Le RCD prévient contre l’inflation qui «sera incontrôlable»

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Le RCD s'oppose aux choix économiques du gouvernement. Ici, Mohcine Belabbas. New Press

Par Hani Abdi Le Rassemblement pour la culture et la démocratique (RCD) met en garde contre la politique actuelle du gouvernement au coût social très élevé. Dans un communiqué sanctionnant la réunion mensuelle du secrétariat national, le RCD dénonce encore une fois les méfaits d’une loi de finances qui rompt les équilibres macroéconomiques du pays.

Le parti de Mohcine Belabbas, qui se prépare pour la tenue de son congrès prévu les 8, 9 et 10 février prochain, considère que «la loi de finances qui entre en vigueur en ce début de l’année risque de handicaper durablement le redressement d’un appareil productif déjà miné par une gestion bureaucratique». Pour cette formation, qui milite pour un changement pacifique de système, «l’artifice qui consiste à recourir à la fabrication de dinars sans contrepartie n’est pas sans conséquences sur la vie économique et sociale du pays et des populations».

«Tout le monde sait qu’à elle seule, l’augmentation des prix de l’énergie va se répercuter sur toute la production de biens et de services dans tous les secteurs et que des hausses de prix en cascade seront enregistrées tout au long de l’année pour grever le budget des ménages, déjà mis à mal par la dévaluation du dinar et l’inflation», prévient le RCD, pour lequel «la rareté des ressources ne manquera pas de provoquer une inflation qui sera incontrôlable, d’autant plus que l’essentiel des circuits de distribution et même de production échappent au contrôle du gouvernement».

«Même si les difficultés vont s’accentuer, les nouvelles orientations du gouvernement Ouyahia font déjà les premières victimes à cause des ruptures de stocks, particulièrement en médicaments anticancéreux», relève ce parti, qui critique vertement le ministre de la Santé «qui s’est vite reconverti dans la bureaucratie et se tait devant la répression sauvage contre les médecins résidents».

Pour le RCD, «le mensonge qui consiste à déclarer que la loi de finances de 2018 sauvegarde le budget de la santé n’a pas tenu 2 jours de 2018, pendant que la Cnas est toujours mise à contribution pour honorer les factures des soins des dignitaires à l’étranger». Le RCD a déjà mis en garde contre «les dangers d’une politique qui consiste à gagner du temps en attendant la présidentielle de 2019».

Pour ce parti, 2018 est une sorte d’année «blanche» qui «ne peut que virer rapidement pour changer de couleur devant l’accumulation des contraintes économiques et les besoins sociaux incompressibles». «C’est d’autant plus vrai que les positionnements politiques prennent le pas sur l’impératif de gestion des affaires publiques. La réunion FLN-FCE-UGTA, après la décision à la hussarde entérinée par une tripartite atypique pour imposer une privatisation spécifique, n’est pas un simple fait anecdotique. Elle dénote de la persistance d’une tension au sommet pour le contrôle du déroulement de l’élection présidentielle», estime ce parti, pour lequel «des positionnements partisans nouveaux accréditent cette thèse et confirment du même coup l’autonomie toute relative de nombre de courants politiques».

Le RCD dit, par ailleurs, prendre acte de la décision de décréter Yennayar fête nationale. «A cette occasion, il rend hommage à toutes les militantes et tous les militants qui ont porté le combat identitaire et s’incline devant la mémoire de ceux qui ont fait le sacrifice suprême, victimes de l’aveuglement et de la répression du régime».

H. A.

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