Mohcine Belabbas : «Notre peuple est candidat à un destin autre que celui de surveiller les prix du baril»

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Mohcine Belabbas. New Press

Par Hani Abdi – Dans son intervention à l’ouverture des travaux du cinquième congrès du RCD à l’hôtel Hilton d’Alger, Mohcine Belabbas, président sortant, a beaucoup insisté sur la situation grave que traverse l’Algérie et les solutions que propose son parti. Rappelant les différentes «réalisations» politiques du RCD, pendant ces cinq dernières années, Mohcine Belabbas, candidat à sa propre succession pour un second mandat, a mis en avant les valeurs démocratiques et sociales que défend son parti.

«Notre parti a une carte de visite ou un passeport que même nos pires adversaires n’osent contester. Nous forçons le respect parce que nous allons de l’avant et à drapeau déployé dans un pays où la vie politique est confinée dans les non-dits et les cooptations», a-t-il soutenu, tout en énumérant les embûches que rencontre les militants du RCD dans leurs activités politiques.

Mohcine Belabbas a affirmé que le RCD assume sa singularité. «Nous ne sommes pas des adeptes de ces thèses orientalistes qui glorifient un chef de l’Etat omnipotent tout en le dédouanant des échecs de son gouvernement. Nous n’adhérons pas aux visions claniques qui expliquent qu’une fois épuisé par le clan de l’Ouest, l’Algérie doit mécaniquement basculer vers le tribalisme de l’Est», a souligné Mohcine Belabbas, dont le parti ne croyait pas, non plus, «aux mystifications qui attendent que l’imam El-Mahdi parle pour exprimer ses opinions». Il estime que c’est parce que le RCD a refusé tout cela qu’il est aujourd’hui encore debout et écouté.

«Aujourd’hui, nombre de sujets qui ont valu à nos aînés des invectives, des licenciements, des procès et même des séjours en prison sont des problématiques que notre peuple a adoptées. Le pouvoir n’a eu d’autre choix que d’entériner cette vague de fond que nous avons portée dans l’adversité», a relevé Mohcine Belabbas sous un tonnerre d’applaudissements des congressistes du parti, réaffirmant que le RCD milite pour «une Algérie démocratique et sociale. Une Algérie dans laquelle le peuple est souverain pour se doter d’institutions de son choix. Des institutions qui lui permettent de définir une politique de développement qui valorise ses ressources, promeut ses potentialités et son ancrage historique et géographique dans le sous-continent nord-africain».

Mohcine Belabbas a relevé la profondeur historique de l’Algérie et a considéré que le peuple algérien doit avoir un autre destin, lui qui a vaincu le colonialisme. «Je veux donc dire à la face de ceux qui nous gouvernent que les calculs d’épicier sont à l’antipode de la gouvernance d’un pays qui a donné le signal mondial à la fin du colonialisme», a-t-il martelé, assurant que «nous sommes le pays de la révolution qui a chassé la France coloniale et qui l’a contrainte à se retirer de la plupart de ses colonies d’Afrique». Ainsi donc, estime-t-il, «notre peuple est candidat à un destin autre que celui de surveiller les prix du pétrole, les modalités d’octroi de visas par l’Europe» ou «les investissements spéculatifs» de potentats du Golfe qui, par ailleurs, sont les premiers suppôts des politiques antipopulaires quand ils ne financent pas les organisations terroristes dans de nombreux pays ou qu’ils se révèlent être des obstacles majeurs à l’aspiration du peuple palestinien pour ériger son Etat sur ses terres».

Pour le président sortant du RCD, aucun développement n’est possible sans un investissement lourd dans la formation de la jeunesse. «Les Etats-Unis dépensent annuellement 25 000 dollars par étudiant ; la France, qui est dans la moyenne de l’OCDE, lui consacre 11 630 euros», a-t-il indiqué à titre illustratif, précisant que «dans ces comptes, l’argent dépensé par l’étudiant lui-même n’est pas pris en compte ; les financements viennent en majorité de l’Etat (80% pour la France). Est-il raisonnable d’oser une comparaison ?» «Chez nous, a-t-il averti, tant que les dépenses englouties par la bureaucratie, l’appareil de répression et les ponctions de rentes déguisées en transferts sociaux continuent dans la même logique de l’économie de rente, aucune réforme sérieuse ne peut être entreprise dans un tel contexte.»

Mohcine Belabbas, qui a plaidé pour l’unité de l’Afrique du Nord et pour une meilleure coopération et échanges avec les pays du Sahel, a mis en avant les sacrifices des «aînés» au sein du parti, tel que l’un des fondateurs et ex-président du RCD, Saïd Sadi, présent en tant qu’invité à ce congrès. «C’est une immense fierté que de regarder derrière soi, de regarder les autres en se disant en son âme et conscience, je suis resté fidèle à mes convictions, je suis resté loyal envers ceux qui m’ont fait confiance et que j’ai fait tout ce qu’il m’était humainement possible de faire pour honorer cette confiance», a-t-il conclu. Les travaux du cinquième congrès se poursuivent toujours. Le nouveau président du parti sera désigné ce soir. A moins d’une surprise, c’est Mohcine Belabbas qui va succéder à lui-même.

H. A.

Commentaires

    Kahina-DZ
    9 février 2018 - 15 h 13 min

    Que fait le RCD et ses députés pour ce peuple ????

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