pour lui. Il aurait voulu que le peuple ait juste assez de jugeotte pour bien le servir et être prêt à le défendre et mourir pour lui en cas d’attaque extérieure. Il ne veut surtout pas que le peuple ait confiance en lui-même et se sente bien dans sa peau en tant que peuple algérien, différent des autres peuples par ses specificités culturelles et en même temps partie intégrale de l’humanité toute entière, ni inférieur ni supérieur à quelque autre peuple que ce soit sur terre. Il ne veut pas un peuple libre et autonome, il veut un peuple asservi et dépendant. Il agit comme un père excessivement autoritaire qui ruine la vie de ses enfants en empêchant toute initiative de leur part.
    Jusqu’à présent il a pu s’accrocher au pouvoir à cause de la rente des hydrocarbures, mais le futur proche annonce autre chose…

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    Rayes Al Bahriya
    25 décembre 2017 - 15 h 01 min

    Les i dents i taire…plutôt.

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    lhadi
    25 décembre 2017 - 14 h 01 min

    Je tiens à rappeler que la loi fondamentale de la république doit être scrupuleusement respectée par tous les citoyens algériens et en premier lieu par le garant de la constitution algérienne, en l’occurrence le Président de la république.
    Fraternellement, lhadi

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    karamazov
    25 décembre 2017 - 13 h 22 min

    Les aveux ou les non-dits?
    Dans ses pérégrinations dans ses outrages, dans ses épanchements, et dans ses jérémiades , pour faire du feu, de la mousse ou du compost ou dans sa parano , laisser le dézinguer, tout ce qui pourrait frelater son idée de Nation. Mais ne touchez surtout pas à son stade oral. Je reste poli, ih, comme vous le voyez Monsieur le modéro, mais convenez que c’est lui qui cherche.
    Monsieur Benzatat paraphrase jean Amrouche sans rien lui rendre en nous avouant que lui aussi , il ne sait pleurer qu’en Derja.
    Il a tellement cassé du thamazight avec moult argument qu’il n’a trouvé de rescousse que du coté de l’enfance dont les anges semblent avoir terrassé ses vieux démons.
    Un brin de nostalgie et Voila que notre Benzatat ichali et qui s’en va noyer son poisson…
    D’aucuns iront croire que c’est pour faire du feu qu’il a été chercher tout ce vieux bois. Que nenni : c’est pour faire de la fumée.
    Ça a dû lui couter un bras au moins cette reconnaissance de faits notoires. (…) Même si cela ressemble à un acquis de spiritualité, un aveu, une expiation, une…. J’arrête je ne suis pas là pour l’accabler (…)
    Qui ne sait pas que la culture (kabyle ?) est une invention ou un sous-produit de la lutte des classes, une chimère du mode de production et, sur le plan théorique : une erreur d’appréciation ?
    Encore un effort camarade !

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    Anonyme
    25 décembre 2017 - 13 h 21 min

    Vous êtes égal à vous même Mr Benzatat !

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