Le FFS interpelle Louh sur le procès des détenus de Ghardaïa

Ghardaïa
Les affrontements intercommunautaires avaient fait 11 victimes à Ghardaïa. New Press

Par Hani Abdi – Le Front des forces socialistes (FFS) interpelle le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh, sur l’affaire des cadres et militants de son parti poursuivis en justice à Ghardaïa.

A travers une question orale de son chef du groupe parlementaire, Chafaâ Bouaïche, le plus vieux parti de l’opposition exige l’extinction de toutes les poursuites contre ses militants et cadres pour «constitution de groupes de malfaiteurs dans le but de renverser le pouvoir»,  «incitation des citoyens à s’armer contre l’Etat» et «atteinte à l’intégrité territoriale du pays». Le FFS soulève cette affaire à l’APN parce que le procès est programmé pour le 18 janvier au niveau de la Cour de Ghardaïa.

Rappelant tous les efforts déployés depuis le début des événements douloureux à Ghardaïa en 2015, le FFS assure que les militants et cadres poursuivis dans cette affaire étaient de ceux qui avaient contribué à ramener le calme et la paix dans la vallée du M’zab. «Est-il raisonnable de les poursuivre en justice devant la cour criminelle, avec de lourds chefs d’inculpation», se demande Chafaâ Bouaïche, assurant que les mis en cause dans cette affaire ont toujours œuvré pour la paix dans la région.

Le FFS dit ne pas comprendre pourquoi ne sont poursuivis en justice que les militants et cadres de son parti. Le plus vieux parti de l’opposition, qui rappelle que même l’avocat des mis en cause a été poursuivi en justice pour «atteinte à corps constitué», demande au ministre de la Justice d’informer l’opinion des mesures prises pour garantir un procès juste et équitable.

H. A.

Commentaires

    Anonyme
    13 janvier 2018 - 18 h 53 min

    La situation dans la vallée du M’ZAB ne cesse de se détériorer, comme déjà par le passé, les habitants du Mzab, toutes composantes confondues, s’entendent pour dénoncer la position de l’Etat qui se suffit d’actions symboliques, de négociations entre représentants fictifs des communautés, sans intégrer les véritables acteurs sociaux et politiques. Sont dénoncés également l’absence de projet économique alors que les rares usines de la région sont obsolètes ; l’inefficacité des programmes d’insertion professionnelle alors que Hassi R’mel où est situé le plus grand gisement de gaz naturel d’Algérie n’est distant que de quelques kilomètres de Berriane, ville qui a connu une urbanisation rapide mais largement anarchique.
    De plus, les promesses notamment de dédommagements et de réhabilitation du bâti détruit n’ont pas toujours été suivies de mesures concrètes. L’échec des autorités est patent d’autant plus que lors des émeutes des délits sont commis dans un contexte d’impunité renforcé par un sentiment d’abandon par l’Etat et ses forces de sécurité.
    Beaucoup s’interrogent sur la volonté de trouver une solution politique . Le fait est que le désordre et l’insécurité qui s’installent durablement dans cette région, carrefour des routes transsahariennes, font l’affaire de milieux mafieux impliqués dans de multiples trafics, notamment de drogue, avec la complicité de fonctionnaires. Cette dégradation de la situation socio-économique est d’autant plus préoccupante que le contexte géopolitique est menaçant et que les pressions sur le pouvoir algérien sont multiples. Qu’il y ait manipulations au Mzab n’exempte pas le régime de sa responsabilité à établir une issue politique pour installer un minimum de confiance entre algériens. Il est impératif et urgent de sortir de la gestion par les expédients car, à ne point douter, le risque de devoir affronter une déstabilisation d’un tout autre ordre n’est pas une simple hypothèse.

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